A l’orée du verger – Tracy Chevalier

CHEVALIER4Robert Goodenough a grandi dans une famille pauvre et désunie de l’Ohio dans les années 1830. Ses parents passent leurs journées à se disputer violemment. Sa mère ne s’abreuvant que d’eau-de-vie de pommes, elle passe ses journées ivre, est devenue une femme violente et haineuse. Elle en veut terriblement à son mari de refuser de quitter la région du Black Swamp, une zone de marécages qui lui a déjà retiré cinq de ses dix enfants, morts de fièvre. Le père de Robert est passionné par la culture de ses pommiers dont il vit en vendant du cidre et de l’eau-de-vie.

Un drame oblige Robert à quitter précipitamment sa famille et à partir vers l’ouest, et à vivre au jour le jour en vendant sa main-d’oeuvre. Il croise la route d’un botaniste grâce auquel il peut allier travail et passion car comme son père, Robert a une grande curiosité pour les arbres.

Ayant toujours beaucoup apprécié les quelques romans que j’ai lus de Tracy Chevalier, je m’attendais à un véritable coup de cœur pour cette histoire de migrants se déroulant dans l’Amérique du XIXème siècle et touchant à des sujets fort intéressants : la nature, l’identité, la famille, etc.

Tout en ayant passé un agréable moment et sans regretter cette lecture, celle-ci m’a déçue. Il est difficile de s’attacher aux personnages, les parents de Robert étant truffés de défauts, leurs enfants n’occupant qu’une place très minime dans l’intrigue et les personnages annexes n’apparaissant qu’en fin de roman sans être développés. Quant à Robert, il m’a été difficile de ressentir une forte empathie pour lui, ce jeune homme étant très introverti, la narration de ses émotions ne prend que peu de place.

Le principal défaut du roman, celui qui m’a le plus dérangée au cours de ma lecture, est son manque d’équilibre, qui a affecte l’intérêt que je lui ai porté. A l’orée du verger est composé de plusieurs temporalités et narrations et le choix de Tracy Chevalier fut de donner plus de place à la première histoire, celle de la vie de la famille Goodenough dans le Black Swamp. Or, même si cette partie a son importance puisqu’elle installe le roman et permet au lecteur de comprendre les racines de Robert, elle n’est pas la plus importante et aurait pu être abrégée afin de laisser plus de place à la narration de la deuxième vie de Robert. J’ai ressenti comme un déséquilibre entre toutes ses histoires, avec parfois l’impression qu’elles étaient moins mises en valeur de ce fait. Certains personnages ne font leur apparition que bien trop tardivement et trop spontanément, ce qui est non seulement dommage car ils auraient pu apporter bien plus au roman et ce qui nuit à la crédibilité de l’intrigue.

J’en attendais bien plus de la part de Tracy Chevalier, ce qui explique ma forte déception.

Référence

Tracy Chevalier, A l’orée du verger, éditions Folio, traduction d’Anouk Neuhoff, 390 pages

Publicités

4 commentaires sur « A l’orée du verger – Tracy Chevalier »

  1. j’ai aimé tous les romans de l’auteur que j’ai lu jusqu’à « L’innocence » dans lequel je n’ai même pas réussi à entrer et que j’ai abandonné et depuis j’ai un peu peur de la relire, peur d’être déçue… Alors je ne poursuivrai pas avec celui-ci 😉

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s