Ce que tient ta main droite t’appartient – Pascal Manoukian

51lizoqoxnl-_sx195_Karim est heureux, il s’apprête à être papa dans quelques mois. Sa compagne Charlotte est enceinte d’une petite fille qui fera leur bonheur, ils en ont la certitude. Alors qu’elle prend l’apéritif avec deux amies dans un bar parisien, Charlotte est victime d’un attentat terroriste perpétré par un jeune français de retour de Syrie.

Bien évidemment, Karim est effondré, d’autant plus lorsqu’il apprend que celui qui a tué Charlotte fut un de ces proches il y a plusieurs années. Il a besoin de comprendre le geste de ce fanatique et de venger Charlotte. En l’espace de quelques jours seulement, il prend la décision de partir pour la Syrie, rejoindre les rangs de Daech, et de se venger.

Voici une lecture passionnante et addictive. Lire la suite de « Ce que tient ta main droite t’appartient – Pascal Manoukian »

Promenons-nous dans les bois – Bill Bryson

promenons nous dans les bois.indd« Marcher, tel était notre lot. » (page 71)

Dans ce récit, Bill Bryson raconte son aventure pédestre à travers plusieurs Etats américains, sur l’Appalachian Trail (AT pour les intimes). Ce chemin de randonnée très connu de la côte Est américaine fait plus de 3 500 kilomètres et passe par 14 Etats. Bill Bryson eut l’idée de cette randonnée géante lorsqu’il emménagea dans le Maine, près d’une portion de l’AT.

Pour ce long périple de plusieurs mois, un seul de ses anciens amis accepta de lui tenir compagnie : son ami d’enfance, Katz. Pourtant, Katz n’a absolument rien d’un randonneur… L’aventure s’annonce donc prometteuse !

Je me suis plongée dans ce récit avec une facilité et un plaisir déconcertants. Bryson est un narrateur hors pair. Il alterne des phases de narration de son quotidien de randonneur (presque à la manière d’un journal de bord), des descriptions de la nature, des dialogues toujours bien écrits et bien dosés et des parenthèses sur la géographie, l’Histoire ou la culture, qui sont toujours pleines de pédagogie.

Bryson manie l’humour à la perfection, avec beaucoup de justesse et parfois peu de pitié pour son entourage. Il aime se moquer des « faux » randonneurs qui viennent sur l’AT en voiture et y passent la journée sans marcher ou encore des mauvais randonneurs qui représentent un danger pour eux-même (notamment Chicken John, le randonneur connu sur l’AT pour se perdre régulièrement). Et bien évidemment, il ne rate pas Katz dans ses moqueries, bien que l’on ressente toute son amitié et son respect pour son compagnon de route.

Ce roman m’a ouvert l’appétit sur ce genre auquel je suis peu habituée et je compte me mettre à lire plus de récits d’aventure à l’avenir. Je pensais peut-être commencer par les livres de Nicolas Vanier et Sylvain Tesson.

Référence

Bill Bryson, Promenons-nous dans les bois, éditions Payot, 347 pages

Transcolorado -Catherine Gucher

telechargement-1Dan vit de chèques de pensions. Sans activité et sans domicile, cette femme solitaire passe son temps à boire des cafés-whisky et prend de temps en temps le Transcolorado, le bus qui traverse son Etat, pour aller récupérer sa pension. Son quotidien est bousculé par sa rencontre avec Tommy, un indien qu’elle croise dans un bar. Mais Dan se laisse facilement porter par les événements. C’est ainsi qu’elle quitte Tommy pour suivre des Amish, chez qui elle apprend à vivre en communauté.

Difficile de se faire un avis tranché sur ce roman !

J’ai eu beaucoup de mal à me faire à Dan, le personnage principal de Transcolorado. La narration se fait de son point de vue, à la première personne de singulier. A mon sens, elle passe trop vite d’une pensée à une autre et ne prend pas suffisamment le temps de se livrer, ce qui est plutôt frustrant pour le lecteur. Par ailleurs, je n’ai pas cru à ce personnage qui parle au lecteur avec beaucoup de naïveté alors qu’elle a 35 ans et qui n’a que peu de culture mais parle très bien… trop de contradictions pour y croire !

J’ai apprécié la partie du roman qui se déroule chez les Amish. Cette parenthèse est intéressante car elle ouvre les portes d’une communauté très mystérieuse. Néanmoins, je me suis globalement beaucoup ennuyée dans ce roman, que j’ai trouvé trop bavard et trop plat. Les réflexions de Dan ne sont pas particulièrement intéressantes, n’apportent pas grand chose hormis un éclairage -très succinct- sur son passé.

Ce n’est pas pour autant une lecture que je ne vous recommande pas. Je n’ai en effet pas de réel reproche à lui faire, si ce n’est qu’il ne m’a pas emballée.

