Mon premier meurtre – Harriet Tyce

Alison a la quarantaine et a à la fois une jolie carrière d’avocate et une belle famille. Pourtant, elle ne peut s’empêcher de vivre sans penser aux conséquences. Elle a ainsi l’habitude de sortir faire la fête et de tromper régulièrement son mari avec un confrère. Un jour, on lui confie un dossier particulièrement intéressant, son premier meurtre.

Je ne sais par quel bout commencer ma chronique, tant j’ai trouvé le niveau de ce roman affligeant ! J’ai abandonné cette lecture au bout de 50 pages, ce qui est un plutôt bel effort compte tenu de ses nombreux défauts. Je dirais que le plus gros de ceux-ci est le manque total de crédibilité du personnage principal, qui s’avère être la narratrice de l’histoire. Alors qu’Alison est censée être une avocate pénaliste londonienne, mère de famille, quarantenaire, elle agit et parle comme une adolescente demeurée. Cela rend bien évidemment la lecture extrêmement pénible. Vous n’imaginez pas le niveau des dialogues, très nombreux dans la narration…

Pourtant, il ne m’aurait pas semblé invraisemblable qu’un personnage tel que celui d’Alison soit confronté à des tensions dans son couple, qu’elle ait un amant, etc. L’idée de traiter d’un meurtre par le regard de l’avocate est également une bonne idée en théorie mais je n’ose imaginer ce que cela peut donner à travers les yeux de cette narratrice-gamine.

J’ai eu ce roman via un abonnement à la box Exploratology et je vous avouve que je m’attendais à bien mieux de la part d’une box qui est censée sélectionner ses livres… Bref, une sacrée déception !

Référence

Harriet Tyce, Mon premier meurtre, traduit par Johan-Frédérik Hel Guedj, éditions Pocket, 406 pages

La petite princesse – Frances H. Burnett

Faut-il résumer ce grand classique de la littérature jeunesse ? Sarah est une petite fille quand elle arrive à Londres. Auparavant, elle vivait avec son père aux Indes, élevé uniquement par lui, sa mère étant décédée en couches. Il la place dans un pensionnat pour parfaire son éducation de future jeune femme de la haute société anglaise. Elle y vit comme une reine, dans une somptueuse chambre et ne manque de rien. Elle a beau avoir tout pour elle, elle reste une petite fille généreuse et gentille avec ses camarades et n’a jamais un mot plus haut que l’autre. Un jour, on lui apprend que son père est décédé après avoir perdu toute sa fortune. N’ayant aucun parent, elle devient pauvre et orpheline du jour au lendemain. La directrice du pensionnat la garde donc chez elle, à condition qu’elle devienne une servante. La vie de Sarah change alors du tout au tout.

Quel plaisir immense de relire ce roman qui m’avait tant émerveillée dans mon enfance ! Certes, beaucoup de réactions de Sarah sont très caricaturales et le perfectionnisme de son caractère peut avoir de quoi en agacer plus d’un, mais je n’ai guère prêté d’attention à cela, trop en joie de cette relecture. Lire La Petite Princesse ouvre un imaginaire qui a tout pour me plaire puisqu’on se retrouve plongé dans la ville de Londres au XIXème siècle, où surgit un univers exotique, celui des Indes anglaises. Sarah a une imagination foisonnante et un optimisme à toute épreuve, qui m’ont enchantée. Je ne peux que recommander chaleureusement de lire ce joli roman, et notamment avec ses enfants.

Référence

Frances H. Burnett, La petite princesse, éditions Folio, traduction de Paulette Vielhomme-Calais, 288 pages

Le château de Cassandra – Dodie Smith

Dans les années 1930, Cassandra est une jeune fille qui écrit son journal depuis un immense château anglais, dont la concession a été achetée pour 40 ans par son père, avec ses droits d’auteurs à l’époque où ils étaient riches. Elle y vit avec sa soeur Rose, son père et sa belle-mère. Ils ont dilapidé toute la rentrée d’argent de son père et celui-ci n’écrit plus rien depuis plusieurs années. Aucun d’entre eux ne travaillant ou ne semblant avoir une quelconque compétence ou envie pour travailler, ils doivent faire énormément d’économies, ne mangent pas à leur faim, s’habillent en haillons et ont froid l’hiver. Un jour, des voisins américains qui sont aussi les propriétaires du château débarquent.

