Bad girl – Nancy Huston

HUSTON3Nancy Huston écrit son autobiographie, qu’elle raconte en se parlant au foetus qu’elle était dans le ventre de sa mère, en lui disant « tu ». Quelles empreintes laisse la vie intra-utérine sur l’enfant ? Elle raconte sa conception, le fait qu’elle n’était pas du tout désirée par sa mère.

Elle commence donc par écrire l’histoire de ses parents, qui sont ceux qui ont eu la première influence sur elle. Son père, véritable casse-cou quand il était enfant puis jeune adulte, a certainement dû subir une lésion cérébrale lors d’un accident. Cela expliquerait ses migraines, maux aux sinus et sa confusion mentale permanente. Sa mère rêvait de pouvoir concilier sa vie de famille, des études et un travail, ce qui faisait de Nancy Huston un poids supplémentaire. Privée d’une stabilité parentale et de la stabilité de l’amour maternel, elle se compare à Romain Gary : à la place, elle cherchera à travers une empathie très développée à s’aimer à travers les autres. C’est certainement pour cela qu’elle est devenue romancière, explique-t-elle. Une autre classe de littérature, héritée de ses parents, est l’apprentissage de la réinvention de paroles de chansons populaires. La musique fut particulièrement importante pour elle et le piano lui apprit à exprimer ses émotions à travers les compositions des autres.

Les déménagements successifs de sa famille puis d’elle-même à l’âge adulte (Canada, New-York, France) expliquent, quant à eux, son besoin de changer en permanence d’univers dans ses romans.

A travers ce texte passionnant, Nancy Huston répond à la question : comment devient-on romancière ? Quelles classes de littérature faut-il faire ? Ce sont des questions qui intéresseront les passionnés de littérature et ceux qui écrivent de la fiction eux-mêmes. J’ai particulièrement apprécié les nombreuses parenthèses-ouvertures qu’elle fait, sur d’autres artistes et écrivains. La forme du récit est originale mais n’empiète pas pour autant sur l’autobiographie. Elle montre beaucoup de recul et d’analyse, le tout étant écrit avec finesse.

Finalement, elle nous apprend que pour elle, il n’y eut pas d’apprentissage « scolaire » pour devenir écrivain, la vie et ses douleurs étant sa source d’apprentissage, sa propre classe de littérature.

Référence

Nancy Huston, Bad girl, Classes de littérature, éditions Actes Sud, 266 pages

4 commentaires sur « Bad girl – Nancy Huston »

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