Le fils du héros – Karla Suarez

SUAREZ

Ernesto est un jeune garçon cubain né en 1969 qui vit une enfance heureuse, entouré de ses parents et sa petite sœur. Dans ses jeux dans la nature, il s’imagine être le Comte de Monte-Cristo et son ami Berto joue Henri de Laguardère.

A 12 ans, alors qu’il est en plein jeu, il apprend que son père est mort au combat. Celui-ci avait été envoyé se battre en Angola, afin de soutenir la révolution communiste en marche. Son enfance prend brutalement fin : il ne pourra pas pleurer son père, tâche qu’il laisse à sa mère et sa sœur, et endosse immédiatement le rôle d’homme du foyer. Toute la légèreté de son enfance s’envole.

« […] le professeur principal, qui critiquait l’indiscipline de ceux qui bavardaient en classe ou ne faisaient pas leurs devoirs, eut l’idée de me désigner comme exemple à suivre parce que j’étais le fils d’un héros de la révolution, et chaque jour je rendais hommage à mon père, par mon attitude et mes bonnes notes, tous devaient faire comme moi, disait-elle, et ils devaient se sentir fiers de m’avoir comme camarade »

 A travers cette histoire tragique de deuil familial et de sortie de l’enfance, Karla Suarez m’a appris l’Histoire et la culture cubaine d’une nouvelle manière. Les enfants cubains des années 1970-80 vivent dans un monde plein de ferveur pour leur gouvernement, qui a réussi à faire d’eux des petits soldats du régime. Ce sont des jeunes dont l’éducation semble assez développée, comme le prouve leur culture littéraire. Cette culture est fondamentalement empreinte d’Histoire, de solidarité mais aussi d’humour. L’humour que l’on retrouve dans la plume de Karla Suarez semble être le reflet de la culture cubaine, qui mêle respect et moquerie. Ainsi, le narrateur explique que l’on donne un nom à tout à Cuba (les années par exemple), ou encore que leur quotidien -jusque dans leurs jeux- reflétait l’état de Cuba (jouer à la « guerre froide » consiste par exemple à se jeter des glaces à la figure).

« […] l’Histoire est entrée dans nos lits, dans nos familles, dans nos jeux d’enfants, et […] elle s’est collée à notre peau. Et […] elle m’avait fait grandir orphelin. C’est pour cela que j’avais besoin de comprendre »

Malgré quelques tics d’écriture (comme l’usage très abusif d’onomatopées), ce ton m’a permis de lire ce roman avec plaisir, mais ne sera toutefois pas suffisant pour que j’en garde un souvenir bien longtemps.

Référence

Karla Suarez, Le fils du héros, éditions Métailié, traduction de Françoise Gaudry, 256 pages

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5 commentaires sur « Le fils du héros – Karla Suarez »

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