Le petit-fils – Nickolas Butler

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« Lyle et Charlie avaient grandi ensemble dans des fermes voisines ; ils s’acquittaient de leurs corvées, allaient à l’école, jouaient au football et assistaient à l’école du dimanche ensemble. C’est la bénédiction et la malédiction la plus flagrante d’une petite ville : votre famille, vos amis, vos voisins, vos collègues de travail et votre paroisse ne cessent, semble-t-il, de vivre dans votre poche, de vous observer par la fenêtre ; ils sont assez proches de vous pour deviner si vous êtes heureux, triste, distrait, amoureux ou si vous avez une furieuse envie de disparaître à tout jamais. »

Lyle et Charlie sont très heureux de voir le retour de leur fille Shiloh chez eux, alors que la relations avec celle-ci fut particulièrement instable ces dernières années. Ils l’aident au mieux dans une situation de difficultés financières pour elle. Lyle profite du temps qu’il lui est ainsi offert avec son petit-fils pour nouer une relation qu’il espère ancrer profondément. Shiloh s’investit de plus en plus dans un mouvement religieux sectaire, les Coulee Lands, ce qui est de nature à inquiéter ses parents. Afin de maintenir un lien avec elle, ils décident d’épouser sa nouvelle foi alors même que Lyle est très sceptique en terme de religion. La relation que Shiloh développe avec le gourou de cette secte l’amène à se détacher progressivement de ses parents, ce que Lyle ne se résout pas à accepter, craignant de perdre son petit-fils.

Cette première lecture de Nickolas Butler est une réussite. Ses personnages m’ont touchée et celui de Lyle illustre avec sincérité l’inquiétude viscérale que ressent un grand-père à l’idée de perdre son petit-fils. A travers la perte potentielle d’Isaac à cause de l’éloignement de leur fille, il revit la perte tragique de son premier enfant. J’ai aimé ce grand-père, qui est un personnage profond, plein d’ambiguités, jamais caricatural. Tout en ayant des doutes sur la foi, il est prêt à faire de nombreuses concessions sur la religion et se pose beaucoup de questions. Il a des airs revêches tout en étant un être empathique et aimant. Lyle m’a fait découvrir ce à quoi ressemble l’anxiété des grand-parents concernant leurs petit-enfants sur lesquels ils n’ont pas de droit.

Nickolas Butler est un équilibriste qui ouvre les portes d’une petite secte de campagne et de son gourou malhonnête, tout en racontant l’histoire de ceux qui gravitent autour, sans jamais les traiter avec condescendance. Ici, il n’y a pas de morale, mais uniquement des personnages n’ayant pas déminé leur passé : un passé fait de la perte d’un enfant ou de l’abandon de parents.

Référence

Nickolas Bulter, Le petit-fils, éditions Stock, traduction de Mireille Vignol, 350 pages

Merci aux éditions Stock de m’avoir fait découvrir Nickolas Butler avec ce roman. 

4 commentaires sur « Le petit-fils – Nickolas Butler »

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