Crime d’honneur – Elif Shafak

SHAFAK2Pembe et Jamila sont deux sœurs jumelles kurdes, enfants d’une famille nombreuse. Pembe a émigré en Angleterre avec son mari Adem et Jamila est restée en Turquie où elle exerce comme sage-femme. Dans les années 1960-70, Pembe et Adem construisent leur nouvelle vie dans un pays dont la langue même leur est étrangère et y élevent leurs trois enfants. Petit à petit, Adem a délaissé Pembe pour une autre femme et Pembe a fait la rencontre d’un homme dont elle est tombée amoureuse malgré la culpabilité qui la rongeait.

Nourri d’une culture qui considère la liaison de Pembe comme un déshonneur, son fils aîné Iskender la poignarde et purge une peine de plusieurs années en prison.

Elif Shafak raconte l’histoire de tous ces personnages et croise les récits et les époques : Pembe et Jamila dans les années 1970, Iskender depuis la prison en 1991, ainsi qu’Esma et Yunus, les deux autres enfants de Pembe.

« Quand on sait que vous avez un cœur de verre, on vous le brise. » (page 233)

Pembe et Jamila sont les tristes exemples de la domination masculine, dans une culture qui considère les femmes comme la propriété des hommes (d’un mari, d’un père, d’un fils aîné). Non seulement elles n’ont pas leur mot à dire sur le choix de l’homme avec lequel elles partageront leur vie, mais quand bien même celui-ci se conduirait de la pire des manières avec elles, elles n’ont pas le droit de le quitter. Cela serait considéré comme un déshonneur immense, affront qui devrait ensuite être lavé par un acte de cruauté de la part d’un homme proche.

Même si je n’ai pas ressenti d’accroche particulière avec les personnages et bien qu’ils ne m’aient pas manqué quand j’étais entre deux séances de lecture, j’ai apprécié ce roman pour l’ouverture qu’il apporte sur la situation de ces femmes. J’ai aimé l’atmosphère de conte et de légende du début du roman, qui plonge le lecteur dans la tradition de l’oralité de la culture kurde. Le passage fréquent d’un point de vue à un autre et d’une époque à une autre peut être déstabilisant si on ne lit pas ce livre par grandes séances de lecture. Ce changement de point de vue a néanmoins le grand intérêt de permettre d’aborder la question de l’expiation et du pardon.

Référence

Elif Shafak, Crime d’honneur, éditions Phébus, traduction de Dominique Letellier, 411 pages

Publicités

4 commentaires sur « Crime d’honneur – Elif Shafak »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s