Papa Longues-Jambes – Jean Webster

Jerusha Abbott est une jeune femme de 17 ans qui vit dans un orphelinat aux Etats-Unis au début du XXème siècle. Bien qu’elle n’ait plus l’âge d’y résider, elle y vit parce qu’en contrepartie, elle travaille pour l’orphelinat en s’occupant des enfants. Un jour, elle est informée qu’un généreux donateur qu’elle ne connaît pas (et qu’elle décidera d’appeler Papa Longues-Jambes) lui offre de lui payer l’Université. Il estime, d’après des dires, qu’elle serait capable de devenir écrivaine et souhaite ainsi financer ses études.

Jean Webster écrit ce roman jeunesse sous la forme épistolaire et ce sont les lettres écrites par Jerusha à son mystérieux donateur, que nous lisons. En acceptant son don, elle a également dû s’engager à lui donner de ses nouvelles tout en sachant qu’il ne lui répondrait jamais.

Le roman se lit particulièrement vite et facilement car il est d’abord très plaisant. J’ai beaucoup aimé m’imaginer le quotidien de cette jeune femme au début du XXème siècle dans une université américaine. Ce contexte avait quelque chose de particulièrement grisant, et je visualisais les vieilles bâtisses en pierre rouge avec du lierre grimpant, ainsi que les costumes des personnages. La forme épistolaire participe certainement à un certain dynamisme de la narration, qui rend la lecture d’autant plus accessible pour le jeune public. J’ai toutefois été assez gênée par un défaut qui me semble de taille : le ton et les tournures employées par Jerusha dans ses lettres n’ont rien de vraisemblable. En effet, Jerusha raconte son quotidien comme si elle n’avait qu’une douzaine d’années environ. Il y a une candeur et un ton bien trop enfantin dans ses écrits pour que ses lettres soient crédibles. J’ai réussi à passer outre ce défaut, en me disant que c’était certainement voulu, pour rendre la lecture plus agréable aux enfants/ados lecteurs. Malheureusement, je ne suis pas certaine que d’autres lecteurs adultes arriveront à ne pas en tenir rigueur à Jean Webster.

Référence

Jean Webster, Papa Longues-Jambes, éditions Flammarion, traduit par Michelle Esclapez, 224 pages

La petite princesse – Frances H. Burnett

Faut-il résumer ce grand classique de la littérature jeunesse ? Sarah est une petite fille quand elle arrive à Londres. Auparavant, elle vivait avec son père aux Indes, élevé uniquement par lui, sa mère étant décédée en couches. Il la place dans un pensionnat pour parfaire son éducation de future jeune femme de la haute société anglaise. Elle y vit comme une reine, dans une somptueuse chambre et ne manque de rien. Elle a beau avoir tout pour elle, elle reste une petite fille généreuse et gentille avec ses camarades et n’a jamais un mot plus haut que l’autre. Un jour, on lui apprend que son père est décédé après avoir perdu toute sa fortune. N’ayant aucun parent, elle devient pauvre et orpheline du jour au lendemain. La directrice du pensionnat la garde donc chez elle, à condition qu’elle devienne une servante. La vie de Sarah change alors du tout au tout.

Quel plaisir immense de relire ce roman qui m’avait tant émerveillée dans mon enfance ! Certes, beaucoup de réactions de Sarah sont très caricaturales et le perfectionnisme de son caractère peut avoir de quoi en agacer plus d’un, mais je n’ai guère prêté d’attention à cela, trop en joie de cette relecture. Lire La Petite Princesse ouvre un imaginaire qui a tout pour me plaire puisqu’on se retrouve plongé dans la ville de Londres au XIXème siècle, où surgit un univers exotique, celui des Indes anglaises. Sarah a une imagination foisonnante et un optimisme à toute épreuve, qui m’ont enchantée. Je ne peux que recommander chaleureusement de lire ce joli roman, et notamment avec ses enfants.

