Sissi, aussi libre que le vent – Sylvie Baussier, Jean des Cars et Odilon Thorel

sissiLe vent nous raconte l’histoire de Sissi, une petite fille devenue impératrice et aussi libre que lui. Née en 1837 en Autriche, elle vécut son premier chagrin d’amour durant son adolescence, lorsque son amour d’adolescence décéda d’une maladie.

La sœur de Sissi étant fortement pressentie pour devenir l’épouse de l’empereur François-Joseph, Sissi et sa mère en font la rencontre. Contre toute attente, c’est de Sissi dont l’empereur tombe amoureux. En 1854, elle n’a que 17 ans lorsqu’elle se marie et que sa vie est bouleversée.

« Sissi a gagné l’amour, mais elle a perdu sa liberté. » (page 27)

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La saison des feux – Celeste Ng

NG2A la fin des années 1990, la famille Richardson vit dans la banlieue de Cleveland aux Etats-Unis. Elena, la mère de la famille Richardson, se réveille un matin alors que sa maison est en feu. Quelqu’un a allumé plein de petits feux partout dans la maison. Heureusement, les quatre enfants de la famille sont déjà sortis de la maison et il n’y a aucune victime.

Qui a bien pu commettre cet acte irresponsable ? Ce n’est pas tellement la question à laquelle Celeste Ng s’attache à répondre dans son intrigue. Elle raconte plutôt comment l’un des personnages en est arrivé à réaliser cet acte. Pour cela, elle dresse le portrait d’une famille aisée, qui semble à l’abris de tout souci matériel et dont les membres unis vivent heureux.

L’arrivée d’une mère et de sa fille dans cette petite communauté va petit à petit changer leur quotidien. Mia et Pearl sont les locataires d’une maison appartenant aux Richardson et l’adolescente Pearl se fait une place à part entière parmi les enfants Richardson, au point que ceux-ci nouent également des liens forts avec sa mère Mia. Lire la suite de « La saison des feux – Celeste Ng »

Le Paris des curieux – Michel Dansel

PARIS CURIEUXDans le Paris des curieux, Michel Dansel nous emmène en balade dans des lieux parisiens renommés et dans des petits coins plus intimistes. Il dévoile l’Histoire d’un lieu, son rapport avec le passé de Paris et met en lumière la vie culturelle et artistique parisienne à travers d’autres endroits. Chacun y apprendra plus ou moins de secrets, en fonction de son niveau de connaissance de Paris.

Le livre pourra donner des idées de sorties pour boire un verre ou manger (au Train bleu par exemple, ou à la Closerie des Lilas..) tout comme des idées de balades originales (le Pont Caulaincourt, ou encore les cimetières…). Illustré par des dessins très fins et avec une jolie mise en page, le Paris des curieux est un livre agréable à feuilleter. Je n’ai qu’un regret, le peu d’exactitude historique de certaines considérations qui m’ont parfois semblé assez simplistes. Mais là n’est pas l’objet de ce livre, dont la vocation est de donner envie de découvrir Paris différemment.

Référence

Michel Dansel, Le Paris des curieux, éditions Larousse, 320 pages

Merci aux éditions Larousse pour ces découvertes parisiennes.

En nous beaucoup d’hommes respirent – Marie-Aude Murail

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Marie-Aude Murail entreprend de raconter l’histoire de sa famille, ce qui passe par les histoires amoureuses de ses aïeux. Pour cela, elle prend son temps et fouille parmi les trésors trouvés dans la maison familiale. Elle découvre notamment des lettres et des photos, sur lesquels elle s’appuie pour raconter leurs histoires.

Elle commence par l’histoire romantique et passionnée de Raoul et Cécile, raconte leur coup de foudre grâce aux courriers de ceux-ci mais aussi grâce au goût de Raoul pour la littérature. Quelle histoire incroyable que la leur, coupée par la Première Guerre mondiale. Marie-Aude Murail arrive à redonner vie à leur amour et à l’atmosphère tragico-romantique de celui-ci.

