Forêt obscure – Nicole Krauss

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Un vieil homme extrêmement riche du nom d’Epstein disparaît subitement. Cela faisait quelques temps qu’il effectuait des donations en bien ou en valeur à son entourage, comme s’il était devenu accro au don.

Une écrivaine américaine dont le mariage est en train de pérécliter décide de partir quelques temps à Tel-Aviv, où elle espère trouver un je-ne-sais-quoi, peut-être l’inspiration pour écrire. Elle retourne dans le grand hôtel dans lequel elle passait ses vacances estivales quand elle était enfant, ce qui éveille en elle beaucoup de souvenirs.

J’ai eu énormément de mal à lire ce roman que j’ai trouvé très bavard, essentiellement la partie de la narration faite par l’écrivaine. Ce personnage entremêle ses souvenirs d’enfance et son récit présent de discours abstraits et pompeux. Il y a dans sa narration beaucoup de références philosophiques et religieuses que je n’ai pas saisies et dans lesquelles je n’ai trouvé aucun intérêt. Lire la suite de « Forêt obscure – Nicole Krauss »

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Swing Time – Zadie Smith

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Deux petites filles deviennent amies et ont un point commun qui scelle cette amitié : leur passion pour la danse. Alors que Tracey est la plus talentueuse, la narratrice excelle en chant. Elles rêvent devant les comédies musicales américaines et s’imaginent devenir un jour de grandes stars elles aussi.

Zadie Smith ponctue sa narration d’aller-retours dans le présent et le passé des deux jeunes filles/femmes. La narratrice devient l’assistante personnelle d’une grande chanteuse américaine et participe au développement d’un projet caritatif de celle-ci en Afrique, lui permettant ainsi de se rapprocher de ses origines. Quant à Tracey, elle semble essayer de vivre de la danse. Mais des événements ont mystérieusement séparés les deux jeunes femmes.

Le début de Swing Time est particulièrement prometteur car ce roman nous plonge dans la construction d’une amitié féminine autour d’une passion artistique qui met les deux enfants en concurrence. Lire la suite de « Swing Time – Zadie Smith »

Ma dévotion – Julia Kerninon

kerninonHelen est très âgée lorsqu’elle croise Frank à Londres. Cela fait 23 ans qu’ils ne se sont pas vus malgré le fait qu’ils aient vécu ensemble pendant des décennies, à Amsterdam puis en Normandie. Helen ne peut plus garder pour elle tout ce qu’elle n’a jamais dit à Frank. Elle déverse alors en pleine rue toute leur histoire d’amour, que ce soient les moments heureux mais surtout ceux de solitude qu’elle connut.

Racontée par Helen, cette narration est à la fois addictive et un brin agaçante. S’adressant à un homme qui connaît tous les épisodes de leur vie et notamment ceux tragiques, Helen les masque volontairement tout en laissant entrapercevoir au lecteur un drame. Elle construit sa narration par des flash-backs tout en créant beaucoup tout un mystère sur ce qui leur est arrivé et qui est la source de sa culpabilité depuis des années. Le fait qu’elle raconte son récit en disant « tu » n’est pas source d’agacement en soi mais ce fut plutôt le contexte de la narration qui m’a beaucoup dérangée pour croire à ce roman. Il me semble que si j’ai eu autant de mal à y entrer, c’est certainement à cause de ce biais de départ introduit par cette narration. Lire la suite de « Ma dévotion – Julia Kerninon »

La révolte – Clara Dupont-Monod

dupont-monod« Dans les yeux de ma mère, je vois des choses qui me terrassent. Je vois d’immenses conquêtes, des maisons vides et des armures. Elle porte en elle une colère qui me condamne et m’oblige à être meilleur. »

Aliénor d’Aquitaine a une trentaine d’années en 1152 lorsqu’elle épouse le roi d’Angleterre, Henri II. Elle amène au Royaume d’Angleterre les terres d’Aquitaine, pensant pouvoir continuer à gouverner de manière autonome cette région. Il lui faut deux ans pour se rendre compte de la main mise de son époux sur ses terres.

« Sur ce parvis se tiennent deux fauves et chacun est sûr de son ascendant sur l’autre. En réalité, parce qu’ils se ressemblent trop, parce qu’ils se valent, ils deviendront ennemis mortels. »

Elle élève alors ses fils pour en faire de futurs rois et elle les ligue contre leur père. Elle leur ordonne de participer à une grande révolte visant à détrôner le roi et à le remplacer par leur fils aîné. L’histoire de cette révolte et de ses conséquences est racontée à travers la voix de son fils Richard, qui brûle d’amour et de respect pour cette mère exceptionnelle. Avec tout le panache et le charisme d’un futur roi, Richard raconte les années de guerre puis celles de la réconciliation avant son départ pour la croisade.