Cassandra prévient le lecteur, elle s’essaie à l’écriture rapide et détaillée. J’ai beau avoir été avertie dès le début de ma lecture, cela ne m’a pas empêchée d’être gênée par ce choix littéraire. L’écriture de la narratrice est donc très bavarde et l’abondance de détails insignifiants m’a vite ennuyée. Pourtant, j’avais commencé cette lecture avec beaucoup de plaisir car je me plaisais beaucoup dans cet environnement à la fois romanesque et mystérieux. Quoi de mieux qu’un vieux château perdu dans la campagne anglaise des années 1930 pour s’évader ? Cette atmopshère et cet environnement m’ont beaucoup fait pensé à Northangger Abbey de Jane Austen (en me donnant très envie de le relire). Il faut dire que la narratrice fait elle-même référence à la grande écrivaine anglaise en faisant le lien entre l’arrivée des riches voisins américains et le début d’Orgueil et préjugés. Peut-être l’intrigue n’était-elle pas à la hauteur de l’ambiance si particulière du roman ? Ou au contraire, des rebondissements manquaient peut-être à être un peu plus vraisemblables ? Ou peut-être étaient-ce les personnages, qui ne m’ont pas convaincus ? Quoiqu’il en soit, je ne suis pas allée jusqu’au bout de ce classique anglais de la littérature jeunesse/ado, même si j’aurais aimé savoir ce que devenaient Cassandra et Rose.

Il existe une adaptation cinéma de ce roman, que j’espère pouvoir regarder un jour et qui me plaira probablement plus que l’oeuvre originale.

Référence

Dodie Smith, Le château de Cassandra, traduit par Anne Krief, éditions Gallimard Jeunesse, 576 pages

Mon bilan de novembre et décembre

Poour raison de pouponnage, mon bilan de lectures de novembre et décembre est assez ténu et risque encore de l’être en janvier même si j’ai repris la lecture depuis quelques jours. Sur le peu que j’ai lu, j’ai eu un coup de coeur pour le très bon roman de mon amie Coralie Bru. Je vous encourage vraiment à le lire. Pour cela, vous pouvez le commander chez votre libraire ou bien sur le site internet de Librinova.

Mes coups de coeur

Mes autres jolies lectures

Dans les prochaines semaines, j’essaierai de publier un bilan de mes lectures 2020.

Radicales – Coralie Bru

Julia a la cinquantaine, elle est correctrice. Un jour, elle a le pressentiment que quelque chose ne va pas dans la vie de sa fille et adolescente Lucie. Son instinct est le bon et celle-ci lui confie un secret et lui demande de l’aider, sans rien dire à leur entourage familial proche. Ce secret lui révèle sa fille, dont elle ne soupçonnait pas la force, tout en ouvrant la porte à d’autres secrets tus.

J’ai mis beaucoup de temps à me lancer dans l’écriture de cet article car je craignais qu’il ne soit pas à la hauteur du roman. J’ai en effet été très touchée par la finesse de Coralie Bru, sa manière de parler de sujets importants et trop peu abordés dans la littérature. Ce qui m’a le plus émue est bien entendu le thème de l’interruption de grossesse (que celle-ci soit volontaire ou médicale), et aussi celui de la manière dont les enfants échappent à leurs parents en grandissant. J’ai été surprise par le fait que ce sujet me touche autant. Il y a une émotion et un tel recul dans la voix du personnage principal, qui m’a permis de me mettre à la place de mes propres parents et de ressentir les émotions qu’ils ont certainement dû éprouver en voyant leurs enfants grandir puis partir de la maison. Même si c’est exactement ce que je recherche dans la littérature, il est rare qu’un roman me fasse un tel effet empathique, jusque dans ma propre vie. Et c’est bien là la puissance de Radicales : les personnages incarnent parfaitement la réalité vécue par les femmes à propos de leur grossesse, qu’elles décident de l’interrompre ou bien qu’elles subissent une perte tragique. Il y a une telle justesse dans ces personnages, leurs dialogues, leur vécu, qu’il est impossible de ne pas faire le lien avec nos histoires personnelles ou celles de nos proches. A peine refermé, c’est un roman que l’on a alors envie d’offrir aux femmes qui nous entourrent.

J’ai beaucoup apprécié la tonalité de Radicales, qui aborde des sujets douloureux avec délicatesse mais aussi avec une touche d’humour. Plusieurs fois, j’ai souri devant certains détails, ce qui m’arrive habituellement peu en lisant. Je crois que je fait que la narration soit écrite du point de vue de Julia y est pour beaucoup. Cela apporte beaucoup d’humanité, d’émotion, Julia ayant à la fois une forme de sagesse et aussi une naïveté sur certaines choses.

Radicales est le roman de Coralie Bru qui m’a le plus touchée et je vous le recommande de tout mon coeur.

Référence

Coralie Bru, Radicales, Librinova, 247 pages

Antonia, Journal 1965-1966 – Gabriella Zalapi

Antonia s’est mariée jeune à un palermois riche avec qui elle a eu un garçon peu de temps après le mariage. Elle raconte, de 1965 à 1966, son quotidien de mère et d’épouse enfermée dans un carcan.

