Devenir – Michelle Obama

OBAMA2« Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. A vous de vous en emparer. » (page 11)

J’attendais la sortie en France des mémoires de Michelle Obama avec impatience et j’ai pourtant pris mon temps pour lire ce gros pavé de plus de 500 pages. Non pas qu’il ne me plaisait pas, au contraire, puisque cette lecture fut un coup de coeur. Mais engagée dans de nombreuses autres lectures que je devais terminer, notamment pour les Bibliomaniacs, j’étais contrainte de poser régulièrement ce livre. Et à chaque fois que je me suis replongée dedans, ce fut avec une grande facilité et beaucoup de plaisir.

Michelle Obama raconte d’abord son enfance dans le sud de Chicago : une enfance heureuse, entourée de sa famille. Elle grandit dans un quartier populaire, consciente des difficultés financières de ses parents et raconte ses années de jeunesse sans auto-apitoiement. J’ai aimé la sobriété et la sincérité qui se dégagent Lire la suite de « Devenir – Michelle Obama »

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Bibliomaniacs – Episode 59

Je suis particulièrement enchantée de ce 59ème épisode des Bibliomaniacs car ce programme est passionnant : émancipation féminine, éducation, famille, relation maternelle et paternelle… Nous y parlons notamment de :

  • Une éducation de Tara Westover chez JC Lattès
  • L’empreinte d’Alexandria Marzano-Lesnevich chez Sonatine
  • Lucy in the sky de Pete Fromm chez Gallmeister (poche Totem)

Pour l’écouter, vous pouvez le télécharger sur notre site ou bien utiliser Deezer, Spotify ou iTunes. Et surtout, pensez à attribuer plein d’étoiles à notre podcast sur iTunes, cela nous permettra de mieux le faire connaître et donc de donner envie de lire à encore plus de lecteurs.

Bonne écoute !

Mon bilan de février

Les coups de coeur sont rares par ici et je n’en ai pas eu en février. J’ai toutefois fait plusieurs belles lectures, que je vous partage en images.

En ce qui concerne la rentrée littéraire d’hiver 2019, je n’en ai lu que peu de livres mais pour le moment, je n’ai été emballée par aucun d’entre eux. J’espère vraiment l’être par Une éducation de Tara Westover, que je compte lire en mars !

Mes jolies lectures

 

Mes abandons

 

Lectures en cours et à venir

Le sillon – Valérie Manteau

MANTEAU2Valérie Manteau part retrouver son petit ami turc à Istanbul, et emménage chez lui. Elle cherche un sujet d’écriture qui lui permette de parler à la fois de cette ville, de ses habitants, de l’Histoire turque et de la situation sociale et politique du pays. Elle s’étonne de la disproportion entre les actions de soutien des turcs après les attentats de Charlie Hebdo et l’absence totale d’intérêt des français suite au meurtre du journaliste Hrant Dink en 2007. Ce grand journaliste turc d’origine arménienne devient donc la raison d’être de ses déambulations dans Istanbul. Elle ne se déplace presque plus sans sa biographie et ses rencontres deviennent l’occasion d’en apprendre plus sur lui et sur la situation du journalisme et des droits de l’Homme en Turquie.

Valérie Manteau m’a fait voyager, je me suis sentie dans une bulle le temps d’une après-midi de lecture. Son récit de son année dans cette ville très jeune et vivante m’a émerveillée. Et petit à petit, en même temps qu’elle prenait conscience de la dangerosité de la situation pour les penseurs libres, cet émerveillement s’est transformé en une tristesse pour ce pays. Là où je m’attendais à lire une histoire d’amour, l’Histoire a pris le pas sur l’individu et je n’en ai pas été déçue. Lire la suite de « Le sillon – Valérie Manteau »

Biblimaniacs – L’émission de janvier 2019 est en ligne !

Pour ce début d’année 2019, nous avons enregistré une émission que j’ai beaucoup aimé préparer. Non seulement cela m’a permis de découvrir Henry James, que je n’avais jamais lu, mais mon envie de voyager en Ecosse a été ravivée par le gros coups de coeur eu en lisant Peter May.

L’émission de janvier est disponible ici mais aussi sur iTunes, Deezer et Spotify.

Bonne écoute !

Qui a tué mon père – Edouard Louis

LOUIS3Dans ce petit livre qui pourrait être défini comme un récit autobiographique à caractère d’essai socio-politique (puisque ce n’est pas un roman, contrairement à ce que je pensais en l’ouvrant), Edouard Louis raconte l’histoire de son père comme une illustration du déterminisme social.

Ayant abandonné sa scolarité très tôt, son père travailla à l’usine, la même qui accueillit toute sa famille. Les deux hommes n’ont jamais su se parler et Edouard Louis ne s’est jamais senti aimé de son père, qui lui a régulièrement montré des preuves de dégoût à son égard.

« Est-ce qu’il est normal d’avoir honte d’aimer ? »

Comme dans les livres précédents d’Edouard Louis, son rapport au père et le rapport de celui-ci à la masculinité tient une place importante. Mais contrairement à Lire la suite de « Qui a tué mon père – Edouard Louis »

Le Paris des curieux – Michel Dansel

PARIS CURIEUXDans le Paris des curieux, Michel Dansel nous emmène en balade dans des lieux parisiens renommés et dans des petits coins plus intimistes. Il dévoile l’Histoire d’un lieu, son rapport avec le passé de Paris et met en lumière la vie culturelle et artistique parisienne à travers d’autres endroits. Chacun y apprendra plus ou moins de secrets, en fonction de son niveau de connaissance de Paris.

