Le mur invisible – Marlen Haushofer

HAUSHOFER3

La narratrice de ce roman passe des vacances dans le chalet  isolé de ses proches. Un soir, elle se couche alors qu’ils ne sont toujours pas rentrés de leur sortie au village voisin. Inquiète de ne pas les voir au petit matin, elle part à leur recherche et finit par tomber sur un mur invisible encerclant la zone où elle se trouve. Impossible d’y trouver une faille. De l’autre côté, elle aperçoit au loin des personnes qui semblent figées.

Plusieurs mois après cet événement, alors qu’elle est toujours la prisonnière solitaire de ce mur invisible dans la forêt autrichienne, elle décide de raconter son histoire, sans aucun espoir d’être lue un jour.

Le quotidien de cette femme est fait d’un travail manuel acharné (couper son bois de chauffage, chasser sa nourriture, bêcher et planter ses pommes de terre…) qui la rendent tellement lasse le soir qu’elle se couche presque immédiatement, ce qui ne lui laisse volontairement pas le temps de réfléchir à sa triste situation. Elle a la chance d’être accompagnée en permanence de Lynx, le chien de ses amis. Ce fidèle compagnon l’empêche de sombrer dans le désespoir ou la sort parfois de sombres rêveries lorsqu’elle est malade. Petit à petit, elle se constitue à la fois sa routine de labeur et sa nouvelle famille, animale. Entourée d’une chatte qui lui donnera plusieurs petit, de Lynx, d’une vache qui lui donnera un taureau, elle survit.

Quel émerveillement de voir qu’en 352 pages, Marlen Haushofer m’a tenue en haleine avec un seul personnage humain et une intrigue qui pourrait sembler routinière mais qui ne le devient jamais. Les gestes du quotidien sont magnifiés par leur puissance survivaliste. L’observation de la nature devient méticuleuse et on y redécouvre l’immense beauté et dangerosité de celle-ci. Quant à la narration de sa relation avec ses animaux, quelle claque de simplicité et d’humanité. La narratrice décortique le caractère et le quotidien des animaux qui l’entourrent à la manière de portraits d’humains. On se prend alors de passion pour eux et l’on frissonne à l’idée qu’il va leur arriver quelque chose. Car la grande puissance de ce roman est d’allier la simplicité et la justesse de la description de la faune et de la flore à la tragédie. L’alliance des deux en fait un magnifique roman plein de vie, qui se dévore en un rien de temps.

Bien évidemment, je recommande ce chef-d’oeuvre à tous les amateurs de nature writing et notamment à tous ceux qui ont aimé Dans la forêt de Jean Hegland (il m’a été impossible de ne pas penser à ce superbe roman américain en le lisant). Mais je suis persuadée qu’il peut également être une belle entrée en matière pour ceux qui ne connaissent pas ce genre littéraire.

Référence

Marlen Haushofer, Le mur invisible, éditions Babel, traduction de Lisette Bodo et Jacqueline Chambon, 352 pages

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5 commentaires sur « Le mur invisible – Marlen Haushofer »

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