Le petit paradis – Joyce Carol Oates

OATES2Adriane Strohl est une jeune fille de 17 ans, travailleuse, bonne élève et curieuse.  Dans le monde dans lequel elle vit (les Etats d’Amérique du Nord – 23), cela lui cause de gros problèmes. Elle vit en effet dans un Etat totalitaire dans lequel il ne fait pas bon se démarquer des autres ni poser des questions pertinentes, même avec naïveté et sans arrière pensée. Cela lui vaut d’être envoyée en exil dans le passé, das une petite ville du Winsconsin en 1959. Là-bas, si elle se comporte convenablement pendant quatre ans, elle aura ensuite le droit de revenir d’exil. Elle espère ainsi retrouver sa famille à qui elle n’a pas pu dire au-revoir. Dans ce monde passé, elle tombe éperdument amoureuse d’Ira Wolfman, pour lequel elle choisit de prendre un certain nombre de risques.

Voici un roman qui m’a consternée, du début à la fin, et dans lequel je n’ai pas réussi à trouver un seul élément positif. Alors même que j’ai tendance à avandonner très rapidement les lectures qui ne me plaisent pas, je suis allée jusqu’au bout de celle-ci, persuadée que quelque chose allait bien finir par rattrapper ce très mauvais ressenti.

Cette dystopie s’installe de manière très laborieuse. Oubliant qu’elle est romanicère, Joyce Carol Oates passe des dizaines de pages à « expliquer » ce monde totalitaire, plutôt qu’à le « montrer » à travers sa narration. Quel ennui !

L’intrigue repose sur le fait qu’Adriane soit exilée dans le passé où elle doit faire semblant d’être une autre et où il lui est interdit de parler des EAN-23. Or, cela ne fait absolument aucun sens, ce qui m’a refroidie et a crée un certaine distance par rapport au roman.

Ce manque de crédibilité est renforcé par le peu de profondeur des personnages. Les camarades de classe d’Adriane sont à peine évoqués, ses parents plutôt traités de manière superficielle. Quant aux colocataires d’Adriane en 1959, elles ne sont qu’effleurées. Adriane, magré ses 17 ans, est d’une naïveté particulièrement agaçante. Or, la narration est à la première personne, de son point de vue donc, ce qui rend cette lecture plutôt pénible. Elle tombe immédiatement amoureuse de son prof de psychologie, sans que l’on comprenne ce qui l’attire chez lui. Cette passion qu’elle lui voue est d’une niaiserie confondante et consternante. Je n’y ai, une fois de plus, rien trouvé de crédible.

Pour couronner le tout, Joyce Carol Oates insiste régulièrement sur les différences entre les Etats-Unis de 1959 et les EAN-23, en usant de gros sabots et d’un nombre de répétitions inutiles. Certaines scènes n’ont d’ailleurs aucune utilité si ce n’est d’ajouter des pages supplémentaires au roman.

Mon incapacité à trouver un seul élément positif m’a troublée et je me suis jetée sur des critiques Goodreads, afin d’essayer de prendre un peu de recul sur cette lecture. Alors si vous l’avez lu, aimé ou non, votre avis m’intéresse grandement !

Référence

Joyce Carol Oates, Le petit paradis, éditions Philippe Rey, traduit par Christine Auché, 379 pages

6 commentaires sur « Le petit paradis – Joyce Carol Oates »

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