Le silence de la mer (et autres récits) – Vercors

VERCORSPendant l’Occupation allemande, un jeune soldat allemand candide et plein d’idéaux est logé au sein d’un foyer français. Tous les soirs, il rejoint le maître des lieux et sa nièce, qui l’écoutent et le regardent sans dire un mot. Voilà leur manière de résister : ne pas fraterniser avec l’ennemi, garder leur honneur. Vercors se contente d’observer ces deux français et de raconter leurs réactions. Ils ne disent rien et pourtant cette nouvelle est très dense. On y voit notamment l’évolution de la pensée du soldat, qui se rend compte de l’horreur de la doctrine en laquelle il croyait mais qu’il ne peut se résoudre à trahir. Vercors montre également l’évolution des sentiments de la jeune fille, qui fait malgré tout le choix de sa patrie. Ce texte est une superbe leçon d’écriture, où en une cinquantaine de pages Vercors donne une magnifique leçon sur le fameux « show it don’t tell ». Lire la suite de « Le silence de la mer (et autres récits) – Vercors »

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Bibliomaniacs – Episode 60

Nous voici de retour avec un nouvel épisode de notre podcast littéraire, et de très belles lectures :

  • Cent ans de Herbjorg Wassmo chez Gaïa
  • Le silence de la mer de Vercors au Livre de Poche
  • Cristallisation secrète de Yoko Ogawa chez Actes Sud

Très bonne écoute !

Mon bilan de février

Les coups de coeur sont rares par ici et je n’en ai pas eu en février. J’ai toutefois fait plusieurs belles lectures, que je vous partage en images.

En ce qui concerne la rentrée littéraire d’hiver 2019, je n’en ai lu que peu de livres mais pour le moment, je n’ai été emballée par aucun d’entre eux. J’espère vraiment l’être par Une éducation de Tara Westover, que je compte lire en mars !

Mes jolies lectures

 

Mes abandons

 

Lectures en cours et à venir

Les heures solaire – Caroline Cuagant

CAUGANTBillie vient de perdre sa mère. Elle était placée dans une maison de retraite malgré son jeune âge. A 50 ans environ, on lui a diagnostiqué la maladie d’Alzheimer. Elle est décédée noyée alors qu’elle était sortie de nuit dans le jardin de sa résidence. Cela fait remonter en Billie de terribles souvenirs. En parallèle de cette mort terrible, Billie est embourbée dans une histoire d’amour avec un homme marié, qui la rend très malheureuse.

J’ai apprécié la narration très simple de ce roman, qui a quelque chose de doux et poétique. Mais je n’ai toutefois pas apprécié le mode de narration : Caroline Caugant parle de Billie avec beaucoup d’introspection, à la troisième personne. De ce fait, il y a quelque chose de trop contemplatif pour moi. Il m’a manqué un rythme, une dynamique.

Référence

Caroline Caugant, Les heures solaires, éditions Stock, 288 pages

Merci aux éditions Stock pour cette découverte de leur nouvelle collection Arpège. 

Aux animaux la guerre – Nicolas Mathieu

mathieu

« Chacun brandissait ses martyrs et justifiait ses crimes. » (page 12)

Ce roman choral raconte l’histoire de Martel, un opérateur-régleur d’un équipementier automobile, dont l’usine en Lorraine est en train de pérécliter. Après plusieurs années, Martel est devenu représentant du personnel puis secrétaire du CE. Bruce, un autre opérateur, lui colle à la peau. Tous les deux ont le don de s’engouffrer dans des situations poisseuses : détournement d’argent, emprunt à des mafieux… Rapidement, leur choix entrent dans un cercle vicieux. Il y a aussi Rita, l’inspectrice du Travail, qui surveille la situation économique de l’usine et soutient Martel quand l’annonce d’un PSE survient.

