Le bal des folles – Victoria Mas

MAS2« Depuis toujours, elles étaient les premières concernées par des décisions qu’on prenait sans leur accord. » (page 102)

En 1885, Louise est internée à la Salpêtrière. Elle a l’habitude d’être exposée à l’examen d’un amphithéâtre de médecins puisque le Docteur Charcot fait des démonstrations d’hypnose sur ses patientes. Elle vit au milieu de centaines de femmes internées pour des raisons diverses, à la fois pour des maladies psychiques mais aussi par des familles soucieuses de se débarrasser d’elles. C’est notamment le cas d’Eugénie, une jeune femme issue d’une famille bourgeoise. Eugénie voit les âmes des défunts et s’intéresse au spiritisme. Lorsqu’elle confie ce secret à sa grand-mère, son père et son frère l’internent immédiatement, ne pouvant prendre le risque que cela se sache dans leur société.

Tous les ans, l’hôpital organise un grand bal à la mi-carême, où est invitée toute la haute société parisienne, avide d’observer des « folles » se déguiser et danser. Pour les femmes internées, la préparation de cet événement est un événement en soi. C’est dans ce contexte qu’Eugénie arrive à la Salpêtrière, où elle attire l’attention de Geneviève, une infirmière dont le professionnalisme n’est plus à démontrer.

Voici un sujet passionnant, celui d’une triste pratique qui exista pendant des siècles : l’internement de femmes par leur famille, dans le but de se débarrasser de celles trop libres et indépendantes. Victoria Mas change le point de vue auquel nous étions habitués et plutôt que de faire parler les grands médecins comme Jean-Martin Charcot ou Gilles de La Tourette, ceux-ci ne sont plus que des personnages secondaires. Au contraire, elle offre le point de vue des internées et d’une infirmière, qui dans le monde contemporain, serait certainement médecin. L’ambition du Bal des folles est donc belle et louable.

L’écriture est plaisante à lire et compense la simplicité de l’intrigue du roman et le peu de profondeur des personnages. On se prend facilement de sympathie pour ces femmes, l’infirmière Geneviève comme Eugénie et Louise et on en vient à dévorer le Bal des folles, sans prendre garde à ses défauts. Page-turner, agréable à lire et grand public, ce sont déjà de belles qualités.

Référence

Victoria Mas, Le bal des folles, éditions Albin Michel, 251 pages

3 commentaires sur « Le bal des folles – Victoria Mas »

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