Cent ans -Herbjorg Wassmo

wassmo2En cent ans, beaucoup de femmes sont nées et ont donné naissance dans cette famille du nord de la Norvège. L’histoire commence en 1848, quand le père de la famille Lind décède. Ils sont 15 enfant, dont 6 nés d’un premier mariage. On suit alors la vie d’une des filles de la famille, Sara Suzanne. Celle-ci se marie avec Johannes, suite à la pression de sa famille qui ne sait pas comment s’en sortir avec autant de bouches à nourir.

Elida est le douzième enfant de Sara Suzanne. Très jeune, elle se marie avec Fredrik contre l’avis de sa mère, qui ne voit pas d’un bon oeil que sa fille épouse un poète qui n’a pas de réel métier. Elida et Fredrik s’aiment profondément et se comprennent sans se parler. Fredrik souffre de la fertilité de sa femme, qui n’en peut plus de passer son temps en couches. Lorsque Fredrik apprend qu’il est atteint d’une maladie grave, toute la grande famille part à Oslo pour qu’il s’y fasse soigner. Les enfants sont alors scolarisés dans une école du sud du pays et doivent endurer les remarques blessantes contre leur culture et leur langue du nord.

Puis, vient l’histoire de la mère de Herbjorg Wassmo, l’autrice de Cent ans. Enfant, elle fut placée dans une famille de garde puis retirée par sa mère qui l’obligea à couper les liens avec un homme et une femme qu’elle avait fini par considérer comme des parents. Adolescente, elle connut une histoire amoureuse épistolaire pendant la Seconde Guerre mondiale.

Que de personnages, de filiations, d’histoires d’amour, de naissances, de mariages et de deuils ! Cette lecture oblige à prioriser et la priorité n’est absolument pas de se souvenir de tous les arbres généalogiques. J’ai particulièrement aimé les histoires de Sara Suzanne et d’Elida, cette mère et sa fille ont beaucoup de point communs malgré leur rupture. Elles symbolisent toute la tristesse de la condition féminine de l’époque, qui vivait au rythme des grossesses non désirées. L’histoire d’amour entre Elida et Fredrik est particulièrement belle et complexe. Dans ce roman, j’ai aimé qu’il n’y ait pas de chose simple ni manichéenne. Certaines femmes peuvent être perçue de manière très dure par leur descendance et pourtant être racontée avec beaucoup d’empathie à travers leur histoire d’amour.

Il y a également du moins bon dans Cent ans : il est vrai que l’on finit par se perdre avec autant de personnages et aucun arbre généalogique. J’ai surtout été déçue par la narration de la dernière génération, qui n’est pas à la hauteur des autres. Le choix d’une narration épistolaire à la fin du livre est intéressante et originale mais ne me semble pas apporter de regard pertinent.

Néanmoins, cette lecture fut une très belle découverte et raconte l’ancienne Norvège, une Norvège des familles nombreuses et pauvres et de la discrimination des habitants du nord par ceux du sud. A lire donc !

Référence

Herbjorg Wassmo, Cent ans, éditions Gaïa, 500 pages, traduction de Luce Hinsch

2 commentaires sur « Cent ans -Herbjorg Wassmo »

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