Le ministère du bonheur suprême – Arundhati Roy

ROY AJahanara Bégum vit à Delhi, où elle donne d’abord naissance à trois filles. Son quatrième enfant, Aftab, est hermaphrodite. Puis, son cinquième est un garçon. Elle élève Aftab comme s’il était un garçon à part entière, sans particularité physique. Mais rapidement, Aftab ne perçoit pas les choses ainsi et se ressent comment une femme.

A l’adolescence, il fait la découverte de la Khwabgah, une maison où vivent plusieurs hijra. Il s’agit du nom donné en Inde aux femmes « emprisonnés dans un corps d’homme ». Là-bas, il découvre que ces femmes vivent plus librement et s’en fait des amies. A 14 ans, lorsque sa voix et son corps changent et qu’il ne peut plus le supporter, il rejoint leur communauté et prend le nom d’Anjum.

« Tu sais pourquoi Dieu a créé les Hijra ? […]

-Non, pourquoi ?

-C’était une expérience. Il avait décidé de créer quelque chose, un être vivant incapable de bonheur. Alors, il nous a fabriquées. » (page 37)

Anjum vécut à la Khwabgah pendant 30 ans, jusqu’à ce jour où elle prit la décision de changer de lieu de vie et construisit une maison dans un cimetière, qui servit ensuite de fond de commerce funéraire. Son plus grand rêve, que son corps ne lui permettait pas de réaliser, était d’avoir un enfant.

Arundhati Roy m’a ouvert les yeux sur ces hommes profondément malheureux et exclus de la société parce qu’ils sont transsexuels. Anjum est une femme extraordinaire, qui sut faire les choix lui assurant le meilleur chemin vers sa liberté. Lire la suite de « Le ministère du bonheur suprême – Arundhati Roy »

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