Mon bilan de septembre en images

Voici un mois peu prolixe en lectures. J’ai toutefois découvert un superbe roman américain, le premier roman de Nathan Hill dont je suivrai les prochains livres avec plaisir.

Espérons que le mois d’octobre me laissera plus de temps pour continuer à découvrir cette rentrée littéraire et que je m’enthousiasmerai plus facilement sur les prochaines lectures…

Mon coup de cœur

hill

Mon autre belle et émouvante lecture

maynard

Mes déceptions et abandons

Et en octobre ?

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L’ascension du Mont Blanc – Ludovic Escande

ESCANDE LudovicLudovic Escande est en pleine procédure de divorce le soir où il dîne avec Sylvain Tesson. Il n’a jamais osé parler de ses problèmes personnels avec les écrivains qu’il fréquente en tant qu’éditeur chez Gallimard. Mais ce soir là, il s’ouvre à Sylvain Tesson et lui explique à quel point il l’envie de pouvoir décider de partir escalader une montagne sur un coup de tête. Il a toujours rêver de faire l’ascension du Mont Blanc. Ni une ni deux, Sylvain Tesson le convainc que cet exploit est à sa portée, à condition qu’il s’y prépare physiquement plusieurs mois à l’avance.

Après une visite chez le médecin, du jogging et un rééquilibrage alimentaire, Ludovic Escande part dans les Alpes avec Daniel Du Lac, Sylvain Tesson et Jean-Christophe Ruffin. Ce dernier les héberge dans son chalet alpin pour la préparation de Ludovic Escande avant leur grande ascension.

Ludovic Escande raconte les mois de préparation à la parisienne, les quelques jours intenses avant l’ascension du Mont Blanc et bien évidemment l’escalade de celui-ci. Au-delà d’un récit d’aventure alpine, il s’agit aussi d’une histoire d’amitiés et d’un récit sur le dépassement de soi et la reconstruction après une période de doutes. Lire la suite de « L’ascension du Mont Blanc – Ludovic Escande »

Chère Ijeawele – Chimamanda Ngozi Adichie

IMG_20170617_210254_302Ce texte est un court essai de moins de 80 pages, écrit par Chimamanda Ngozi Adichie sous la forme d’une lettre à l’une de ses amies, qui vient d’accoucher d’une fille. L’écrivaine nigériane lui livre de manière la plus modeste des conseils pratiques et concrets pour que son amie élève sa fille de manière à en faire une personne libre et indépendante.

Pour cela, elle classe ses conseils en 14 points, qui abordent le bonheur de la mère (qui est une femme avant d’être mère), la place du père, le vocabulaire utilisé pour parler à son enfant, l’apprentissage de la lecture comme source de développement personnel, la sincérité et la bienveillance (plutôt que la nécessité de plaire aux autres), la liberté de choisir son apparence physique…

C’est une lecture qui m’a énormément intéressée car c’est un sujet que j’ai toujours trouvé passionnant et le traiter sous la forme d’une lettre à une amie est une excellente idée. C’est aussi une manière de rendre ces réflexions extrêmement accessibles. J’ai aussi beaucoup aimé cette lecture car elle m’a renvoyé à des souvenirs d’enfance et à ma propre identité. Je suis persuadée que chacun y trouvera des conseils ou des expériences qui lui parleront particulièrement. J’encourage vraiment tous les parents à lire ce petit livre, qu’ils aient un fils ou une fille car peu importe : les garçons doivent eux aussi recevoir une éducation féministe !

Référence

Chimamanda Ngozi Adichie, Chère Ijeawele, ou manifeste pour une éducation féministe, traduit par Marguerite Capelle, éditions Gallimard, 78 pages

Bibliomaniacs #40

Pour notre 40ème émission, l’émission avant la pause des vacances, nous espérons que vous trouverez votre bonheur parmi les titres dont nous parlons :

  • Toxique de Samanta Schweblin, traduit de l’argentin par Aurore Touya, aux éditions Gallimard
  • Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras, aux éditions Folio
  • Les proies de Thomas Cullinan, traduit de l’américain par Morgane Saysana, aux éditions Rivages/Noir

Bonne écoute !

Je viens d’Alep – Joude Jassouma

IMG_20170525_175845_256« On disait d’Alep qu’elle était la plus belle ville du Moyen-Orient… »

Joude Jassouma raconte son long périple depuis Alep jusqu’en Bretagne où lui et sa femme ont trouvé un refuge pour élever leurs enfants en paix.