Elle agrémente son récit des matériaux bruts qu’elle a trouvé : des photos de famille, des poèmes, des lettres, des textes, etc. Cela fait de ce livre un bel objet, avec une jolie mise en page. Marie-Aude Murail arrive à faire de ce travail de mémoire familial une saga qui classe cette famille à part tout en rappelant à quel point elle vécut beaucoup d’événement similaires à toutes les familles françaises.

Au bout de cette lecture, on comprend l’héritage créatif que lui ont légués ses ancêtres, et notamment son père et son grand-père. Bien qu’à une dose plus petite, on retrouve dans ce livre l’humour parfois moqueur de Marie-Aude Murail.

Référence

Marie-Aude Murail, En nous beaucoup d’hommes respirent, éditions L’iconoclaste, 440 pages

Tenir jusqu’à l’aube – Carole Fives

FIVESUne jeune femme a emménagé il y a peu à Lyon, où elle élève seule son fils qui a un peu moins de deux ans. Elle est graphiste free-lance et n’ayant pas trouvé de solution de garde, elle passe toutes ses journées et ses nuits avec son garçon. Elle travaille dès qu’il se met à dormir et use progressivement la corde.

En plus de la fatigue, elle ressent un sentiment d’emprisonnement qui la fait souffrir. Depuis qu’elle est à Lyon, elle n’a fait aucune connaissance, ne voit plus ses anciens amis et n’arrive pas à nouer de nouveaux contacts amicaux ou amoureux. Elle se crée des parenthèses, comme des temps de respiration, en sortant quelques minutes seule le soir quand son fils dort. Petit à petit, elle prolonge ses temps de sortie, tout en étant consciente du risque qu’elle prend si jamais il arrivait quelque chose à son enfant.

Par une écriture introspective, Carole Fives livre les émotions de cette mère célibataire tout en développant un rythme et un dynamisme qui servent à maintenir un certain niveau de tension dans la narration. Le lecteur est immédiatement happé par la solitude de cette femme qui ne peut plus vivre autrement qu’accompagnée en permanence. Elle cherche à tout prix des solutions, que l’Administration ne sait pas lui proposer. Elle essaie alors internet, afin de bénéficier des conseils des autres mères dans sa situation mais se heurte à des jugements péremptoires.

La tension et le réalisme de ce roman sont tels qu’il se lit d’une traite et sans voir le temps passer. Les personnages secondaires sont peu nombreux et les caractères de l’ensemble des personnages sont peu développés, le choix étant fait de se focaliser sur le ressenti de cette femme, ce qui fonctionne très bien.

Voici un roman de cette nouvelle rentrée littéraire que je recommande !

Références

Carole Fives, Tenir jusqu’à l’aube, éditions l’arbalète Gallimard, 177 pages

Ta deuxième vie commence le jour où tu comprends que tu n’en as qu’une – Raphaëlle Giordano

GIORDANO2Hum… Le titre vous laisse perplexe ? J’espère que la suite de cette chronique vous aidera à décider d’écarter ce « roman » de toute tentative de lecture.

Camille approche de la quarantaine et a l’impression de tourner en rond, que ce qu’elle fait n’a plus de sens. Elle voudrait changer des choses dans sa vie mais une force qui la dépasse la pousse à l’inertie. Jusqu’au jour où elle rencontre par hasard Claude, qui officie comme routinologue…

Ne cherchez pas dans un dictionnaire, ne vous tirez pas les cheveux devant ce terme, Claude est tout simplement un coach en développement personnel et il aide les personnes comme Camille en leur donnant des conseils pratiques pour améliorer leur quotidien et redonner du sens à leur vie.

L’un des nombreux problèmes de ce livre est d’être un roman alors qu’il aurait dû être un essai de développement personnel. Raconter des personnages, installer une scène, développer une intrigue ne s’improvise pas et tout le monde n’est pas fait pour écrire de la fiction. Bref, les personnages sont superficiels, les dialogues ridicules au point de s’en esclaffer pendant la lecture et les rebondissements totalement ubuesques.

