In Waves – AJ Dungo

DUNGOAJ Dungo a rencontré le grand amour quand il était lycéen. Kristen était une jeune femme altruiste et pleine de vie. Ils avaient une passion commune, celle du surf, mais ne purent presque jamais la vivre ensemble. Ce fut d’abord la faute des études puis celle de la maladie. Les médecins diagnostiquèrent un cancer des os à Kristen au début de sa relation avec AJ. Pour se battre contre ce cancer, elle prit la décision de se faire amputer de la jambe, ce qui ne l’empêcha pas de surfer de nouveau un jour. Mais en 2016, parce que son cancer a métastasé, il ne lui reste plus que six mois à vivre. 

« Cela vient par vagues. Le vide est constant. Mais le chagrin du deuil n’a pas de forme propre. Il va et il vient. »

A travers les dessins d’AJ Dungo, Kristen vit éternellement. Il raconte les souvenirs de Kristen comme si des vagues d’émotions l’envahissaient puis repartaient pour mieux revenir plus tard. Il fait le choix d’utiliser un très beau camaïeu de bleus pour la narration de leur relation : le bleu des vagues, celles de leur passion pour le surf et la mer et celles du deuil qui ne s’arrêtent pas d’aller et venir. Il se rémémore les moments marquants de leur relation tantôt avec humour, tantôt avec une intense émotion, parfois avec poésie et surtout avec la tristesse de la sensation de manque. Certaines scènes sont d’une très belle intensité tout en étant très juste, que ce soit pour dire le parfum de Kristen ou bien pour raconter l’instant parfait que fut un moment  simple, comme celui passé dans les bras l’un de l’autre.

Leur histoire est entremêlée avec celle de Duke Kahanamoku et de Tom Blake, qui ont tous les deux été à l’origine de la modernisation du surf et de sa popularisation : le premier, en étant un très grand champion de natation et de surf, et le second, en concevant et fabriquant des planches de surf légères, creuses et avec une dérive. L’alternance avec cette histoire du surf permet de prendre du recul, comme pour reprendre son souffle après les chapitres plus chargés émotionnellement. C’est un peu comme si AJ Dungo introduisait lui-même des vagues dans sa narration, par cette alternance d’histoires. J’aurais toutefois apprécié qu’il passe plus de temps sur chacune des histoires avant de passer à l’autre, cela m’aurait certainement aidée à entrer dans ces personnages. L’alternance trop fréquente aurait pu me donner l’impression de m’y perdre si je n’avais pas eu une longue plage de lecture pour lire cette BD en une fois. Mais ceci n’est qu’un petit bémol, ce livre méritant vraiment d’être découvert.

Référence

AJ Dungo, In Waves, éditions Casterman, traduction de Basile Béguerie, 375 pages

10 commentaires sur « In Waves – AJ Dungo »

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