Le livre pourra donner des idées de sorties pour boire un verre ou manger (au Train bleu par exemple, ou à la Closerie des Lilas..) tout comme des idées de balades originales (le Pont Caulaincourt, ou encore les cimetières…). Illustré par des dessins très fins et avec une jolie mise en page, le Paris des curieux est un livre agréable à feuilleter. Je n’ai qu’un regret, le peu d’exactitude historique de certaines considérations qui m’ont parfois semblé assez simplistes. Mais là n’est pas l’objet de ce livre, dont la vocation est de donner envie de découvrir Paris différemment.

Référence

Michel Dansel, Le Paris des curieux, éditions Larousse, 320 pages

Merci aux éditions Larousse pour ces découvertes parisiennes.

L’origine des autres – Toni Morrison

MORRISON« La race est la classification d’une espèce et nous sommes la race humaine, point final. Alors quelle est cette autre chose : l’hostilité, le racisme social, la fabrication de l’Autre ? » (page 25)

La race est une idée et non un fait. Pour l’instaurer, il a donc fallu développer l’idée d’une altérité : fabriquer l’Autre. Ce processus est notamment passé à travers la littérature. La case de l’oncle Tom n’a ainsi pas été écrit pour les noirs mais pour les blancs. Cette littérature a permis aux blancs de cautionner des actes inhumains en les justifiant par le fait que les noirs avaient besoin de cette domination du fait de leur infériorité.

En réalité, les noirs furent indispensables à une définition blanche de l’humanité. En fabriquant un Autre noir, les blancs américains créaient leur propre identité.

« La nécessité de faire de l’esclave une espèce étrangère semble une tentative désespérée pour confirmer que l’on est soi-même normal. » (p.34)

Ce livre de Toni Morrison est extrêmement riche car il puise à la fois dans l’Histoire américaine mais aussi dans la sociologie, afin de comprendre comment et pourquoi le racisme est né aux Etats-Unis. Lire la suite de « L’origine des autres – Toni Morrison »

King Kong Théorie – Virginie Despentes

 

Despentes

« D’où cette proposition simple : allez tous vous faire enculer, avec votre condescendance à notre endroit, vos singeries de force garantie par le collectif, de protection ponctuelle ou vos manipulations de victimes, pour qui l’émancipation féminine serait difficile à supporter. Ce qui est difficile, c’est encore d’être une femme, et d’endurer toutes vos conneries. Les avantages que vous tirez de votre oppression sont en définitive piégés. Quand vous défendez vos prérogatives de mâles, vous êtes comme ces domestiques des grands hôtels qui se prennent pour les propriétaires des lieux… des larbins arrogants, et c’est tout. » (page 150)

Voici un essai percutant, à la fois par les idées qui y sont passées mais aussi par la forme directe et provocatrice du texte !

Virginie Despentes livre sa vision du féminisme et dénonce pour cela un certain nombre d’idées reçues. Elle attaque l’idéal de la belle femme blanche et plaint les hommes qui voudraient sortir du cliché de la virilité qui les contraint souvent à un comportement contraire à leur personnalité ou à ce qu’ils voudraient être. Lire la suite de « King Kong Théorie – Virginie Despentes »

Les passeurs de livres de Daraya, une bibliothèque secrète en Syrie – Delphine Minoui

MinouiAhmad est un jeune homme de 23 ans, ancien étudiant en génie civil à Damas, il vit dans la banlieue de cette ville, à Daraya. Après avoir découvert l’existence d’un groupe Facebook de résistants pacifiques, Delphine Minoui prend contact avec lui pour la première fois en octobre 2015. Ahmad fait alors partie des 12 000 derniers survivants de Daraya, une ville encerclée par l’armée de Bachar Al-Assad. Leurs premiers contacts se font sur Skype puis via WhatsApp.

Delphine Minoui apprend par Ahmad qu’il fait partie d’un réseau d’hommes ayant fondé une bibliothèque de plusieurs milliers de livres récupérés parmi les gravas des immeubles. Ce lieu, ouvert de 9h à 17h tous les jours sauf le vendredi, est fréquenté quotidiennement par 25 hommes environ. Les livres qui ont le plus de succès sont L’alchimiste de Paulo Coelho, les livres sur la démocratie et notamment ceux du philosophe tunisien du XIVème siècle Ibn Khaldoun, ainsi que les livres de développement personnel américains qui procurent une vision positive de l’avenir.

La fonction de ces livres est multiple pour ces hommes et femmes contraints à se terrer dans des caves pendant que des dizaines de bombes sont larguées par hélicoptère chaque jour : s’évader, s’enrichir, s’instruire, poursuivre des études qui ont été stoppées, préparer leur prochain systèmes politique, se divertir, se maintenir en vie.

« Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d’instruction massive. » (page 12)

Bien évidemment, Delphine Minoui ne peut pas raconter l’histoire et le quotidien de cette bibliothèque secrète sans parler de ce à quoi ressemble la vie des habitants de Daraya. Ils ne sont plus qu’un peu plus de 8 000 quand la ville est totalement coupée et assiégée. Les habitants vivent dans la faim et la peur constante, conscients qu’ils risquent de mourir dans leur sommeil. Se réunir à la bibliothèque constitue une parenthèse de vie : Lire la suite de « Les passeurs de livres de Daraya, une bibliothèque secrète en Syrie – Delphine Minoui »