Comment une telle chose a pu obtenir un tel succès ? L’état littéraire de la France me peine énormément !

Référence

Raphaëlle Giordano, Ta deuxième vie commence le jour où tu comprends que tu n’en as qu’une, éditions Eyrolles, 218 pages

Miss Charity – Marie-Aude Murail

 

MURAIL2Charity Tiddler est une enfant née en 1870 au sein d’une famille de la haute aristocratie anglaise. Elle n’a pas la chance d’être entourée de frères et sœurs, ses deux sœurs étant décédées lorsqu’elles étaient des nourrissons. Ses parents sont particulièrement absents de son quotidien, et son unique compagnie est sa nourrice.

Le jour où Charity adopte une petite souris tout à fait par hasard, elle est folle de joie et développe une passion pour tous les êtres vivants. Lire la suite de « Miss Charity – Marie-Aude Murail »

L’origine des autres – Toni Morrison

MORRISON« La race est la classification d’une espèce et nous sommes la race humaine, point final. Alors quelle est cette autre chose : l’hostilité, le racisme social, la fabrication de l’Autre ? » (page 25)

La race est une idée et non un fait. Pour l’instaurer, il a donc fallu développer l’idée d’une altérité : fabriquer l’Autre. Ce processus est notamment passé à travers la littérature. La case de l’oncle Tom n’a ainsi pas été écrit pour les noirs mais pour les blancs. Cette littérature a permis aux blancs de cautionner des actes inhumains en les justifiant par le fait que les noirs avaient besoin de cette domination du fait de leur infériorité.

En réalité, les noirs furent indispensables à une définition blanche de l’humanité. En fabriquant un Autre noir, les blancs américains créaient leur propre identité.

« La nécessité de faire de l’esclave une espèce étrangère semble une tentative désespérée pour confirmer que l’on est soi-même normal. » (p.34)

Ce livre de Toni Morrison est extrêmement riche car il puise à la fois dans l’Histoire américaine mais aussi dans la sociologie, afin de comprendre comment et pourquoi le racisme est né aux Etats-Unis. Lire la suite de « L’origine des autres – Toni Morrison »

A l’orée du verger – Tracy Chevalier

CHEVALIER4Robert Goodenough a grandi dans une famille pauvre et désunie de l’Ohio dans les années 1830. Ses parents passent leurs journées à se disputer violemment. Sa mère ne s’abreuvant que d’eau-de-vie de pommes, elle passe ses journées ivre, est devenue une femme violente et haineuse. Elle en veut terriblement à son mari de refuser de quitter la région du Black Swamp, une zone de marécages qui lui a déjà retiré cinq de ses dix enfants, morts de fièvre. Le père de Robert est passionné par la culture de ses pommiers dont il vit en vendant du cidre et de l’eau-de-vie.

Un drame oblige Robert à quitter précipitamment sa famille et à partir vers l’ouest, et à vivre au jour le jour en vendant sa main-d’oeuvre. Il croise la route d’un botaniste grâce auquel il peut allier travail et passion car comme son père, Robert a une grande curiosité pour les arbres.

Ayant toujours beaucoup apprécié les quelques romans que j’ai lus de Tracy Chevalier, je m’attendais à un véritable coup de cœur pour cette histoire de migrants se déroulant dans l’Amérique du XIXème siècle et touchant à des sujets fort intéressants : la nature, l’identité, la famille, etc.

Tout en ayant passé un agréable moment et sans regretter cette lecture, celle-ci m’a déçue. Il est difficile de s’attacher aux personnages, les parents de Robert étant truffés de défauts, leurs enfants n’occupant qu’une place très minime dans l’intrigue et les personnages annexes n’apparaissant qu’en fin de roman sans être développés. Lire la suite de « A l’orée du verger – Tracy Chevalier »