Le garçon sauvage – Paolo Cognetti

COGNETTI4Dans ce livre écrit à la première personne, un jeune citadin (qui est très vraisemblablement Paolo Cognetti lui-même) décide de partir vivre plusieurs mois dans les Alpes, à une altitude où il a la certitude d’être totalement coupé du monde. Il emménage de manière assez simple dans une baita, une petite abritation de haute altitude en pierres.

Paolo Cognetti livre, de manière aussi poétique que dans Les huit montagnes, son quotidien solitaire. Il raconte l’installation dans la baita, la difficulté à se faire à la solitude, aux bruits nocturnes, et la beauté de la montagne. Cette narration est l’occasion de se remémorer quelques souvenirs, ainsi que ceux de cette région qui a vu ses habitants fuir les lieux avec la transformation de ceux-ci dans les années 1950 avec le développement de champs agricoles et dans les années 1960-80 avec le développement de pistes de ski.

« […] j’avais tant de moi dans les jambes qu’il m’arrivait parfois le soir de devoir sortir et m’en aller dans les bois pour me retrouver un peu seul. » (page 41)

J’ai aimé le mélange de style contemplatif et de dynamisme Lire la suite de « Le garçon sauvage – Paolo Cognetti »

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L’enfant perdue – Elena Ferrante

FERRANTE3« Je conduisais et répondais aux questions des filles tout en ayant en tête cette vision d’un Nino composé de deux parties : une qui m’appartenait et une autre qui m’était étrangère. » (page 269)

Elena vit une histoire d’amour fusionnelle avec Nino, qui la rend totalement aveugle à ses défauts et mensonges. Elle est prête à tout abandonner pour vivre sa passion amoureuse. Elle retourne de plus en plus fréquemment à Naples et renoue avec Lila. Elle qui est devenue une écrivaine à succès, profite de sa notoriété pour écrire sur des sujets d’actualité politique et dénonce ainsi la société napolitaine, restée aux mains d’une mafia très violente.

J’ai repoussé la rédaction de ma chronique, ne sachant trop comment l’aborder. J’ai très rapidement eu une énorme déception en lisant ce dernier tome. La saga prodigieuse prend fin, ce qui me rendait nostalgique dès l’ouverture du roman. Mais très vite, je me suis rendue compte que le livre n’était absolument pas à la hauteur de mes espérances. Pendant les 200 premières pages, je me suis forcée à le lire, ne pouvant me résigner à abandonner Elena Ferrante ! Cette première moitié m’a profondément ennuyée, je l’ai trouvée trop bavarde et il lui manquait un minimum de péripétie, de recul, de réflexion.

Et soudain, à la moitié du roman, la grâce est revenue, comme par magie. On retrouve subitement une Elena plus humaine, qui fait des erreurs, qui a des défauts, mais qui cherche à s’en sortir et à être heureuse. Lila reste insaisissable et je n’ai pu m’empêcher de l’aimer tout en la détestant parfois. Bref, je me suis totalement réconciliée avec Elena Ferrante à la fin de ce dernier tome.

Référence

Elena Ferrante, L’enfant perdue, éditions Gallimard, traduction d’Elsa Damien, 550 pages

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

FULVIOEn 1909, Cetta Luminita est une toute jeune femme lorsqu’elle foule le sol américain, avec son bébé Christmas dans les bras. A Ellis Island, cette belle et fragile jeune fille est immédiatement repérée par des mafieux, qui s’empressent de la prendre en main. Cetta est conduite dans un appartement miteux, où on lui propose d’être hébergée gratuitement par un vieux couple italien, qui gardera son enfant pendant qu’elle travaillera. Elle est persuadée qu’elle pourra offrir une meilleure vie à son fils à New York, elle est prête à tous les sacrifices. Elle accepte ainsi, sans aucune difficulté, de travailler comme prostituée dans un bordel tenu par la mafia italienne, tout en élevant son fils comme si elle avait un travail des plus ordinaires.

