Ecoute-moi bien – Nathalie Rykiel

ecoute moi bienSonia Rykiel est décédée à 86 ans en août 2016 de la maladie de Parkinson, dont elle était atteinte depuis une vingtaine d’années. Cette grande couturière française est connue pour la nouveauté qu’elle apporta à la mode française, et notamment pour ses tricots. Sa fille Nathalie décide de raconter sa mère à travers leur relation si particulière : d’abord enfant de Sonia Rykiel, Nathalie est peu à peu devenue sa mère lorsque la maladie a progressé.

Nathalie Rykiel raconte sa mère : une femme libre, qui réussit à s’imposer dans un milieu où les créateurs étaient plutôt des hommes, mais aussi une femme libre de ses amours, qui collectionna les conquêtes masculines et aimait plaire.

De ce livre, j’en retiendrai un profond amour mère-fille et une relation tout à fait atypique. C’est un court récit qui peut être intéressant si vous vous intéressez à la relation maternelle mais qui vous laissera sur votre faim tout de même. Au-delà du style, très oral et familier, que je n’ai pas apprécié, le récit reste à la surface de la vie de Sonia Rykiel. Il permet de saisir son caractère affirmé et ne constitue pas une biographie, mais plutôt un hommage d’une fille à sa mère.

Référence

Nathalie Rykiel, Ecoute-moi bien, éditions Stock, 144 pages

Merci aux éditions Stock pour cette lecture.

Sur les chemins noirs – Sylvain Tesson

product_9782070146376_195x320Il y a quelques années, Sylvain Tesson est victime d’un grave accident qui faillit lui coûter la vie. Bien éméché, il tenta d’escalader un bâtiment et fit une chute qui lui fit passer plusieurs mois à l’hôpital et en convalescence. En guise de rééducation, son médecin lui prescrit d’essayer de marcher un petit peu, mais il ne sait pas à qui il a à faire…

Sylvain Tesson saisit la recommandation médicale pour se lancer dans une grande randonnée à travers la France : il parcourra le territoire du sud-est au nord-ouest, en n’empruntant que des petits chemins de campagne. Equipé d’une carte IGN et du minimum vital, il remonte ainsi la France en quelques mois, à un nouveau rythme, celui d’un convalescent. Sa petite vitesse lui permet de mieux communier avec la nature et d’observer le monde rural, en péréclitement. Il partage son aventure pédestre à la manière d’un journal de bord et raconte ses journées de marche : observation de la faune et de la flore, échanges avec les français croisés sur son chemin, analyse et prise de position sur la situation économique de la France profonde, leçon de géographie (« une géographie de traverse », comme il l’appelle), etc.

« Tâchons de ne pas tomber à l’eau, pensais-je en passant les ponts sur les ruisseaux, cela évitera à la région une pollution chimique. » (page 103)

J’ai de nouveau passé un très bon moment en lisant Sylvain Tesson, dont j’apprécie décidément l’humour et le ton moqueur. J’ai eu l’impression de me retrouver dans mes cours de géographie d’Hypokhâgne sur la France (je vous assure que ces cours étaient réellement passionnants mais également plein d’humour), mais sous la forme d’un récit d’aventure. A travers son analyse de la ruralité profonde, Sylvain Tesson interroge l’évolution de nos modes de vie vers plus de connexion en permanence.

Référence

Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs, éditions Gallimard, 144 pages

Gouverneurs de la rosée – Jacques Roumain

IMG_20170514_085231_831Manuel retourne à Haïti après avoir passé 15 ans à Cuba, où il s’est exilé pour trouver du travail. Lorsqu’il retourne dans son village natal, Fonds-rouge, il découvre une campagne complètement dévastée par la sécheresse. L’eau ne tombe plus du ciel et ne draine plus les sols ; plus rien ne pousse. Plutôt que de chercher une solution à leur problème, les habitants attendent l’arrivée de la pluie en priant.

« quand la volonté de l’homme se fait haute et dure comme les montagnes il n’y a pas de force sur terre ou en enfer pour l’ébranler et la détruire. » (page 88)

Manuel ne supporte pas ce fatalisme haïtien et décide de prendre les choses en mains : il redoublera d’efforts et trouvera une source d’eau pour irriguer les champs. Bien que le village soit divisé en deux clans et qu’il fasse partie de la famille à l’origine de la division, il met au point un schéma qui assurera la fédération du village en même temps que son nouvel essor agricole.

« – Tu vois, c’est la plus grande chose au monde que tous les hommes sont frères, qu’ils ont le même poids dans la balance de la misère et de l’injustice. » (p.88)

Je crois n’avoir encore jamais lu de roman politique aussi bien réussi et émouvant. Lire la suite de « Gouverneurs de la rosée – Jacques Roumain »

L’été des charognes – Simon Johannin

book_767_image_coverDans la campagne française, un petit garçon raconte son été. Il s’occupe en s’amusant avec ses amis : regarder la télévision chez une voisine, martyriser les animaux des voisins, aider son père à la ferme…

Voici un roman extrêmement noir, violent et sanglant. L’éducation et la vie de ce petit garçon ne laissent pas de place à la tendresse et à l’amour. Dans ces familles, les enfants sont élevés à la dure, à grand coup de torgnoles.