Référence

Frances H. Burnett, La petite princesse, éditions Folio, traduction de Paulette Vielhomme-Calais, 288 pages

Mon bilan d’octobre

Le mois d’octobre ayant été synonyme pour moi de temps, j’ai pu faire plus de lectures que d’ordinaires. Je me suis notamment tournée vers des livres jeunesse, en vue de la préparation d’un épisode de Bibliomaniacs avec Claire (épisode que nous devrions enregistrer et diffuser en début d’année prochaine). Même si je n’ai abandonné aucune lecture en cours de route, je réalise en faisant ce bilan que j’ai eu pas mal de déceptions, m’attendant à être bien plus intéressée et transportée par un certain nombre de lectures.

Mes coups de coeur

Mes autres jolies lectures

Mes déceptions

Même si je ne suis absolument pas certaine de continuer à lire autant dans les prochains mois, mon mois de novembre commence plutôt bien de ce côté… Rendez-vous dans quelques semaine pour mon prochain bilan !

Mon bilan de septembre

Qui dit septembre, dit rentrée littéraire ! La mienne fut assez calme, ne m’étant pas précipitée sur les nouvelles sorties. Au contraire, je n’ai lu que deux romans de cette rentrée mais deux très bons romans : Chavirer de Lola Lafon et Un jour ce sera vide d’Hugo Lindenberg. Pour le reste, je me suis concentrée sur la préparation des épisodes des Bibliomaniacs et quelques lectures album/BD.

Mon coup de coeur

Mes autres lectures

Mes abandons ou déceptions

Et vous, qu’avez-vous repéré dans cette rentrée littéraire ?

Blonde – Joyce Carol Oates

Voici la biographie fictive de Marylin Monroe. Norma Jean Baker est une enfant qui ne connut pas la stabilité émotionnelle d’une famille aimante. Elevée par sa grand-mère quand sa mère ne pouvait pas s’en occuper, elle connaît des années de maltraitance quand cette dernière choisit finalement de vivre avec elle. Elle échappe à un drame tragique puis est placée dans des familles d’accueil. Sa dernière famille d’accueil fait en sorte de se débarrasser d’elle en la mariant avec un homme avec lequel l’idylle ne dura guère longtemps. Quand il part faire la guerre à l’autre bout du monde, elle décide de devenir indépendante et travaille dans une usine. A l’occasion d’un reportage sur les femmes ouvrière en cette période, elle est repérée et fait de plus en plus de séances photos dans des magazines. C’est pour elle la porte ouverte sur le cinéma.

Joyce Carol Oates choisit les éléments marquants de sa vie qu’elle souhaite raconter, en omet d’autres et invente un personnage de la manière la plus réaliste possible. Cela fonctionne à merveille puisque l’on en vient à oublier qu’il y a nécessairement une certaine part de fiction dans tout cela. Malgré tout, ça ne m’a pas suffit à rester accrochée à cette lecture jusqu’à la fin. Bien que je n’ai pas de reproches particuliers à émettre contre le style ou les choix faits par Joyce Carol Oates, j’ai abandonné cette lecture à la moitié. Les longueurs de certains scènes et donc de l’ensemble de cette oeuvre sont venues à bout de mon abnégation et je ne ressentais plus d’autre plaisir de lecture que celui de »finir pour finir ». Même si le personnage de Marylin Monroe est passionnant, il ne m’a pas manqué entre mes plages de lecture et je n’avais pas de joie particulière à le retrouver à chaque fois.

Il vaut mieux être prévenu en ouvrant ce livre : prévoyez-vous de longues plages de lecture et n’envisagez pas d’intercaler cette lecture avec d’autres livres.

Référence

Joyce Carol Oates, Blonde, éditions Stock, 982 pages

C’est la rentrée pour les Bibliomaniacs !

Nous avons eu le grand plaisir de faire notre rentrée en en nous réunissant physiquement pour enregistrer plusieurs épisodes. Nous avons choisi l’originalité puisqu’au lieu de parler de rentrée littéraire, nous avons commencé par un épisode sur le gros pavé de Joyce Carol Oates : Blonde. Puis, nous avons prévu deux autres lectures pour le mois de septembre : La nuit des béguines d’Aline Kiner et Pereira prétend d’Antonio Tabucchi. Comme d’habitude, ces trois épisodes de rentrée sont disponibles sur notre site internet ainsi que sur toutes les applis d’écoute.

Nous commencerons à aborder la rentrée littéraire au mois d’octobre, avec Chavirer de Lola Lafon.