Christmas est un petit garçon plein de ressources, à l’imagination foisonnante. Dans les années 1920, il passe une grande partie de son temps à jouer dans la rue. Il s’y fait des amis et des ennemis, et y développe à la fois le rêve de réussir sa vie en étant un vrai américain, et de devenir un caïd. Un soir, il découvre dans la rue une jeune fille battue et violée, laissée pour morte. En prenant le risque de l’amener à l’hôpital, il la sauve et acquière ainsi la reconnaissance de sa famille. A l’occasion de ses visites, il découvre que Ruth est une jeune fille de la bourgeoisie juive new-yorkaise et se rend compte à quel point leur éducation fut opposée. Il en tombe très rapidement amoureux et lorsque Ruth part vivre en Californie avec ses parents, il se fait la promesse de tout faire pour la retrouver un jour, persuadé qu’elle est le grand amour de sa vie.

« […] le temps avait été inventé pour torturer les amoureux. » (page 817)

L’intrigue de ce roman avait tout pour me plaire, étant particulièrement friande des fictions se déroulant aux Etats-Unis et impliquant les sujets de l’immigration et de l’identité. L’histoire de Cetta est triste et son abnégation à offrir un meilleur avenir à son fils est touchante. Pendant les près de 1000 pages de ce roman, Luca Di Fulvio apporte un grand nombre de rebondissements, empêchant le lecteur de s’ennuyer.  Lire la suite de « Le gang des rêves – Luca Di Fulvio »

D’acier – Silvia Avallone

AVALLONE« Elle n’y arriverait jamais, à s’enfuir. Il l’en empêcherait, il la retrouverait partout. » (page 57)

Francesca et Anna sont deux amies inséparables qui vivent leur adolescence dans les années 2000 à Piombino, dans la province de Livourne. Cette ville de la côte toscane est loin d’être un paradis, contrairement à l’île d’Elbe, située juste en face. A Piombino, il n’y a nul tourisme, l’économie de la ville étant entièrement tributaire des hauts fournaux de la grande aciérie. Chaque famille a au moins l’un de ses membres qui y travaille. Le quotidien des habitants de cette ville populaire est fait de dur labeur, de violence, et de défonce. Cette misère ne s’est pourtant pas inflitrée dans les coeurs de Francesca et Anna, qui commencent à profiter du peu de liberté laissée par leurs parents pour sortir, rencontrer des garçons et s’amuser à la plage.

Malgré la tristesse de leur quotidien, les deux amies ont foi dans leur avenir, qu’elle imaginent fait d’amour et de succès professionnel. L’une espère s’en sortir grâce à sa beauté et l’autre grâce à son intelligence. Leur amitié m’a énormément rappelé celle d’Elena et Lila (L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante), faite d’un profond amour au sein duquel une faille grandit peu à peu. Tout du long, les éléments de ressemblance avec la saga prodigieuse étaient Lire la suite de « D’acier – Silvia Avallone »

Les huit montagnes – Paolo Cognetti

COGNETTILes parents de Pietro sont originaires de Vénétie et sont des habitués des montagnes, amoureux des Dolomites. Avant sa naissance, ils partent vivre à Milan, où le père travaille dans une grande usine de l’industrie chimique. 

En 1982, alors que Pietro a une dizaine d’années à peine, sa mère décide de louer tous les étés une maison dans un minuscule village alpin. Ils y passent tous leurs étés et Pietro s’y fait un ami, Bruno. Ce dernier vit toute l’année dans le village de Grana et il aide son oncle à l’alpage, où il garde les vaches et prépare la tomme. La mère de Pietro, scandalisée d’apprendre que Bruno n’est plus scolarisé, met tout en oeuvre pour le faire retourner à l’école et lui faire passer son brevet.

