La nuit des béguines – Aline Kiner

kiner2« Mais quoi qu’il en soit, toute femme n’étant ni épouse ni nonne est suspecte. Surtout lorsqu’elle s’acharne à prêcher, usurpant les privilèges du clergé. Et des hommes. » (page 79)

Au début du XIVème siècle, Maheut, jeune femme originaire de Valenciennes, trouve refuge chez les béguines. Elle s’est enfuie de chez elle une semaine après son mariage forcé, afin d’échapper à son mari et à cette vie dont elle ne veut pas. Ysabel, une des plus anciennes béguines, en charge de l’hôpital, la soigne et la prend sous son aile. Elle détient la connaissance des plantes médicinales et s’en sert au quotidien dans son travail au sein de la communauté. Maheut finit par être placée chez Jeanne du Faut, une béguine qui vit en dehors du clos royal et qui propsère grâce à son activité autour des étoffes et de le soie.

Alice Kiner a reproduit, grâce à son roman, la communauté des béguines de Paris, malheureusement peu connue. Cela m’a rappelé avec plaisir ma propre découverte de deux béguinages il y a quelques années : ceux de Bruges et de Gand. Elle arrive à redonner vie à une communauté qui s’est pourtant éteinte il y a de nombreux siècles, et elle le fait avec une fidélité historique et sans forcer les descriptions. J’ai eu l’impression de lire un roman-documentaire, qui m’a passionnée. On y découvre des femmes unies par le souhait de vivre de manière indépendante (bien souvent après le deuil d’un époux et suite au refus de se remarier), de travailler pour vivre, tout en suivant les préceptes de la religion catholique. Leur situation crée un certain nombre de jalousies et le début du XIVème siècle marque un tourant pour elles. C’est aussi la période de la fin des Templiers, de la barbarie du roi Philippe le Bel, et elles s’attendent à ce qu’un décret leur retire bientôt leur statut.

Je me suis immédiatement passionnée pour La nuit des béguines, y trouvant un portrait très vivant de ce que j’avais pu imaginer lors de mes propres visites en Belgique dans des béguinages et dans des musées. Je regrette toutefois le fait que le personnage de Maheut n’ait pas été plus étoffé. On s’attend en effet à ce qu’elle ait une place plus centrale mais ce n’est finalement le cas d’aucune béguine. L’intrigue prend un coup de mou passée la moitié du livre et aurait gagné à être raccourcie, certains passages étant trop longs. Mais je le considère tout de même comme un très bon roman, et le recommande à tous les lecteurs curieux du Moyen âge et des récits fictifs ou historiques de vies en communauté.

Référence

Aline Kiner, La nuit des béguines, éditions Liana Lévi, 331 pages

4 commentaires sur « La nuit des béguines – Aline Kiner »

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