Bonne écoute !

L’année de la pensée magique – Joan Didion

DIDION2« Les gens qui ont récemment perdu quelqu’un ont un air particulier, que seuls peut-être ceux qui l’ont décelé sur leur propre visage peuvent reconnaître. […] c’est un air d’extrême vulnérabilité, une nudité, une béance. […] Ces gens qui ont perdu un proche ont l’air nus parce qu’ils se croient invisibles. Moi-même je me suis sentie invisible pendant un certain temps, incorporelle. » (page 95)

Joan Didion perdit son mari quelques jours après Noël, mort d’une crise cardiaque dans le salon de leur appartement new-yorkais. L’année qui suivit, elle l’appela « l’année de la pensée magique ». Elle qui est pourtant une femme rationnelle, qui n’est pas touchée par des superstitions et qui n’est pas croyante, use désormais d’un schéma de pensée qui ne fait pas appel à la raison. Elle continue de garder les chaussures de John, pour le cas où il revienne, alors même qu’elle a fait don d’une bonne partie de ses vêtements. Elle a du mal à prendre des décisions sans invoquer son mari, auquel elle continue de parler de sujets pourtant très rationnels. Elle est d’autant plus bouleversée que sa fille Quintana a de graves problèmes de santé et est dans le coma. Lire la suite de « L’année de la pensée magique – Joan Didion »

Mon bilan de juillet et août

Cette période estivale et mes vacances en Dordogne ont été particulièrement propices à la lecture. J’ai pu retrouver le temps et la sérénité d’esprit nécessaires pour lire pendant de grandes plages horaires. C’est ainsi que j’ai pu faire de belles découvertes et lire de beaux classiques jeunesse.

Mes coups de coeur

Mes autres jolies lectures

Mes abandons et déceptions

Et vous, quelles sont vos plus belles lectures de vacances ?

Bad girl – Nancy Huston

HUSTON3Nancy Huston écrit son autobiographie, qu’elle raconte en se parlant au foetus qu’elle était dans le ventre de sa mère, en lui disant « tu ». Quelles empreintes laisse la vie intra-utérine sur l’enfant ? Elle raconte sa conception, le fait qu’elle n’était pas du tout désirée par sa mère.

Elle commence donc par écrire l’histoire de ses parents, qui sont ceux qui ont eu la première influence sur elle. Son père, véritable casse-cou quand il était enfant puis jeune adulte, a certainement dû subir une lésion cérébrale lors d’un accident. Cela expliquerait ses migraines, maux aux sinus et sa confusion mentale permanente. Sa mère rêvait de pouvoir concilier sa vie de famille, des études et un travail, ce qui faisait de Nancy Huston un poids supplémentaire. Privée d’une stabilité parentale et de la stabilité de l’amour maternel, elle se compare à Romain Gary : à la place, elle cherchera à travers une empathie très développée à s’aimer à travers les autres. C’est certainement pour cela qu’elle est devenue romancière, explique-t-elle. Lire la suite de « Bad girl – Nancy Huston »

Le petit paradis – Joyce Carol Oates

OATES2Adriane Strohl est une jeune fille de 17 ans, travailleuse, bonne élève et curieuse.  Dans le monde dans lequel elle vit (les Etats d’Amérique du Nord – 23), cela lui cause de gros problèmes. Elle vit en effet dans un Etat totalitaire dans lequel il ne fait pas bon se démarquer des autres ni poser des questions pertinentes, même avec naïveté et sans arrière pensée. Cela lui vaut d’être envoyée en exil dans le passé, das une petite ville du Winsconsin en 1959. Là-bas, si elle se comporte convenablement pendant quatre ans, elle aura ensuite le droit de revenir d’exil. Elle espère ainsi retrouver sa famille à qui elle n’a pas pu dire au-revoir. Dans ce monde passé, elle tombe éperdument amoureuse d’Ira Wolfman, pour lequel elle choisit de prendre un certain nombre de risques.

Voici un roman qui m’a consternée, du début à la fin, et dans lequel je n’ai pas réussi à trouver un seul élément positif. Lire la suite de « Le petit paradis – Joyce Carol Oates »