Les proies – Thomas Cullinan

Les proiesMai 1864, Virginie. Alors qu’elle se promenait dans les bois, Amelia Dabney trouve un soldat Yankee blessé. Cette jeune fille de 13 ans n’est pas perturbée par le fait de croiser un soldat ennemi de la cause des Etats confédérés. Au contraire, elle décide de le secourir et l’amène jusqu’à la pension pour jeunes filles dans laquelle elle est scolarisée.

« C’était la première fois que je me trouvais aussi près d’un Yankee, et je me suis soudain rendu compte de quelque chose. Ils n’ont pas l’air très différents de nos soldats. » (page 12)

La pension de Miss Martha Farnsworth n’accueille plus que cinq demoiselles dans ces temps de guerre civile. En tout, 8 femmes y habitent : les pensionnaires, les deux sœursqui dirigent l’école, Martha et Harriet, et leur bonne Mattie.

John McBurney est un caporal originaire d’Irlande, qui a rejoint l’armée nordiste à peine débarqué aux Etats-Unis. Lorsqu’il se retrouve pris en charge au milieu de tant de jeunes filles, il vit dans un rêve. Chacune d’entre elles cherche à attirer son attention et à le séduire. Il ne sait plus où donner de la tête et les courtise toutes en cachette. Cela créé une véritable pagaille dans ce pensionnat où les adolescentes ont déjà beaucoup de mal à s’entendre en temps normal…

« Je n’avais aucune idée de tout le mal qu’on avait au fond du cœur, nous toutes. » (p.21)

Le pitch de cette histoire a quelque chose de très léger, voire superficiel et pourtant ce roman a une vraie gravité et ne peut pas être résumé en une histoire de séduction et d’amourettes. Thomas Cullinan nous montre la nature humaine, telle qu’elle est, c’est-à-dire difficile à cerner et jamais manichéenne.  A chaque chapitre, le point de vue narratif change, pour offrir au lecteur la vision de l’une des habitantes de la pension. De cette manière, le lecteur est entretenu dans une sorte de confession permanente, où les émotions et un sentiment tragique prédominent.

Dès le début du roman, le pressentiment d’une tragédie à venir est très fort et tient en haleine. Le suspense que j’ai ressenti a toutefois fini par s’émousser grandement au bout de 300 pages, lorsque je n’avais plus espoir d’un rebondissement ou d’une action qui pourrait me réveiller. Je suis venue à bout de cette lecture en espérant y trouver de quoi me contenter mais ce fut loin d’être le cas. Les proies est un roman bien écrit, avec des personnages profonds et des situations très bien racontées. Mais quel ennui pendant sa seconde partie ! Les quelques rebondissements restent bien trop sages à mon goût : même si dans les faits ils sont très forts, il n’en reste pas moins que beaucoup de scènes sont tues. Oui, j’aurais voulu de vraies scènes d’amour et pourquoi pas des scènes gores. Il m’aurait vraiment fallu quelque chose pour pimenter ce roman.

Référence

Thomas Cullinan, Les proies, éditions Rivages/Noir, traduction de Morgane Saysana, 679 pages

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6 commentaires sur « Les proies – Thomas Cullinan »

    1. L’idée au coeur du roman de mettre un loup dans la bergerie et de se demander qui est vraiment la proie est très intéressante. J’ai moins été convaincue par la façon de raconter cette histoire, qui m’a parue trop longue. Le film sera un bon moyen de découvrir l’histoire.

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