Sans parler du chien – Connie Willis

Sans-parler-du-chienNed Henry est un historien anglais du milieu du XXIème siècle. Il travaille pour Lady Schrapnell à la reconstruction et reconstitution à l’identique de la Cathédrale de Coventry, qui a été rasée par les bombes allemandes lors de la Seconde Guerre mondiale. Afin que la cathédrale soit absolument identique à celle d’origine, Lady Schrapnell ne lésine pas sur les moyens et s’est offert une équipe d’historiens qui voyage dans le temps, afin de reproduire l’intérieur de la cathédrale de la façon la plus fidèle. Ned Henry est chargé de retrouver la potiche de l’évêque, un objet religieux connu pour sa laideur mais qui a une vraie valeur familiale et sentimentale pour lequel Lady Schrapnell.

Après avoir été propulsé en 1940, Ned Henry est de nouveau en voyage dans le temps. Il est envoyé en 1888, chez les ancêtres de Lady Schrapnell. Sa mission consiste non seulement à se reposer (pour limiter les effets du déphasage temporel) mais surtout à retrouver la potiche, à ramener un chat auprès de sa jeune maîtresse et à limiter les dégâts des incongruités temporelles nées de tous les voyages dans le temps des historiens. Un sacré programme !

L’Histoire est au cœur de ce roman très très long. Toute l’intrigue tourne à la fois autour de la reconstitution du passé (à travers la cathédrale de Coventry) et sur le respect de celui-ci, afin de ne surtout pas y apporter de modification. Ned Henry est en permanence tourmenté par l’idée qu’une de ses actions en 1888 puisse avoir un impact sur le tournant de la Seconde Guerre mondiale. L’un de ses objectifs est de veiller à ce que Tossie Mering, l’ancêtre de Lady Schrapnell, épouse bien un mystérieux homme dont le nom commence par un C. En effet, toute modification du passé pourrait avoir un effet papillon sur l’Histoire future et notamment bouleverser totalement l’issue de la Seconde Guerre mondiale. 

Cette thématique de l’incongruité historique et des conséquences de la modification d’un élément minime du passé sont particulièrement intéressantes. Il s’agit de LA thématique centrale du roman, au point qu’elle revienne très (trop ?) fréquemment. C’est en effet l’un des reproches que je formule à ce roman très long : les répétitions. Non seulement il n’est pas nécessaire de ressasser en permanence les mêmes idées, mais cela donnerait presque l’impression que Connie Willis pense que ses lecteurs ne sont pas suffisamment intelligents pour comprendre ses propos…

Sans parler du chien est un roman très bavard. Outre certaines répétition dont on aurait pu se passer, Connie Willis aurait également pu faire l’économie d’un certain nombre de détails. A travers son souci du détail, il cherche à représenter l’époque victorienne avec humour. Certes, le roman est réussi de ce point de vue : j’aime que Connie Willis se moque de ses personnages mais cela frise parfois la caricature sociale. En lisant un roman se déroulant dans l’Angleterre de la fin du XIXème siècle, je m’attendais à lire des descriptions sur le mode de vie victorien. Or, ce n’est absolument pas l’objet de ce livre, qui est bien plus une aventure pleine d’action : n’y cherchez donc pas de description ou d’introspection car vous n’y trouverez que des dialogues sur plus de 500 pages.

Mon avis peut sembler assez dur ; néanmoins, je suis certaine qu’en ayant en tête ces quelques critiques, la lecture n’en sera que plus agréable.  Sans parler du chien est en effet un bon roman d’aventure, dans lequel il est facile de se plonger et difficile de laisser de côté trop longtemps.

Référence

Connie Willis, Sans parler du chien, éditions J’ai lu, 535 pages

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4 commentaires sur « Sans parler du chien – Connie Willis »

  1. C’est bizarre ça me dit quelque chose ce roman. Pourtant je suis sûre de ne pas l’avoir lu, ou peut-être parce que ‘jai lu un billet de blog à son sujet? En tout cas ça ne me donne pas envie!

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