J’ai eu beaucoup de mal à lire L’été des charognes à cause de toute sa noirceur, si réaliste et si bien écrite. Le langage parlé du narrateur aurait facilement pu devenir agaçant. Or, non seulement ce n’est pas le cas, mais il donne plus de crédibilité et de réalisme à la narration.  Lire la suite de « L’été des charognes – Simon Johannin »

L’arabe du futur (1978-1984) – Riad Sattouf

arabe_c1-hautedefRiad Sattouf est le fils d’une bretonne et d’un syrien, élevé entre la France, la Libye et la Syrie. Ses parents se sont rencontrés en France, lorsque son père était étudiant en doctorat. Après la naissance de leur fils, ils partent vivre en Libye, où il a accepté un poste de professeur. Ils y découvrent un pays sous la dictature de Kadhafi, avant de vivre sous celle de Al-Assad en Syrie. Panarabiste, le père de Riad voit de façon positive ces dictatures et considère que le peuple doit être éduqué avec autorité.

Riad Sattouf raconte donc ses années d’enfance entre ces pays : découverte de sa famille paternelle en Syrie, expériences scolaires et amicales traumatisantes, souvenir des odeurs et des goûts de son enfance…  Lire la suite de « L’arabe du futur (1978-1984) – Riad Sattouf »

La vie magnifique de Frank Dragon – Stéphane Arfi

9782246727910-001-x_0« Dragon, FRANK Dragon, vie sans histoire à raconter selon un langage bien à soi dans un livre sans début sans fin qui n’intéressera personne. »

Le petit garçon narrateur de cette histoire vit l’une des choses les plus difficiles qu’il soit : il est séparé de ses parents. Il vit à Paris pendant l’occupation nazie avec ses parents qui ont fui leur pays d’origine (la Pologne, vraisemblablement). Ils sont juifs et ont conscience du danger que représente le fait de vivre dans le marais à cette époque. Ses parents sont raflés mais le petit garçon arrive à s’échapper grâce à l’aide de sa voisine. Il est envoyé à la campagne, où il vit chez une vieille dame qui devient sa grand-mère-de-la-guerre. Puis, à la fin de la guerre, il est recueilli dans un orphelinat géré par des religieux.  Lire la suite de « La vie magnifique de Frank Dragon – Stéphane Arfi »

Mon bilan de janvier en images

Je démarre l’année 2017 avec un très beau bilan pour le mois de janvier. Certes, j’ai 3 abandons-déceptions sur mes 16 livres lus, mais j’ai aussi et surtout 6 coups de cœur !

J’ai découvert une dessinatrice qui m’a particulièrement émue. Il s’agit d’Isabelle Arsenault ; et j’ai bien l’intention de me jeter sur tous ses autres livres ! J’attendais depuis longtemps le troisième tome de la saga napolitaine d’Elena Ferrante et je n’ai pas été déçue, bien au contraire. J’ai découvert Catherine Cusset à travers L’autre qu’on adorait et j’ai été émerveillée par le génie de cette écrivaine. Enfin, j’ai beaucoup ri en lisant cette Les cahiers d’Esther, cette BD qui m’a fait découvrir Riad Sattouf (oui, quelle honte ! je ne l’avais encore jamais lu…). Et quelle découverte ai-je faite grâce à Repose-toi sur moi !

Mes coups de cœur

Mes jolies lectures

Mes abandons et déceptions

Et pour février, quel est le programme ?

Le génie de la bêtise – Denis Grozdanovitch

9782246810711-001-x_0-1Denis Grozdanovitch raconte toute une série d’anecdotes, sous la forme de petites histoires personnelles autobiographiques ou non (historiques, littéraires, etc.). Toutes ces histoires ont pour point commun la bêtise. Denis Grozdanovitch tisse un maillage entre ces histoires, qui lui servent à illustrer son propos : parfois, des personnes que l’on pouvait prendre pour de parfaits idiots sont capables d’une pensée cohérente (parce/bien que naïve) et plus logique que des personnes plus « intelligentes ». D’autres fois, ces histoires montrent à quel point en étant concentré sur notre propre pensée et intelligence, nous pouvons en oublier toute logique et être faussement intelligent : c’est ce qu’il nomme la « bêtise de l’intelligence ». Lire la suite de « Le génie de la bêtise – Denis Grozdanovitch »

Bibliomaniacs #34 – Femmes d’exception

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Pour commencer l’année en beauté, quoi de mieux que de faire une émission spéciale « Femmes d’exception » ?! Dans l’émission de janvier, nous vous parlons donc de :

  • La marche du cavalier de Geneviève Brisac
  • Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir
  • L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero
  • Culottées de Pénélope Bagieu

Bonne écoute !