Il était un petit garçon passionné par l’école mais surtout par la lecture. Il se sentait en sécurité au milieu des livres, protégé par Le Petit Prince de Saint-Exupéry et Le Silence de la mer de Vercors. Pour pouvoir continuer sa scolarité, il devait travailler et gagner de l’argent pour aider sa famille. Sa pugnacité a porté ses fruits puisqu’il réussit à entrer à l’Université, où il apprit le français et où il rencontra sa femme.

« […] je savais par cœur « Liberté » de Paul Eluard. Ce poème était fait pour moi, tant je me sentais prisonnier de mon père, de ma famille. Je me percevais tellement différent. Je voulais être indépendant, décider par moi-même de ma vie. Je voulais être libre. Paul Eluard était mon maître. »

Dans ce récit, Joude Jassouma raconte à la fois ses années d’enfance et d’adolescence mais aussi tous les obstacles qu’il dut affronter pour assurer sa survie Lire la suite de « Je viens d’Alep – Joude Jassouma »

Ecoute-moi bien – Nathalie Rykiel

ecoute moi bienSonia Rykiel est décédée à 86 ans en août 2016 de la maladie de Parkinson, dont elle était atteinte depuis une vingtaine d’années. Cette grande couturière française est connue pour la nouveauté qu’elle apporta à la mode française, et notamment pour ses tricots. Sa fille Nathalie décide de raconter sa mère à travers leur relation si particulière : d’abord enfant de Sonia Rykiel, Nathalie est peu à peu devenue sa mère lorsque la maladie a progressé.

Nathalie Rykiel raconte sa mère : une femme libre, qui réussit à s’imposer dans un milieu où les créateurs étaient plutôt des hommes, mais aussi une femme libre de ses amours, qui collectionna les conquêtes masculines et aimait plaire. Lire la suite de « Ecoute-moi bien – Nathalie Rykiel »

Sur les chemins noirs – Sylvain Tesson

IMG_20170520_090041_402Il y a quelques années, Sylvain Tesson est victime d’un grave accident qui faillit lui coûter la vie. Bien éméché, il tenta d’escalader un bâtiment et fit une chute qui lui fit passer plusieurs mois à l’hôpital et en convalescence. En guise de rééducation, son médecin lui prescrit d’essayer de marcher un petit peu, mais il ne sait pas à qui il a à faire…

Sylvain Tesson saisit la recommandation médicale pour se lancer dans une grande randonnée à travers la France : il parcourra le territoire du sud-est au nord-ouest, en n’empruntant que des petits chemins de campagne. Equipé d’une carte IGN et du minimum vital, il remonte ainsi la France en quelques mois, à un nouveau rythme, celui d’un convalescent. Sa petite vitesse lui permet de mieux communier avec la nature et d’observer le monde rural, en péréclitement. Il partage son aventure pédestre à la manière d’un journal de bord et raconte ses journées de marche : observation de la faune et de la flore, échanges avec les français croisés sur son chemin, analyse et prise de position sur la situation économique de la France profonde, leçon de géographie (« une géographie de traverse », comme il l’appelle), etc. Lire la suite de « Sur les chemins noirs – Sylvain Tesson »

Gouverneurs de la rosée – Jacques Roumain

IMG_20170514_085231_831Manuel retourne à Haïti après avoir passé 15 ans à Cuba, où il s’est exilé pour trouver du travail. Lorsqu’il retourne dans son village natal, Fonds-rouge, il découvre une campagne complètement dévastée par la sécheresse. L’eau ne tombe plus du ciel et ne draine plus les sols ; plus rien ne pousse. Plutôt que de chercher une solution à leur problème, les habitants attendent l’arrivée de la pluie en priant.

« quand la volonté de l’homme se fait haute et dure comme les montagnes il n’y a pas de force sur terre ou en enfer pour l’ébranler et la détruire. » (page 88)

Manuel ne supporte pas ce fatalisme haïtien et décide de prendre les choses en mains : il redoublera d’efforts et trouvera une source d’eau pour irriguer les champs. Bien que le village soit divisé en deux clans et qu’il fasse partie de la famille à l’origine de la division, il met au point un schéma qui assurera la fédération du village en même temps que son nouvel essor agricole.

« – Tu vois, c’est la plus grande chose au monde que tous les hommes sont frères, qu’ils ont le même poids dans la balance de la misère et de l’injustice. » (p.88)

Je crois n’avoir encore jamais lu de roman politique aussi bien réussi et émouvant. Lire la suite de « Gouverneurs de la rosée – Jacques Roumain »