Nos richesses – Kaouther Adimi

adimiEdmond Charlot est un passionné de littérature et entreprend en 1935 d’ouvrir une librairie à Alger. Il trouve un petit local, qu’il transforme en un lieu de vie où il fait plus que de vendre des livres : il participe à la vie culturelle de son quartier, fait des prêts aux étudiants algérois, crée une maison d’édition et se fait de nombreux amis. Son activité connaît des hauts et des bas car Edmond Charlot n’est pas à l’aise avec la comptabilité et la gestion et considère son entreprise d’abord comme un cercle d’amis et de passionnés. Cela lui vaut de grosses déconvenues lors qu’il n’arrive plus à gérer financièrement son activité, au moment où il cherche à la développer en France.

De nos jours, un jeune français d’origine algérienne prénommé Ryad est envoyé à Alger par sa famille pour prendre possession de l’ancien local d’Edmond Charlot, afin de le transformer en boutique de vente de beignets.

A travers l’histoire romancée d’Edmond Charlot, Kaouther Adimi raconte près de 80 ans de l’Histoire d’Alger. Pour cela, trois points de vue narratifs alternent tout au long du roman : le journal intime d’Edmond Charlot, la narration de l’histoire de Ryad et la mémoire collective des habitants d’Alger. Alors que l’on pourrait critiquer la brièveté des épisodes du journal intime d’Edmond Charlot, j’ai au contraire trouvé que cela participait au dynamisme de cette lecture. En lisant le point de vue de ce libraire hors du commun, on a le sentiment d’être emporté dans le tourbillon de son aventure personnelle et de l’Histoire. J’ai été stupéfaite de voir que 80 ans d’une Histoire très riche pouvaient être condensés en deux cents pages et de manière aussi simple.

Cette forte dimension historique au sein du roman me l’a rendu très intéressant à lire : non seulement Edmond Charlot est ami ou côtoie de grands hommes comme Gide, Camus ou Saint-Exupéry, mais il nous livre son expérience de la Seconde Guerre mondiale, de la colonisation et de la guerre d’Algérie.

Bien que le personnage de Ryad soit moins profond, j’ai aimé suivre ses pérégrinations à Alger car sa découverte de la ville est racontée avec un certain sens de l’humour qui apporte une touche de légèreté au roman.

Mon avis est donc mitigé, même si j’ai passé un agréable moment en lisant Nos richesses. Je n’en garderai peut-être pas un souvenir impérissable mais je vous conseille de le lire si vous avez un certain goût des livres et de l’Histoire.

Référence

Kaouther Adimi, Nos richesses, éditions Seuil, 217 pages

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5 commentaires sur « Nos richesses – Kaouther Adimi »

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