Cette narration qui multiplie les personnages et les points de vue est prenante et très riche. Lire la suite de « Aux animaux la guerre – Nicolas Mathieu »

Bibliomaniacs – Episode 57

L’épisode 57 de notre podcast littéraire est en ligne, vous pouvez vous jeter dessus ! Nous avons, pour la première fois, enregistré dans un espace de coworking. Normalement, cela ne s’entend pas à l’enregistrement. Dans cette belle affiche, on retrouve à la fois des titres américains et français :

  • Dans les angles morts d’Elizabeth Brundage
  • La fille du fermier de Jim Harrison
  • Aux animaux la guerre de Nicolas Matthieu

Pour l’écouter, c’est par ici ! Et vous trouverez également le podcast sur les applis de podcast, iTunes, Deezer et Spotify. Bonne écoute !

Mon bilan de janvier

Avec un petit peu de retard, je vous partage le bilan d’un mois plein de lectures. Cela faisait longtemps que je n’avais plus lu autant et quel plaisir !

Grâce à l’affiche de février des Bibliomaniacs, j’ai découvert une excellente écrivaine américaine : Elizabeth Brundage. J’ai également fait la découverte d’autres très bonnes écrivaines (américaines aussi) : Leni Zumas et Margaret Atwood (que je n’avais jamais lue, shame on me!). Et j’ai poursuivi ma lecture d’une belle série BD sur la Seconde Guerre mondiale : Amours fragiles.

Mon coup de coeur

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Mes jolies lectures

Déceptions et abandons

Lectures en cours et à venir

Biblimaniacs – L’émission de janvier 2019 est en ligne !

Pour ce début d’année 2019, nous avons enregistré une émission que j’ai beaucoup aimé préparer. Non seulement cela m’a permis de découvrir Henry James, que je n’avais jamais lu, mais mon envie de voyager en Ecosse a été ravivée par le gros coups de coeur eu en lisant Peter May.

L’émission de janvier est disponible ici mais aussi sur iTunes, Deezer et Spotify.

Bonne écoute !

Le train d’Erlingen, ou la métamorphose de Dieu – Boualem Sansal

SANSAL3Ute Von Ebert est l’héritière d’une grande famille industrielle allemande. Elle attend désespérément l’arrivée d’un train qui viendrait sauver la population d’Erlingen. Une guerre ou une pandémie s’est abattue sur la ville, que les dirigeants ont déserté. Sans savoir quelle est la cause de ce mal, ni sa nature, tous les habitants vivent dans la même peur et dans une attente passive. Ute Von Ebert raconte, dans des courriers adressés à sa fille vivant à Londre, son quotidien.

J’ai été immédiatement saisie par le ton si particulier de ce roman. C’est au lecteur de faire un grand effort pour essayer de le comprendre (en vain pour moi). Boualem Sansal ne le met volontairement pas à la portée de son lecteur. Il m’a été difficile d’éprouver de l’empathie pour les quelques personnages du roman, voire un quelconque intérêt. Ma curiosité a été toutefois piquée par cette mystérieuse histoire de mal qui rôde, mais la complexité philosophique du récit m’a empêchée d’en voir le bout.

Référence

Boualem Sansal, Le train d’Erlingen, ou la métamorphose de Dieu, éditions Gallimard, 248 pages

Merci toutefois aux éditions Gallimard. 

La grande arche – Laurence Cossé

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Dans les années 1980, un grand concours d’architecture est lancé afin de redonner un nouvel élan à La Défense. Spreckelsen, un architecte danois gagne le concours sur la base des plans qu’ils a dessiné et de son concept de cube légèrement désaxé par rapport à la ligne Louvre-Place de l’étoile. Jusqu’à présent, il n’avait construit que quelques églises dans son pays et est totalement inconnu en France. La mise en oeuvre de son projet fut pour lui d’une vraie difficulté, puisqu’il n’avait pas imaginé la complexité des différences culturelles avec la France ni celle de l’administration française.

Laurence Cossé raconte les stratégies et machinations politiques derrière ce choix de cube, ainsi que la manière dont certains s’y sont pris pour influencer Mitterrand. Spreckelsen n’était pas prêt à cela, de la même manière qu’il n’était pas prêt à devoir affronter toute cette complexité administrative et règlementaire, lui qui ne pensait qu’à mettre en oeuvre ce dont il avait rêvé.

Ce récit est le parfait équilibre entre politique, architecture, administration et Histoire française. Lire la suite de « La grande arche – Laurence Cossé »