Une longue impatience – Gaëlle Josse

Louis a 16 ans quand sa mère ne le voit pas rentrer à la maison. Elle l’a élevé dans une extrême pauvreté jusqu’à ce qu’elle se remarie avec le pharmacien du village breton dans lequel elle vit. C’est un mariage d’amour, un mariage qui réunit deux personnes de milieux sociaux opposés. Louis a eu beaucoup de mal à trouver sa place au milieu de cette nouvelle famille. Ainsi, quand elle ne le voit pas revenir, elle n’est pas tellement suprise. Elle craignait sa fuite depuis quelques temps maintenant.

Ce roman, c’est celui de l’attente d’une mère, qui imagine son fils parti sur un bâteau de pêche, libre d’aller où bon lui semble, libre de ne pas être jugé, libre tout simplement. L’attente d’Anne est déchirante. Elle sombre dans une tristesse de plus en plus profonde à mesure que ses espoirs de le revoir s’envolent, et finit par tomber dans la dépression.

Une longue impatience m’a énormément émue, émue jusqu’aux larmes. Gaëlle Josse a un talent incroyable pour laisser parler les silences et en faire des émotions intenses. Je peux comparer l’effet qu’elle a sur moi à certains dessins de Jirô Taniguchi, qui arrive à livrer les sentiments de ses personnages en les dessinant de dos, face à un paysage. Un don !

Je suis extrêmement reconnaissante à mon amie Anne, qui m’a offert cette petite pépite lorsque j’étais alitée à la fin de ma grossesse et que j’avais beaucoup de mal à trouver de la motivation à lire. J’ai dévoré ce roman en très peu de temps, quelle tristesse et quel bonheur il a pu me procurer en même temps !

Référence

Gaëlle Josse, Une longue impatience, éditions J’ai lu, 187 pages

Antonia, Journal 1965-1966 – Gabriella Zalapi

Antonia s’est mariée jeune à un palermois riche avec qui elle a eu un garçon peu de temps après le mariage. Elle raconte, de 1965 à 1966, son quotidien de mère et d’épouse enfermée dans un carcan.

Antonia est une femme à l’histoire familiale riche et complexe, qui l’empêche de s’appuyer et de confier sa solitude auprès de ses aïeux. Elle trouve ainsi refuge dans son journal, où elle écrit sa peine de manière très concise et à un rythme plutôt irrégulier. Elle est dépossédée de toute autonomie, que ce soit dans l’éducation de son fils (qui est entièrement confiée à une nounou) ou dans toute possibilité d’entreprendre en dehors de son foyer. Elle s’ennuie ainsi profondément et m’a beaucoup fait penser à un autre personnage littéraire connu, celui de Thérèse Desqueyroux.

Ce petit texte se dévore assez rapidement et l’empathie éprouvée pour Antonia est grandissante au fur et à mesure de la découverte de son histoire familiale violente et des confessions qu’elle livre. J’ai été assez étonnée de voir qu’un texte aussi court et simple pouvait se révéler être aussi riche. Gabriella Zalapi maîtrise l’art des ellipses narratives, des flash-backs et des silences, ce qui confère au livre beaucoup de mystère et une certaine intensité. Voici donc une jolie lecture où je me suis laissée surprendre.

Référence

Gabriella Zalapi, Antonia, Journal 1965-1966, éditions Livre de Poche, 160 pages

Merci aux éditions Livre de Poche pour cette belle découverte.

Mon bilan de janvier

Voici une année qui commence en demi-teinte : des périodes de maladie m’ont à la fois beaucoup fatiguée en l’espace de quelques semaines seulement alors que j’avais terminé 2019 en parfaite santé. Mais la grippe m’a aussi permis de lire, clouée au lit… Je vous parlerai de mes deux coups de coeur de janvier dans les prochains jours !

Mes coups de coeur

Mes autres jolies lectures

 

Et la bonne nouvelle, c’est que je n’ai abandonné aucune de mes lectures. Certes, j’ai eu du mal à lire Agota Kristof mais je ne classe pas pour autant ces deux livres comme étant décevants puisqu’ils m’ont apporté quelque chose, même si je n’ai pas pris de plaisir à les lire.

Taxi Curaçao – Stefan Brijs

CURACAO

Max Tromp est un jeune gamin plein de rêves. Il passe son enfance dans les années 1960 sur l’île de Curaçao dans les Caraïbes. Comme beaucoup d’enfants de l’île, il n’est élevé pratiquement que par sa mère, son père ne faisant que des apparitions dans sa vie. Alors qu’il ne les aide pas financièrement et ne leur apporte aucun soutien moral, son père lui rappelle constamment l’ambition qu’il a pour lui : reprendre son business de chauffeur de taxi. Pourtant, Max est un très bon élève et rêve de devenir institeur et est soutenu pour cela par le religieux qui leur fait classe. Malheureusement, la dure réalité de l’île rattrape Max, qui sera contraint de prendre la suite de son père.

J’ai été surprise par l’attachement grandissant que j’ai ressenti pour Max au cours de cette lecture. Lire la suite de « Taxi Curaçao – Stefan Brijs »

Bleu de Delft – Simone Van der Vlugt

VAN DER VLUGT2Milieu du XVIIème siècle, Pays-Bas. Catrijn est mariée à un homme violent, qui décède de manière plutôt mystérieuse. Elle décide alors de quitter sa vie à la campagne où de fil en aiguille elle arrive à vivre de sa passion, la peinture. Elle est engagée dans un atelier comme peintre sur faïences où elle obtient un franc succès.

Ce roman avait théoriquement tout me plaire : une intrigue dynamique, ponctuée de revirements et un personnage principal féminin puissant. Pourtant, sa lecture fut particulièrement pénible. Les personnages ne sont pas approfondis, trop superficiels : leur psychologie et leur histoire ne sont pas abordés.

Les dialogues banals et creux ne sonnent pas justes et Lire la suite de « Bleu de Delft – Simone Van der Vlugt »

Bibliomaniacs Episode 62

Encore en congés mais de retour de vacances montagnardes, je me rends compte que je n’ai pas partagé ici le contenu de l’affiche de la 62ème émission des Bibliomaniacs, émission de juillet :

  • Pars vite et reviens tard de Fred Vargas
  • Adolphe de Benjamin Constant
  • Le livre de Dina (Tome 1 : Les limons vides / Tome 2 : Les vivants aussi / Tome 3 : Mon bien-aimé est à moi) de Herbjørg Wassmo

Comme d’habitude, vous pouvez télécharger l’émission depuis notre site, l’écouter sur votre appli de podcasts préférée ou bien sur Deezer ou Spotify. Bonne écoute !

Mon bilan de mai

Mon mois de mai marque le début d’une nouvelle aventure littéraire : grâce à ma petite bibliothèque, je vais participer au jury du Prix des lecteurs de littératures européennes de Cognac. En 2019, le livre est consacré à la littérature néerlandaise ou de langue néerlandaise. D’ici l’automne, je vais donc livre les cinq livres sélectionnés pour le prix, afin d’identifier mon chouchou. J’ai commencé fort, avec la lecture de Le coeur converti de Stefan Hertmans, qui m’a absolument passionnée, et qui constitue mon coup de coeur du mois de mai.

Comme bien souvent, j’ai lu quelques ouvrages tournant autour de l’Histoire américaine, ce qui m’intéresse toujours autant.

Mon coup de coeur

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Mes jolies lectures

Mes déceptions & abandons

Lectures en cours et à venir