Antonia est une femme à l’histoire familiale riche et complexe, qui l’empêche de s’appuyer et de confier sa solitude auprès de ses aïeux. Elle trouve ainsi refuge dans son journal, où elle écrit sa peine de manière très concise et à un rythme plutôt irrégulier. Elle est dépossédée de toute autonomie, que ce soit dans l’éducation de son fils (qui est entièrement confiée à une nounou) ou dans toute possibilité d’entreprendre en dehors de son foyer. Elle s’ennuie ainsi profondément et m’a beaucoup fait penser à un autre personnage littéraire connu, celui de Thérèse Desqueyroux.

Ce petit texte se dévore assez rapidement et l’empathie éprouvée pour Antonia est grandissante au fur et à mesure de la découverte de son histoire familiale violente et des confessions qu’elle livre. J’ai été assez étonnée de voir qu’un texte aussi court et simple pouvait se révéler être aussi riche. Gabriella Zalapi maîtrise l’art des ellipses narratives, des flash-backs et des silences, ce qui confère au livre beaucoup de mystère et une certaine intensité. Voici donc une jolie lecture où je me suis laissée surprendre.

Référence

Gabriella Zalapi, Antonia, Journal 1965-1966, éditions Livre de Poche, 160 pages

Merci aux éditions Livre de Poche pour cette belle découverte.

Au bonheur des dames – Agnès Maupré

Denise Baudu est contrainte de partir de sa Normandie natale pour Paris, espérant y trouver du travail comme vendeuse dans le magasin de son oncle. Malheureusement, le petit magasin de celui-ci va mal, ce qui l’oblige à se faire embaucher dans le grand magasin qui concurrence celui familial : Le Bonheur des Dames. Elle y fait la découverte d’un monde dur, sans pitié, où elle est malmenée par ses collègues et sa hiérarchie.

A travers cette adaptation BD, Agnès Maupré s’attaque à un grand classique littéraire qui m’avait profondément marquée il y a quelques années, et qui m’avait réconciliée avec Emile Zola. J’ai été attirée par l’idée d’une adaptation BD de cette oeuvre et par les couleurs chatoyantes de sa couverture. Il faut dire que ces couleurs sont un vrai point fort de ce livre, même si j’aurais trouvé plus juste de les employer avec plus de parcimonie lorsqu’il s’agissait de reproduire les intérieurs plus sombres et pauvres des petites boutiques en train de pérécliter.

Malheureusement, j’ai été très déçue par cette adaptation. J’imagine que plus une oeuvre est grande et belle et plus le risque d’être déçu est important. Je n’ai pas du tout apprécié le coup de crayon d’Agnès Maupré et sa manière de dessiner les visages, mais ceci n’est qu’une question de goût personnel. Ce qui m’a bien plus gênée est la manière dont est reproduit l’un des principaux personnages du roman, le Directeur du grand magasin, M. Mouret. Celui-ci ne ressemble aucunement à mes souvenirs de lecture puisqu’il est peint de manière très caricaturale dans la BD : il est absolument antipathique, sans aucune retenue ou pudeur pour cette époque. Sa reproduction est caricaturale au point d’en être risible et agaçante. Bien que j’imagine qu’il soit complexe d’adapter un tel pavé en une BD, le pauvre niveau des dialogues laisse franchement à désirer. Bref, je ne vois rien dans cette BD qui m’incite à la recommander, y compris pour des personnes qui auraient des craintes à se lancer dans la lecture de l’oeuvre originale. Au contraire, même si vous n’avez pas l’habitude de lire de gros pavés, je vous invite vraiment à vous plonger dans l’oeuvre originale d’Emile Zola. Passez votre chemin avec cette BD.

Référence

Au bonheur des dames, Agnès Maupré, éditions Casterman, 136 pages

Mon bilan d’octobre

Le mois d’octobre ayant été synonyme pour moi de temps, j’ai pu faire plus de lectures que d’ordinaires. Je me suis notamment tournée vers des livres jeunesse, en vue de la préparation d’un épisode de Bibliomaniacs avec Claire (épisode que nous devrions enregistrer et diffuser en début d’année prochaine). Même si je n’ai abandonné aucune lecture en cours de route, je réalise en faisant ce bilan que j’ai eu pas mal de déceptions, m’attendant à être bien plus intéressée et transportée par un certain nombre de lectures.

Mes coups de coeur

Mes autres jolies lectures

Mes déceptions

Même si je ne suis absolument pas certaine de continuer à lire autant dans les prochains mois, mon mois de novembre commence plutôt bien de ce côté… Rendez-vous dans quelques semaine pour mon prochain bilan !