L’incessant bavardage des démons – Ashok Ferrey

FERREY3Sonny est un jeune sri lankais parti faire ses études à Oxford en 2002. Il y rencontre une riche américaine, Luisa. Tous deux vivent des moments difficiles, se quittent mais très amoureux malgré tout, vivent de nouveau ensemble. Clarice Mahadewala Kumarihamy est la mère de Sonny et suit ses études depuis le Sri Lanka, où elle dirige d’une main de fer la grande demeure où elle vit désormais seule, entourée de ses domestiques.

Sonny devient écrivain et se fait entretenir par sa femme pour pouvoir financer son temps d’écriture. Lorsque Luisa tombe enceinte, le couple décide de partir au Sri Lanka quelques semaines, sans savoir qu’ils ne sont pas les bienvenus chez Clarice…

Mon avis sur ce roman est très mitigé, au point que je n’arrive absolument pas à savoir si je le recommanderais ou non. J’ai été particulièrement intéressée par le début, la thématique de l’immigration et le contexte des études à Oxford me passionnant assez facilement.

Mais le roman devient de plus en plus banal, au point que l’intrigue passe au second plan et sa crédibilité avec. Il s’agit à la fois d’un vrai choix de l’écrivain, qui prend le parti d’introduire des éléments loufoques et originaux qui n’ont pas marché sur moi, ne comprenant pas leur apport à la narration. Mais il s’agit également d’un choix d’évolution du personnage de Sonny auquel je n’ai pas adhéré : son caractère entre le début et la fin du roman est très différente, sans que l’on comprenne un tel changement. Par ailleurs, j’ai fortement regretté que Luisa soit aussi transparente à la fin du roman alors même qu’il aurait été intéressant de la voir s’exprimer bien plus à ce stade de l’intrigue.

J’ai regretté que ce roman soit plutôt inégal car on y lit à la fois des poncifs assez plats et de belles phrases sur la littérature, comme celle-ci :

« Un écrivain se doit de dire la vérité : mais quand l’équilibre de la vérité n’est plus respecté, quand la violence des faits est trop extrême, la vérité cesse alors d’être plausible. Or la crédibilité est nécessaire au lecteur, indépendamment de la réalité. » (page 196)

Pour autant, je ne regrette pas cette lecture car elle m’a fait découvrir la culture, les croyances populaires et les religions du Sri Lanka. Si vous avez un attrait pour la littérature asiatique ou plus précisément sri lankaise, essayez de vous faire votre propre opinion et partagez-là avec moi.

 

Référence

Ashok Ferrey, L’incessant bavardage des démons, éditions Mercure de France, traduction d’Alice Seelow, 281 pages

Merci à Mercure de France pour cette découverte littéraire du Sri Lanka !

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