Le silence de la mer (et autres récits) – Vercors

VERCORSPendant l’Occupation allemande, un jeune soldat allemand candide et plein d’idéaux est logé au sein d’un foyer français. Tous les soirs, il rejoint le maître des lieux et sa nièce, qui l’écoutent et le regardent sans dire un mot. Voilà leur manière de résister : ne pas fraterniser avec l’ennemi, garder leur honneur. Vercors se contente d’observer ces deux français et de raconter leurs réactions. Ils ne disent rien et pourtant cette nouvelle est très dense. On y voit notamment l’évolution de la pensée du soldat, qui se rend compte de l’horreur de la doctrine en laquelle il croyait mais qu’il ne peut se résoudre à trahir. Vercors montre également l’évolution des sentiments de la jeune fille, qui fait malgré tout le choix de sa patrie. Ce texte est une superbe leçon d’écriture, où en une cinquantaine de pages Vercors donne une magnifique leçon sur le fameux « show it don’t tell ». Lire la suite de « Le silence de la mer (et autres récits) – Vercors »

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Bibliomaniacs – Episode 60

Nous voici de retour avec un nouvel épisode de notre podcast littéraire, et de très belles lectures :

  • Cent ans de Herbjorg Wassmo chez Gaïa
  • Le silence de la mer de Vercors au Livre de Poche
  • Cristallisation secrète de Yoko Ogawa chez Actes Sud

Très bonne écoute !

Bibliomaniacs – Episode 58

Voici un épisode un peu particulier pour moi car je n’ai malheureusement pas pu participer à son enregistrement. C’était vraiment dur à admettre car ce 58ème épisode marquait les 5 ans des Bibliomaniacs et son affiche était vraiment top ! Les copines ont parlé des livres suivants :

  • « Les heures rouges » de Leni Zumas, traduit par Anne Rabinovitch, publié aux Presses de la Cité, 408 pages.
  • « Tess d’Uberville » de Thomas Hardy, publié au Livre de Poche, traduit par Madeleine Rolland, 474 pages.
  • « Moi ce que j’aime c’est les monstres » d’Emil Ferris, publié chez Monsieur Toussaint Louverture, 416 pages

Il n’y a que le dernier livre que je n’ai pas lu, faute d’ouverture d’esprit : en le feuilletant, j’ai fait un blocage sur les dessins. Lorsque je lis une BD, il est important que je puisse me sentir à l’aise avec le graphisme et ce n’était pas le cas. Je pense que je me serais peut-être forcée avec une BD plus courte mais cette lecture me semblait vraiment trop ambitieuse.

Voici le lien pour aller l’écouter.

Le tour d’écrou – Henry James

JAMES2Une jeune gouvernante raconte dans son journal intime son expérience au sein d’une maison anglaise, où elle eut pour tâche de s’occuper de deux orphelins, Flora et Miles. Miles s’étant fait renvoyer de son école privée, elle dut s’occuper de son éducation, sans savoir précisément quelle faute il avait commise, mais tout en se doutant d’une problématique de comportement.

Elle se rend rapidement compte qu’il se passe des choses étranges, surnaturelles, le jour où elle assiste à l’apparition de fantômes dans la propriété. Elle ne souhaite pas déranger l’oncle des enfants, le maître des lieux, qui vit à Londres. Elle souhaite toutefois tout faire pour aider les enfants.

Avec beaucoup de malice, Henry James piège son lecteur dans une histoire de fantômes dont il est impossible de sortir sans être allé jusqu’au bout. Je suis particulièrement friande de ces romans qui commencent par des introduction sous la forme de mystérieuses scènes de journal intime retrouvé. Dès les premières pages, Lire la suite de « Le tour d’écrou – Henry James »

Biblimaniacs – L’émission de janvier 2019 est en ligne !

Pour ce début d’année 2019, nous avons enregistré une émission que j’ai beaucoup aimé préparer. Non seulement cela m’a permis de découvrir Henry James, que je n’avais jamais lu, mais mon envie de voyager en Ecosse a été ravivée par le gros coups de coeur eu en lisant Peter May.

L’émission de janvier est disponible ici mais aussi sur iTunes, Deezer et Spotify.

Bonne écoute !

Contes de l’âge du jazz – Francis Scott Fitzgerald

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« Après tout, qu’est-ce que l’intelligence ? Juste la délicatesse de semer quand personne ne regarde et de récolter quand tout le monde le voit. » (page 416)

Quoi de mieux, dans une période de panne de lecture, que de se plonger dans un recueil de nouvelles d’un écrivain que l’on adore ? Cela fait plusieurs années que je suis une grande admiratrice de Francis Scott Fitzgerald, à la fois pour ses nouvelles mais surtout pour ses magnifiques romans. J’y ai toujours trouvé beaucoup de justesse et de délicatesse.

Les Contes de l’âge du jazz rassemblent beaucoup de ses nouvelles, dont certaines sont très connues (je pense par exemple à L’étrange histoire de Benjamin Button, que j’avais déjà lue il y a quelques années et que je n’ai pas relue car elle m’avait déçue). Dans ce recueil, on retrouve l’ambiance des textes de F.S. Fitgerald : des histoires de couple, de déceptions amoureuses, mais aussi des scènes de soirées américaines, avec musique, danse et déguisements. Lire la suite de « Contes de l’âge du jazz – Francis Scott Fitzgerald »

Mon bilan de septembre

Après un passage à la médiathèque, je me suis plongée de nouveau dans quelques bandes-dessinées. Cela faisait longtemps et ça fait du bien !

