Le jour d’avant – Sorj Chalandon

ChalandonMichel Flavent raconte l’histoire de sa famille, marquée par la tragédie. Son frère Joseph est entrée à la mine dans les années 1960, alors qu’il n’avait que 20 ans. Il aurait pu être mécanicien ou bien agriculteur comme son père mais par fierté, par besoin de prouver sa virilité et d’appartenir à une communauté avec une identité forte, il est devenu mineur malgré l’avis de ses parents.

« Tu sais quoi ? disait mon père. Tu n’iras pas au charbon, tu iras au chagrin. »

Michel raconte le décès de son frère, alors qu’il n’a que 30 ans, des suites d’un coup de grisou qui tua 42 mineurs en 1974. Il vécut avec le souvenir douloureux d’un jeune homme plein de vie qui n’eut pas le temps de construire sa propre famille. Michel érigea un mausolée pour son frère et les mineurs de Liévin, en transformant son garage en un musée où il rassemblait tous les documents et pièces relatifs à la mine de Liévin et à cette catastrophe.

Pendant des décennies, il vécut avec l’idée que les coupables n’avaient jamais été punis, encore moins le véritable coupable : Lucien Dravelle, l’agent de maîtrise qui était notamment en charge de la sécurité des mineurs. Pour des raisons de rendement, la sécurité de la fosse n’avait pas été assurée au retour des vacances de Noël 1974. En 2014, à la mort de sa femme Cécile des suites d’une maladie, Michel décide de retourner à Liévin et de retrouver Lucien Dravelle.

Sorj Chalandon a un génie pour faire d’un drame historique avéré un chef-d’oeuvre littéraire. A travers le personnage de Michel, il fait revivre ces mineurs et leurs familles et raconte leurs terribles conditions de travail, qui menaient nécessairement à la mort précoce par accident ou bien par maladie. Il me manque les mots pour exprimer mon ressenti à la lecture de ce roman incroyable, qui mêle Histoire, fait divers et littérature. Bien que tragique, Le jour d’avant est un livre étonnamment vivant puisqu’il sort de terre l’histoire de ces famille françaises oubliées.

En plus d’être un roman sur un drame national, Le jour d’avant est également une histoire d’amour familial, de culpabilité et de pardon, avec une fin intensément émouvante. Ce sera l’une des pépites de cette rentrée littéraire, l’un des romans à ne pas manquer.

Référence

Sorj Chalandon, Le jour d’avant, éditions Grasset, 208 pages

 

Un grand merci aux éditions Grasset pour cette émouvante lecture.

6 commentaires sur « Le jour d’avant – Sorj Chalandon »

  1. Je ne lis pas, je reviendrai plus tard quand je l’aurai lu car je l’ai bien entendu dans ma PAL mais je veux le lire vierge d’avis 😁
    (Et maintenant que je suis sur wordpress normalement je dois enfin pouvoir commenter chez toi!😊

    Aimé par 1 personne

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