Aux animaux la guerre – Nicolas Mathieu

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« Chacun brandissait ses martyrs et justifiait ses crimes. » (page 12)

Ce roman choral raconte l’histoire de Martel, un opérateur-régleur d’un équipementier automobile, dont l’usine en Lorraine est en train de pérécliter. Après plusieurs années, Martel est devenu représentant du personnel puis secrétaire du CE. Bruce, un autre opérateur, lui colle à la peau. Tous les deux ont le don de s’engouffrer dans des situations poisseuses : détournement d’argent, emprunt à des mafieux… Rapidement, leur choix entrent dans un cercle vicieux. Il y a aussi Rita, l’inspectrice du Travail, qui surveille la situation économique de l’usine et soutient Martel quand l’annonce d’un PSE survient.

Cette narration qui multiplie les personnages et les points de vue est prenante et très riche. Lire la suite de « Aux animaux la guerre – Nicolas Mathieu »

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Bibliomaniacs – Episode 57

L’épisode 57 de notre podcast littéraire est en ligne, vous pouvez vous jeter dessus ! Nous avons, pour la première fois, enregistré dans un espace de coworking. Normalement, cela ne s’entend pas à l’enregistrement. Dans cette belle affiche, on retrouve à la fois des titres américains et français :

  • Dans les angles morts d’Elizabeth Brundage
  • La fille du fermier de Jim Harrison
  • Aux animaux la guerre de Nicolas Matthieu

Pour l’écouter, c’est par ici ! Et vous trouverez également le podcast sur les applis de podcast, iTunes, Deezer et Spotify. Bonne écoute !

Mon bilan de janvier

Avec un petit peu de retard, je vous partage le bilan d’un mois plein de lectures. Cela faisait longtemps que je n’avais plus lu autant et quel plaisir !

Grâce à l’affiche de février des Bibliomaniacs, j’ai découvert une excellente écrivaine américaine : Elizabeth Brundage. J’ai également fait la découverte d’autres très bonnes écrivaines (américaines aussi) : Leni Zumas et Margaret Atwood (que je n’avais jamais lue, shame on me!). Et j’ai poursuivi ma lecture d’une belle série BD sur la Seconde Guerre mondiale : Amours fragiles.

Mon coup de coeur

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Mes jolies lectures

Déceptions et abandons

Lectures en cours et à venir

Biblimaniacs – L’émission de janvier 2019 est en ligne !

Pour ce début d’année 2019, nous avons enregistré une émission que j’ai beaucoup aimé préparer. Non seulement cela m’a permis de découvrir Henry James, que je n’avais jamais lu, mais mon envie de voyager en Ecosse a été ravivée par le gros coups de coeur eu en lisant Peter May.

L’émission de janvier est disponible ici mais aussi sur iTunes, Deezer et Spotify.

Bonne écoute !

Le train d’Erlingen, ou la métamorphose de Dieu – Boualem Sansal

SANSAL3Ute Von Ebert est l’héritière d’une grande famille industrielle allemande. Elle attend désespérément l’arrivée d’un train qui viendrait sauver la population d’Erlingen. Une guerre ou une pandémie s’est abattue sur la ville, que les dirigeants ont déserté. Sans savoir quelle est la cause de ce mal, ni sa nature, tous les habitants vivent dans la même peur et dans une attente passive. Ute Von Ebert raconte, dans des courriers adressés à sa fille vivant à Londre, son quotidien.

J’ai été immédiatement saisie par le ton si particulier de ce roman. C’est au lecteur de faire un grand effort pour essayer de le comprendre (en vain pour moi). Boualem Sansal ne le met volontairement pas à la portée de son lecteur. Il m’a été difficile d’éprouver de l’empathie pour les quelques personnages du roman, voire un quelconque intérêt. Ma curiosité a été toutefois piquée par cette mystérieuse histoire de mal qui rôde, mais la complexité philosophique du récit m’a empêchée d’en voir le bout.

Référence

Boualem Sansal, Le train d’Erlingen, ou la métamorphose de Dieu, éditions Gallimard, 248 pages

Merci toutefois aux éditions Gallimard. 

La grande arche – Laurence Cossé

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Dans les années 1980, un grand concours d’architecture est lancé afin de redonner un nouvel élan à La Défense. Spreckelsen, un architecte danois gagne le concours sur la base des plans qu’ils a dessiné et de son concept de cube légèrement désaxé par rapport à la ligne Louvre-Place de l’étoile. Jusqu’à présent, il n’avait construit que quelques églises dans son pays et est totalement inconnu en France. La mise en oeuvre de son projet fut pour lui d’une vraie difficulté, puisqu’il n’avait pas imaginé la complexité des différences culturelles avec la France ni celle de l’administration française.

