La petite danseuse de quatorze ans – Camille Laurens

DegasMarie Van Goethem est née à Paris le 7 juin 1865. Elle ne fut jamais connue sous ce nom et l’Histoire n’aurait rien retenu d’elle si Edgar Degas ne s’en était pas inspirée comme d’un modèle pour réaliser sa sculpture très connue exposée aujourd’hui à la National Gallery of Art de Washington.

« Savait-elle, quand elle posait dans son atelier, que grâce à lui elle mourrait moins que les autres petites filles ? Stupide question, comme si l’oeuvre comptait plus que la vie. »

Camille Laurens a toujours été très touchée par cette sculpture en cire, qui fut pourtant source de polémique et de nombreuses critiques lors de son exposition en 1881. En effet, elle ne correspondait absolument pas aux normes de beauté de l’époque et choqua la bourgeoisie. L’écrivaine se pose la question des intentions d’Edgar Degas en choisissant ce sujet et en le modelant de la sorte : cherche-t-il à donner foi aux théories physionomistes de l’époque, à dénoncer les conditions de travail des petits rats de l’opéra qui finiront pour la plupart prostituées ?  Lire la suite de « La petite danseuse de quatorze ans – Camille Laurens »

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« Je me promets d’éclatantes revanches » – Valentine Goby

IMG_20170723_211929_859Lorsqu’elle eut le projet d’écrire le roman qu’elle intitula Kinderzimmer, Valentine Goby ne connaissait pas Charlotte Delbo. Elle entendit son nom pour la première fois en écoutant la femme dont la vie lui inspira Kinderzimmer.

Valentine Goby se mit alors à lire toute l’oeuvre de Charlotte Delbo à la médiathèque. En effet, elle fit immédiatement le constat qu’il était difficile de se procurer ses livres, d’autant plus qu’il n’ont jamais été publiés au format poche. Elle est immédiatement happée par son écriture, tout en étant incapable de s’expliquer cette fascination.

Charlotte Delbo est une rescapée des camps de concentration et d’extermination nazis, où elle fut envoyée pour faits de résistance. Après son retour de Pologne, elle écrivit une quinzaine de textes, allant du récit au théâtre, sur ces terribles années.

Trois ans après la publication de Kinderzimmer aux éditions Actes Sud, Valentine Goby publie cet essai littéraire, où elle raconte sa découverte de cette écrivaine et s’interroge sur sa propre réception de cette oeuvre littéraire.

« Charlotte Delbo incarne évidemment une page d’histoire, mais surtout l’incroyable capacité de la langue à se renouveler, à révéler les mondes invisibles, à faire entendre les voix muettes. » (page 81)

Valentine Goby transmet à ses lecteurs cette fascination pour les textes de Charlotte Delbo avec un très grand soin et une émotion très forte. Elle raconte la façon dont certains textes l’ont touchée, Lire la suite de « « Je me promets d’éclatantes revanches » – Valentine Goby »

Géopolitique du moustique – Erik Orsenna

IMG_20170617_092332_970Les moustiques sont une illustration très parlante et concrète de la mondialisation : ils sont présents partout dans le monde mais ne causent pas les mêmes dégâts dans les régions où on les trouve. Le moustique est un insecte qui a tout compris du manuel de survie dans une ère globalisée : il est petit, mange de tout, habite partout, se reproduit à une vitesse folle, est sociable et aime la diversité. Il s’adapte donc à tout pour survivre.

Le problème est que le moustique est l’être vivant qui tue le plus sur Terre : il est le vecteur d’un nombre impressionnant de maladies (chikungunya, paludisme, Zika, fièvre jaune, fièvre japonaise, dengue…). Le paludisme à lui seul tue plus de 400 000 personnes chaque année. Lire la suite de « Géopolitique du moustique – Erik Orsenna »

La marche du cavalier – Geneviève Brisac

54142_couverture_hres_0Geneviève Brisac parle des écrivaines qu’elle aime. Elle raconte certains de leurs romans et ce qui l’a touchée dans leurs personnages, leur façon d’écrire et de raconter. Elle parle essentiellement d’écrivaines dont je n’avais personnellement jamais entendu parler (Grace Perley, Ludmila Oulitskaïa, Flannery O’Conner, etc.).

Dans « l’introduction » de cet essai, se trouve une question très intéressante, cachée au milieu d’un nombre considérable de grandes considérations sociales et politiques parfaitement vagues  (et dont on peut légitimement douter de la valeur) :

« Y a-t-il une littérature féminine ? » (page 11)

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