Référence

Catherine Gucher, Transcolorado, éditions Gaïa, 170 pages

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Lu dans le cadre du Prix Orange du Livre 2017

Article 353 du Code Pénal – Tanguy Viel

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« Mais laissez-moi la raconter comme je veux, qu’elle soit comme une rivière sauvage qui sort quelque fois de son lit, parce que je n’ai pas comme vous l’attirail du savoir ni des lois, et parce qu’en la racontant à ma manière, je ne sais pas, ça me fait quelque chose de doux au coeur, comme si je flottais ou quelque chose comme ça, peut-être comme si rien n’était jamais arrivé ou même, surtout, comme si là, tant que je parle, tant que je n’ai pas fini de parler, alors oui, voilà, ici même devant vous il ne peut rien m’arriver » (pages 59-60)

Martial Kermeur tue Antoine Lazenec en le jetant en pleine mer et en partant avec le bateau sur lequel ils étaient en train de pécher. Le lendemain, les gendarmes l’interpellent à son domicile et le mettent en garde à vue pour homicide.

Martial Kermeur raconte au juge sa version des faits et comment il en est arrivé à ce geste meurtrier. Pour cela, il remonte six ans auparavant et dévoile l’escroquerie qui a fait sombrer tout son village. Lazenec a acheté un propriété de la commune pour y construire un complexe balnéaire. Il a vendu des appartements aux habitants de la commune à prix d’or mais n’a jamais rien construit ni remboursé les acquéreurs. Martial fait partie de ceux qui se sont laissés escroquer sans rien dire et a tout perdu : les 400 000 francs touchés lors de son licenciement, son fils et sa femme.

Alors non, il ne regrette pas ce meurtre, qu’il ne nie pas.

J’ai beaucoup de mal à parler de ce roman, alors même qu’il m’a pourtant plu.La narration de Martial Kermeur est prenante, on y accroche immédiatement. Cet homme est un assassin mais il est plein de doutes, de douleurs et d’humanité. A travers ses mots, on lit une histoire banale et sordide qui pourrait faire la une d’un journal local, celle d’une escroquerie contre un village breton.

La réussite de Tanguy Viel est d’arriver à faire un roman à partir de cette fiction qui ressemble à un fait divers « classique ». Malgré mon adhésion à ce roman et la facilité et rapidité de lecture, il m’a manqué quelque chose pour en faire un coup de coeur. En effet, je n’arrive pas à m’enthousiasmer pour ce livre. Je ne saurais identifier ce qu’il m’a manqué mais je vous recommande cette lecture.

Référence

Tanguy Viel, Article 353 du Code Pénal, éditions de Minuit, 174 pages

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Lu dans le cadre du Prix Orange du Livre 2017

Calme comme une bombe – Agathe Parmentier

004569228Amandine est attachée de presse. Cette jeune femme peu réfléchie qui aime la télé-réalité est amoureuse de Rahan. Ils sont ensemble pendant quelques temps puis ils ne sont plus que des « sex friends », comme elle dit. Amandine est certaine qu’elle finira par devenir quelqu’un de connu :

« Elle saura se montrer patiente, de grandes choses l’attendent. » (page 68)

Lucie, la collègue de Rahan, est médiathécaire. Elle aime secrètement Etienne, qui écrit des choses moyennement bonnes mais qui sont publiées.

« Souffrir en silence, c’est romantique et j’ai bon espoir que cette douleur m’inspire une oeuvre poignante. » (p.24)

Xenia, la soeur de Rahan, est en couple avec Etienne. Mais leur relation ne marche pas comme elle l’aimerait. Elle décide alors de faire une pause dans son quotidien et part au Japon.

J’ai découvert ce roman tout à fait par hasard, dans le cadre du Prix Orange du Livre 2017. Je crois bien que je ne l’aurais jamais ouvert sans ce prix car je n’en avais absolument pas entendu parler. Bien que mon avis soit assez mitigé, je suis satisfaite d’avoir découvert cette auteure car j’ai énormément aimé ce qu’elle fait de ses personnages.

Agathe Parmentier a créé près d’une dizaine de personnages dans ce court roman, auxquels elle essaie de donner autant d’importance aux uns qu’aux autres. Il s’agit de personnages plutôt banals et peu intéressants. Pourtant, elle arrive à faire d’eux des personnes entières et vraies. Même si je ne retiens rien de bien intéressant de l’intrigue de Calme comme une bombe, j’ai particulièrement apprécié l’humour latent de ce roman. On y trouve une satire de la jeunesse, qui bien que caustique, n’en est pas pour autant malveillante.