Laurence Cossé raconte les stratégies et machinations politiques derrière ce choix de cube, ainsi que la manière dont certains s’y sont pris pour influencer Mitterrand. Spreckelsen n’était pas prêt à cela, de la même manière qu’il n’était pas prêt à devoir affronter toute cette complexité administrative et règlementaire, lui qui ne pensait qu’à mettre en oeuvre ce dont il avait rêvé.

Ce récit est le parfait équilibre entre politique, architecture, administration et Histoire française. Lire la suite de « La grande arche – Laurence Cossé »

Un monde à portée de main – Maylis de Kerangal

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« Elle apprend à voir. » (p. 54)

Paula, Kate et Jonas sont tous les trois étudiants au sein d’une école bruxelloise qui leur ouvrira les portes du métier de peintre en décor. Ce qu’ils apprennent à peindre, ce sont des trompe-l’oeil, que ce soit pour la décoration intérieure classique mais aussi pour des décors artistiques. Leur année d’études est intense intellectuellement puisqu’ils apprennent en peu de temps énormément de techniques mais aussi physiquement car leur corps subit les heures passées debout, pinceau à la main.

Maylis de Kérangal m’a replongée dans mes années d’études, celles de la découverte d’une nouvelle ville, de nouveaux amis, de nouvelles matières. Elle raconte avec beaucoup de simplicité et de réalisme la vie étudiante, à la fois faite d’amusement mais surtout d’engagement et d’abnégation pour Paula.

Dans Un monde à portée de main, j’ai retrouvé son talent pour parler du corps, Lire la suite de « Un monde à portée de main – Maylis de Kerangal »

Ma dévotion – Julia Kerninon

kerninonHelen est très âgée lorsqu’elle croise Frank à Londres. Cela fait 23 ans qu’ils ne se sont pas vus malgré le fait qu’ils aient vécu ensemble pendant des décennies, à Amsterdam puis en Normandie. Helen ne peut plus garder pour elle tout ce qu’elle n’a jamais dit à Frank. Elle déverse alors en pleine rue toute leur histoire d’amour, que ce soient les moments heureux mais surtout ceux de solitude qu’elle connut.

Racontée par Helen, cette narration est à la fois addictive et un brin agaçante. S’adressant à un homme qui connaît tous les épisodes de leur vie et notamment ceux tragiques, Helen les masque volontairement tout en laissant entrapercevoir au lecteur un drame. Elle construit sa narration par des flash-backs tout en créant beaucoup tout un mystère sur ce qui leur est arrivé et qui est la source de sa culpabilité depuis des années. Le fait qu’elle raconte son récit en disant « tu » n’est pas source d’agacement en soi mais ce fut plutôt le contexte de la narration qui m’a beaucoup dérangée pour croire à ce roman. Il me semble que si j’ai eu autant de mal à y entrer, c’est certainement à cause de ce biais de départ introduit par cette narration. Lire la suite de « Ma dévotion – Julia Kerninon »

La révolte – Clara Dupont-Monod

dupont-monod« Dans les yeux de ma mère, je vois des choses qui me terrassent. Je vois d’immenses conquêtes, des maisons vides et des armures. Elle porte en elle une colère qui me condamne et m’oblige à être meilleur. »

Aliénor d’Aquitaine a une trentaine d’années en 1152 lorsqu’elle épouse le roi d’Angleterre, Henri II. Elle amène au Royaume d’Angleterre les terres d’Aquitaine, pensant pouvoir continuer à gouverner de manière autonome cette région. Il lui faut deux ans pour se rendre compte de la main mise de son époux sur ses terres.

« Sur ce parvis se tiennent deux fauves et chacun est sûr de son ascendant sur l’autre. En réalité, parce qu’ils se ressemblent trop, parce qu’ils se valent, ils deviendront ennemis mortels. »

Elle élève alors ses fils pour en faire de futurs rois et elle les ligue contre leur père. Elle leur ordonne de participer à une grande révolte visant à détrôner le roi et à le remplacer par leur fils aîné. L’histoire de cette révolte et de ses conséquences est racontée à travers la voix de son fils Richard, qui brûle d’amour et de respect pour cette mère exceptionnelle. Avec tout le panache et le charisme d’un futur roi, Richard raconte les années de guerre puis celles de la réconciliation avant son départ pour la croisade.

La narration très rythmée et puissante de Richard donne au roman un caractère particulièrement adictif. Lire la suite de « La révolte – Clara Dupont-Monod »

Mon bilan de septembre

Après un passage à la médiathèque, je me suis plongée de nouveau dans quelques bandes-dessinées. Cela faisait longtemps et ça fait du bien !

Un coup de coeur ?

Malheureusement, non. J’ai fait de très belles découvertes mais soit il m’a manqué quelque chose, soit il y avait trop de violence pour que cela se transforme en coup de coeur.

Mes belles lectures

Mes abandons et déceptions

Lectures en cours et à venir