« L’avenir m’éloignait de cette montagne d’enfance, c’était triste, et beau, et inévitable, et de ça, oui, je me rendrais déjà compte. » (page 120)

A 16 ans, ils passent leur dernier été ensemble, avant de se perdre de vue. Une quinzaine d’années plus tard, ils se retrouvent et refondent leur amitié.  Lire la suite de « Les huit montagnes – Paolo Cognetti »

Celle qui fuit et celle qui reste – Elena Ferrante

product_9782070178407_195x320A la fin des années 1960, Elena a terminé ses études littéraires et épouse un grand professeur de latin qui enseigne à la prestigieuse Université de Florence. Elle vient d’écrire un premier roman qui a énormément de succès en Italie et qui la dépasse totalement : elle-même ne se rend pas compte à quel point ce qu’elle y a mis est à l’avant-garde de la société. Après quelques temps passés à écrire des piges pour des journaux sur les changements sociaux, Elena endosse petit à petit un nouveau rôle, celui de mère de famille et pour cela, elle est contrainte de taire une partie d’elle-même.

« J’étais malheureuse. Je languissais dans mon lit, frustrée par ma condition de mère de famille et de femme mariée ; tout avenir me semblait prisonnier de la répétition des rites domestiques, que ce soit dans la cuisine ou dans le lit conjugal, et ce jusqu’à la mort. » (page 359)

Lila quant à elle vit toujours avec Enzo et élève son fils loin de son père. Elle travaille dans des conditions terribles et doit faire preuve d’une grande force morale et physique pour endurer tout cela. Elena et Lila se voient occasionnellement, s’écrivent parfois et apprennent à se parler par téléphone (LA nouveauté technologique !). Mais comme toujours, leur amitié chancelle régulièrement et Elena a toujours autant de mal à comprendre Lila qui lui échappe sans arrêt. Lire la suite de « Celle qui fuit et celle qui reste – Elena Ferrante »

Les jours de mon abandon – Elena Ferrante

cvt_les-jours-de-mon-abandon_7907Olga approche de la quarantaine. C’est une mère de famille turinoise dont le quotidien est rythmé par la tenue de son foyer et l’écriture. Elle a épousé Mario dans sa jeunesse et ils ont deux jeunes enfants, Gianni et Ilaria. A la fin d’un repas, alors que rien le le laissait présager à Olga, Mario lui annonce qu’il la quitte. Peu de temps après, elle comprit qu’il la quittait pour une autre femme, bien plus jeune qu’elle.

Elena Ferrante laisse à son personnage principal le soin de raconter son quotidien, de l’annonce du départ de Mario aux semaines qui s’en suivirent. Olga raconte avec force de détails les gestes du quotidien qu’elle s’est attachée à reproduire, afin de ne jamais changer ses habitudes malgré son sentiment d’abandon. Alors qu’elle essaie au mieux de survivre à son désespoir, elle ne fait que reproduire les actes de folie Lire la suite de « Les jours de mon abandon – Elena Ferrante »

Sur cette terre comme au ciel – Davide Enia

terreDavidù est un jeune garçon sicilien. Il vit entourré de sa mère, son oncle et ses grand-parents. Son père est décédé avant qu’il ne naisse. Davidù passe beaucoup de temps à jouer avec ses amis et un leur passe-temps préféré est de tyranniser Gerruso, leur souffre-douleur. Ce dernier, trop content de faire partie de ce groupe d’amis, se laisse faire sans se plaindre. Il a d’ailleur une admiration sans borne pour Davidù. Et Davidù a quant à lui une admiration sans borne pour Nina, la cousine de Gerruso, dont il est tombé amoureux.

« […] elle était plus belle encore que la Sicile au loin. » (page 207)

Comme tous les hommes de sa famille, Davidù est un boxeur. Il s’entraine presque tous les jours de la semaine pour devenir champion national. Lire la suite de « Sur cette terre comme au ciel – Davide Enia »