Un coup de coeur ?

Malheureusement, non. J’ai fait de très belles découvertes mais soit il m’a manqué quelque chose, soit il y avait trop de violence pour que cela se transforme en coup de coeur.

Mes belles lectures

Mes abandons et déceptions

Lectures en cours et à venir

Mes plus belles lectures 2017

2017 m’aura permis de redécouvrir Romain Gary, écrivain dont je n’aurais jamais soupçonné la capacité à m’émerveiller après une première lecture catastrophique de l’un de ses romans, il y a plusieurs années.

Grâce aux Bibliomaniacs, j’ai également fait beaucoup de magnifiques découvertes, comme Catherine Cusset, Jean Hegland, Julia Kerninon, Jacques Roumain, Nathan Hill…

Voici, en images, mes coups de coeur 2017 :

 

La promesse de l’aube – Romain Gary

GARY« […] plus je regardais le visage vieilli, fatigué, de ma mère, et plus mon sens de l’injustice et ma volonté de redresser le monde et de le rendre honorable grandissaient en moi. J’écrivais tard dans la nuit. » (page 184)

Romain Gary, de son vrai nom Romain Kacew, n’a presque pas vécu avec son père et sa mère dut se débrouiller seule pour l’élever. Cette femme extravagante dotée d’un caractère affirmé a profondément marqué l’homme qu’il est devenu. Ils ont émigré de Russie en passant par la Pologne où il sont restés quelques temps avant de rejoindre le sud de la France.

Sa mère fut particulièrement présente dans la construction de son identité. Elle lui asséna l’idée qu’il allait devenir un grand homme, qu’il ferait de belles études, serait un grand artiste reconnu, officier puis ambassadeur. Elle tourna toute sa vie autour de son fils, afin qu’il réalise les ambitions qu’elle avait pour lui. Elle cumula les petits boulots pour qu’il soit toujours bien vêtu, bien nourri et qu’il étudie dans une bonne école. A la fin des années 1920, quand ils arrivent à Nice, elle en arrive à vendre de l’argenterie, à investir dans une société de taxi et à tenir un hôtel pension. Elle a une vraie âme de commercial et d’entrepreneur et une énergie folle quand il s’agit de mettre toutes les chances de son côté pour la réussite de son fils.

« Avec, au cœur, un tel besoin d’élévation, tout devenait abîme et chute. » (p. 366)

Il finit par intégrer une école militaire, puis l’armée de l’air pendant la Seconde Guerre mondiale et rejoignit les partisans de De Gaulle en Angleterre puis en Afrique du Nord.

Quel chef-d’oeuvre incroyable !

Du début à la fin du récit, j’ai été époustouflée par chaque choix de mot, par la justesse des phrases, par la finesse de la pensée de Romain Gary. La narration de chacune de chacun de ses souvenirs est à la fois pleine de beauté et source d’émerveillement. Je suis sortie de cette lecture avec la sensation d’avoir découvert ce qu’était la lumière et le regret de ne pas l’avoir découvert plus tôt. Lire la suite de « La promesse de l’aube – Romain Gary »

Epépé – Ferenc Karinthy

IMG_20171117_221249_335Dubaï est un linguiste hongrois qui s’envole en avion afin de participer à une conférence à Helsinki. Mais ce n’est qu’une fois arrivé à l’hôtel qu’il se rend compte que son avion n’est pas arrivé à bon port : sous le coup de la fatigue, de la foule et de l’empressement, il ne s’est pas rendu compte qu’il était dans une ville inconnue, qu’il était monté dans un bus par mécanisme et qu’on lui avait pris son passeport et gardé ses valises.

A l’hôtel, il se rend compte qu’il est incapable de comprendre un seul mot de la langue parlée dans cette ville. Il n’est pas plus capable de déchiffrer l’écriture de cette langue alors même qu’il est linguiste et qu’il en parle deux douzaines ! Dubaï erre dans la ville, impuissant et en colère : non seulement il n’arrive pas à obtenir de l’aide des habitants de cette mystérieuse cité mais il ne sait pas non plus se débrouiller pour arriver à commander un repas au restaurant. Comment se sortir de ce cauchemar linguistique ?

Il est rare d’être touché par un livre au point de savoir au bout de cinq pages ce que nous en penserons tout du long. Ce fut le cas avec celui-ci, qui m’a profondément ennuyée dès le début.

L’idée d’un linguiste perdu parmi des personnes dont il ne comprend pas la langue est une idée brillante mais l’histoire est racontée de manière bien trop plate pour que j’y trouve un quelconque intérêt. La tâche est bien évidemment difficile puisque les dialogues sont pratiquement absents, du fait de la nature de l’intrigue. Or, les dialogues ont toujours constitué pour moi un outil de dynamisme et de vie dans un livre. Dubaï n’arrivant pas à communiquer, il est l’unique personnage de ce roman, les autres personnes constituant un groupe incompréhensible dont peu se détachent et dont on ne sait absolument rien. Dès lors, l’identification est impossible. Lire la suite de « Epépé – Ferenc Karinthy »