L’île des chasseurs d’oiseaux – Peter May

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Finn Macleod est un écossais qui approche de la quarantaine. Il est inspecteur de police et est appelé sur l’île de Lewis, pour contribuer à une enquête afin de retrouver l’auteur d’un meutre ayant utilisé un mode opératoire similaire à un précédent crime pour lequel il a enquêté en vain. Macleod est bouleversé par cette requête de sa hiérarchie : en arrêt depuis la mort récente de son petit garçon, il ne se voit ni laisser sa compagne ni regagner l’île de Lewis dont il est originaire et qu’il a quittée il y a 17 ans.

Son enquête est peu classique puisqu’il est amené à renouer des liens avec toutes les personnes qui furent des proches pendant son enfance et son adolescence. Ainsi, il retrouve son ancienne petite-amie, qui s’est mariée avec son meilleur ami de jeunesse et qui est devenue une toute autre femme que celle effrontée et libre qu’il a connue. Peter May dévoile subtilement le passé de son personnage à mesure que son enquête progresse. Finalement, l’enquête policière devient un prétexte pour raconter les usages ancestraux de cette île écossaise. Il y est question de la pauvre économie de cette île et de la particularité de cette culture, faite d’une langue difficilement entendable à des oreilles anglaises, de traditions parfois très barbares (comme le massacre de 2000 gugas tous les ans, dans des conditions de vie extrêmes pour leurs chasseurs), d’extrêmisme religieux…

Ce roman fonctionne incroyablement bien : les personnages sont profonds, chacun d’entre eux a sa propre histoire, racontée sans raccourcis simplificateurs et avec beaucoup de  sensibilité. Les dialogues sont parfaitemen dosés et maîtrisés, tout comme les descriptions de lieux, parfaitement visualisables (on s’imagine très bien tout cela au cinéma). La tension monte fortement à la fin du livre, à un niveau très élevé qui fait dévorer les derniers chapitres à une vitesse folle.

Cette lecture fut un envoûtement total, j’y ai trouvé tous les bons ingrédients d’un polar tout en y trouvant bien plus, avec la narration d’une situation sociale et économique ainsi qu’une fiction autour d’amitiés et d’amours de jeunesse. C’est le genre de roman qui plaira autant aux amateurs de polars qu’aux non-initiés.

Référence

Peter May, L’île des chasseurs d’oiseaux, éditions Babel noir, traduction de Jean-René Dastugue, 432 pages

6 commentaires sur « L’île des chasseurs d’oiseaux – Peter May »

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