Taxi Curaçao – Stefan Brijs

CURACAO

Max Tromp est un jeune gamin plein de rêves. Il passe son enfance dans les années 1960 sur l’île de Curaçao dans les Caraïbes. Comme beaucoup d’enfants de l’île, il n’est élevé pratiquement que par sa mère, son père ne faisant que des apparitions dans sa vie. Alors qu’il ne les aide pas financièrement et ne leur apporte aucun soutien moral, son père lui rappelle constamment l’ambition qu’il a pour lui : reprendre son business de chauffeur de taxi. Pourtant, Max est un très bon élève et rêve de devenir institeur et est soutenu pour cela par le religieux qui leur fait classe. Malheureusement, la dure réalité de l’île rattrape Max, qui sera contraint de prendre la suite de son père.

J’ai été surprise par l’attachement grandissant que j’ai ressenti pour Max au cours de cette lecture. Petit garçon intelligent et droit, il devient un homme bon, forcé d’abandonner ses rêves pour subvenir aux besoins de ses parents puis de son épouse. Il détonne par rapport au standard de masculinité de l’île mais n’en tient pas compte puisqu’il cherche son bonheur ailleurs que dans les représentations sociales.

Taxi Curaçao m’a ouvert les yeux sur une île que je ne connaissais absolument pas, en m’offrant son Histoire sociale et politique : il s’agit d’une Histoire mouvementée et chahutée par Les conflits sociaux et meutrie par la grande pauvreté de sa population, qui est toujours perdante. Au sein de cette fresque historique, se déroule la saga familiale des Tromp, qui a la vertu de soulever plusieurs thématiques intéressantes, du point de vue littéraire et même sociologique sans en avoir l’air. Stefan Brijs nous parle de filiation, d’héritage, de parenté et de paternité mais aussi de la puissance des contraintes sociales pesant sur les individus.

Comment mener sa vie de manière libre et choisie, où trouver son bonheur quand le jeu social est celui de la reproduction sociale et quand la seule option restante est de mettre sa vie en danger ?

Référence

Stefan Brijs, Taxi Curaçao, éditions Héloïse d’Ormesson, traduit par Daniel Cunin, 288 pages

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