Référence

Agathe Parmentier, Calme comme une bombe, éditions Au diable Vauvert, 209 pages

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Lu dans le cadre du Prix Orange du Livre 2017

Bibliomaniacs #36 – Dans la nature

 

Vous aimez le silence, l’odeur des pins et la vie sauvage ? Vous aimez tout cela, chaudement installé au fond de votre canapé ? L’émission de mars des Bibliomaniacs est pour vous ! Dans cette spéciale nature, nous vous parlons de :

  • Dans la forêt de Jean Hegland
  • Sa majesté des mouches de William Golding
  • Promenons-nous dans les bois de Bill Bryson

Bonne écoute !

La vie magnifique de Frank Dragon – Stéphane Arfi

9782246727910-001-x_0« Dragon, FRANK Dragon, vie sans histoire à raconter selon un langage bien à soi dans un livre sans début sans fin qui n’intéressera personne. »

Le petit garçon narrateur de cette histoire vit l’une des choses les plus difficiles qu’il soit : il est séparé de ses parents. Il vit à Paris pendant l’occupation nazie avec ses parents qui ont fui leur pays d’origine (la Pologne, vraisemblablement). Ils sont juifs et ont conscience du danger que représente le fait de vivre dans le marais à cette époque. Ses parents sont raflés mais le petit garçon arrive à s’échapper grâce à l’aide de sa voisine. Il est envoyé à la campagne, où il vit chez une vieille dame qui devient sa grand-mère-de-la-guerre. Puis, à la fin de la guerre, il est recueilli dans un orphelinat géré par des religieux.  Lire la suite de « La vie magnifique de Frank Dragon – Stéphane Arfi »

Principe de suspension – Vanessa Bamberger

ob_589e96_principe-de-suspension« Personne ne parle jamais de la solitude des patrons. » (page 190)

Thomas Masson est le Directeur de Packinter, une PME normande qui conçoit et fabrique des inhalateurs contre l’asthme. Du jour au lendemain, l’unique client de Packinter révise totalement sa stratégie commerciale et annonce qu’il va abandonner son petit fournisseur d’inhalateurs.

Vanessa Bamberger raconte l’histoire assez classique de l’industrie française contemporaine : la confrontation à la concurrence des pays à bas coût, la difficulté de la compétition commerciale, l’inquiétude des salariés qui ne voient pas d’avenir dans leur filière, etc.

En parallèle, elle raconte l’histoire de Thomas Masson, cet ancien banquier qui a investi toutes ses économies personnelles pour racheter Packinter et développer cette PME. Il s’est tellement investi dans ce projet qu’il en a oublié sa propre santé, trop préoccupé par la santé de Packinter. Lire la suite de « Principe de suspension – Vanessa Bamberger »

Celle qui fuit et celle qui reste – Elena Ferrante

product_9782070178407_195x320A la fin des années 1960, Elena a terminé ses études littéraires et épouse un grand professeur de latin qui enseigne à la prestigieuse Université de Florence. Elle vient d’écrire un premier roman qui a énormément de succès en Italie et qui la dépasse totalement : elle-même ne se rend pas compte à quel point ce qu’elle y a mis est à l’avant-garde de la société. Après quelques temps passés à écrire des piges pour des journaux sur les changements sociaux, Elena endosse petit à petit un nouveau rôle, celui de mère de famille et pour cela, elle est contrainte de taire une partie d’elle-même.

« J’étais malheureuse. Je languissais dans mon lit, frustrée par ma condition de mère de famille et de femme mariée ; tout avenir me semblait prisonnier de la répétition des rites domestiques, que ce soit dans la cuisine ou dans le lit conjugal, et ce jusqu’à la mort. » (page 359)

Lila quant à elle vit toujours avec Enzo et élève son fils loin de son père. Elle travaille dans des conditions terribles et doit faire preuve d’une grande force morale et physique pour endurer tout cela. Elena et Lila se voient occasionnellement, s’écrivent parfois et apprennent à se parler par téléphone (LA nouveauté technologique !). Mais comme toujours, leur amitié chancelle régulièrement et Elena a toujours autant de mal à comprendre Lila qui lui échappe sans arrêt. Lire la suite de « Celle qui fuit et celle qui reste – Elena Ferrante »

Mon bilan de février en images

Voici un mois de février placé sous le signe de la rentrée littéraire. J’ai en effet appris que je ferai partie du jury du Prix Orange du Livre 2017. Cela implique donc que je lise beaucoup de romans francophones publiés entre janvier et mars 2017. Après en avoir reçu un énorme carton de la part des organisateurs du Prix (le site Lecteurs.com), j’ai commencé ma découverte avec quelques titres. Pour l’instant, pas encore de coup de cœur, mais j’ai bon espoir !

Mes coups de coeur

Mes jolies lectures

Mes abandons et déceptions

Et pour mars, quel est le programme ?