Le grand cahier – Agota Kristof

KRISTOFPendant la Seconde Guerre mondiale, deux jeunes garçons sont laissés par leur mère chez leur grand-mère. Alors même que leur mère sait qu’ils risquent d’être maltraités, elle n’a pas d’autre choix, du fait du manque de nourriture en ville. Les jumeaux vivent totalement délaissés par leur grand-mère, qui ne leur procure que la nourriture qu’il leur manquait jusqu’à présent. Pour le reste, c’est à eux-mêmes de se débrouiller pour se vêtir, se laver, s’éduquer, etc. Malgré le fait qu’ils ne soient que des enfants, ils ont conscience qu’ils ne doivent pas se laisser aller et s’astreignent à des leçons scolaires et à des exercices très particuliers. Lucides sur le fait que la vie ne sera pas tendre avec eux, ils se mettent immédiatement à réaliser des exercices d’endurcissement pour être capable de supporter la douleur.

Parmi les devoirs qu’ils se donnent, il y a celui de réaliser une rédaction de deux pages dans un grand cahier, chacun de ces chapitres devant décrire leur quotidien. C’est ce grand cahier qui est l’objet de ce livre, les narrateurs étant un « nous », ces jumeaux n’existant pas individuellement.

« Les mots qui définissent les sentiments sont très vagues, il vaut mieux éviter leur emploi et s’en tenir à la description des objets, des êtres humains et de soi-même, c’est-à-dire à la description fidèle des faits. »

La très grande particularité de ce roman est donc son style, propre au choix de narration fait par les jumeaux, qui refusent de raconter autrement que par des faits. Ils reportent méticuleusement et de manière très succincte les faits saillants d’un épisode de leur journée : la visite chez le libraire, la saleté de la maison, la pédocriminalité d’un grand nombre de personnes de leur entourage, etc. Des scènes très violentes sont ainsi racontées de manière brutales, sans aucun recul de leur ressenti. Il m’a ainsi été très difficile de me faire un avis car au stade du premier tome de cette trilogie, je ne vois pas encore l’intérêt littéraire de ce choix narratif. Les deux frères sont confrontés à la violence en permanence, ils ne reçoivent aucun amour et ne voient que très peu d’actes de bienveillance. Tout est très sombre, mais je ne savais que faire de tout cela. Cette originalité a toutefois piqué ma curiosité et me fera ouvrir le second volume de cette saga : La Preuve.

Référence

Agota Kristof, Le grand cahier, éditions du seuil, 191 pages

7 commentaires sur « Le grand cahier – Agota Kristof »

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