Un autre Brooklyn – Jacqueline Woodson

WOODSON2August est arrivée du Tennessee avec son père et son frère dans les années 1970. Ils se sont installés à Brooklyn après la mort de sa mère. Ce quartier de New-York fascina d’abord le frère et la sœur, qui le découvrirent à travers la fenêtre de la cuisine de leur appartement. Petit à petit, les deux enfants en firent la découverte rue après rue, bloc après bloc, au fur et à mesure qu’ils gagnèrent en liberté. C’est ainsi qu’August se lia d’amitié avec Gigi, Sylvia et Angela.

August raconte leur amitié, ainsi que leurs amours et leur adolescence. L’amitié de ces quatre fillettes constitua leur force mais la question au cœur du roman de Jacqueline Woodson est celle de la capacité de résistance de cette amitié face aux liens familiaux, à la jalousie et à l’ambition de chacune.

Comme j’ai aimé ce court roman sur la soif de liberté d’August ! La jeune fille a rapidement compris qu’elle ne gagnerait sa liberté qu’en restant indépendante vis-à-vis des hommes, qu’en réussissant ses études et en sortant de Brooklyn. Cela pourrait ressembler à un cliché mais cela a très bien fonctionné sur moi.

La peinture du Brooklyn des années 1970 m’a également beaucoup intéressée. On y voit un quartier à l’extrême pauvreté, rongé par les incendies et la drogue, où le hip-hop est en train de naître. J’y ai retrouvé les éléments historiques qui m’avaient beaucoup plus dans la série The Get Down, même si le roman de Jacqueline Woodson est bien plus réaliste. Brooklyn est un personnage à part entière dans ce roman et permet de faire ressortir le contexte historique : on y croise des soldats revenus de la guerre du Vietnam, des familles qui se cotisent pour aider les enfants mourant de faim au Biafra, etc.

J’ai été embarquée par la narration d’August. Il est vrai que les personnages ne sont pas très fouillés mais ce n’est pas l’objet de ce roman à mon sens. Et cela contribue d’autant plus à montrer à quel point l’adolescence finit par être un souvenir de plus en plus fou, qui laisse comme trace des émotions, des impressions, voire une nostalgie. C’est en ce sens un roman réussi grâce auquel j’ai passé un très agréable moment de lecture.

Référence

Jacqueline Woodson, Un autre Brooklyn, éditions Stock, traduction de Sylvie Schneiter, 176 pages

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6 commentaires sur « Un autre Brooklyn – Jacqueline Woodson »

  1. J’ai beaucoup aimé aussi. J’ai aimé l’ambiance et le personnage d’August. C’est une auteur que je vais suivre (j’ai aussi lu un roman jeunesse d’elle (le garçon qui n’était pas noir) car elle a beaucoup écrit pour les jeune avant et j’ai trouvé que ça se sentait dans sa maîtrise des personnages adolescents.

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