La narration très rythmée et puissante de Richard donne au roman un caractère particulièrement adictif. Lire la suite de « La révolte – Clara Dupont-Monod »

La marcheuse – Samar Yazbek

 

YAZBEK2« En lisant ces mots, tu dois penser que ce qui c’est passé ressemblait à un basculement dans l’abîme. Eh bien, c’est exactement ça ! Je sombrais et sombrais encore, chutant sans fin dans un gouffre qui n’en finissait pas, tandis que mes yeux roulaient au plafond de la pièce. »

Rima est une jeune fille à part. Depuis toute petite, elle a une passion pour la marche. Dès qu’elle est libre de ses mouvements, elle marche sans s’arrêter et sans se retourner. Sa mère a dû prendre de grandes précautions pour ne pas perdre son enfant : Rima vit attachée au lit de leur appartement ou bien à sa mère et n’est pas scolarisée.

Ainsi coupée du monde, Rima apprend à travers les quelques livres qu’elle possède et s’invente un monde imaginaire très loin de la triste réalité de son pays la Syrie. Elle est un jour séparée de sa famille par un triste événement et après un séjour traumatisant en prison, elle survit dans une cave, d’où elle raconte son histoire.

Samar Yazbek raconte le quotidien de tous ces civils endeuillés par la guerre et contraints de vivre dans la peur, la faim et la maladie. Lire la suite de « La marcheuse – Samar Yazbek »

Tenir jusqu’à l’aube – Carole Fives

FIVESUne jeune femme a emménagé il y a peu à Lyon, où elle élève seule son fils qui a un peu moins de deux ans. Elle est graphiste free-lance et n’ayant pas trouvé de solution de garde, elle passe toutes ses journées et ses nuits avec son garçon. Elle travaille dès qu’il se met à dormir et use progressivement la corde.

En plus de la fatigue, elle ressent un sentiment d’emprisonnement qui la fait souffrir. Depuis qu’elle est à Lyon, elle n’a fait aucune connaissance, ne voit plus ses anciens amis et n’arrive pas à nouer de nouveaux contacts amicaux ou amoureux. Elle se crée des parenthèses, comme des temps de respiration, en sortant quelques minutes seule le soir quand son fils dort. Petit à petit, elle prolonge ses temps de sortie, tout en étant consciente du risque qu’elle prend si jamais il arrivait quelque chose à son enfant.

Par une écriture introspective, Carole Fives livre les émotions de cette mère célibataire tout en développant un rythme et un dynamisme qui servent à maintenir un certain niveau de tension dans la narration. Le lecteur est immédiatement happé par la solitude de cette femme qui ne peut plus vivre autrement qu’accompagnée en permanence. Elle cherche à tout prix des solutions, que l’Administration ne sait pas lui proposer. Elle essaie alors internet, afin de bénéficier des conseils des autres mères dans sa situation mais se heurte à des jugements péremptoires.

La tension et le réalisme de ce roman sont tels qu’il se lit d’une traite et sans voir le temps passer. Les personnages secondaires sont peu nombreux et les caractères de l’ensemble des personnages sont peu développés, le choix étant fait de se focaliser sur le ressenti de cette femme, ce qui fonctionne très bien.

Voici un roman de cette nouvelle rentrée littéraire que je recommande !

Références

Carole Fives, Tenir jusqu’à l’aube, éditions l’arbalète Gallimard, 177 pages

L’incessant bavardage des démons – Ashok Ferrey

FERREY3Sonny est un jeune sri lankais parti faire ses études à Oxford en 2002. Il y rencontre une riche américaine, Luisa. Tous deux vivent des moments difficiles, se quittent mais très amoureux malgré tout, vivent de nouveau ensemble. Clarice Mahadewala Kumarihamy est la mère de Sonny et suit ses études depuis le Sri Lanka, où elle dirige d’une main de fer la grande demeure où elle vit désormais seule, entourée de ses domestiques.

Sonny devient écrivain et se fait entretenir par sa femme pour pouvoir financer son temps d’écriture. Lorsque Luisa tombe enceinte, le couple décide de partir au Sri Lanka quelques semaines, sans savoir qu’ils ne sont pas les bienvenus chez Clarice…

Mon avis sur ce roman est très mitigé, au point que je n’arrive absolument pas à savoir si je le recommanderais ou non. J’ai été particulièrement intéressée par le début, la thématique de l’immigration et le contexte des études à Oxford me passionnant assez facilement. Lire la suite de « L’incessant bavardage des démons – Ashok Ferrey »

Entrez dans la danse – Jean Teulé

TEULE2« Depuis presque une semaine, relate le quatrième adjoint, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer dans des rondes, des farandoles, sans s’arrêter jour et nuit. Beaucoup en tombent d’épuisement, se blessent. »

Au XVIème siècle une étrange obsession se répand parmi les habitants de Strasbourg : ils sont de plus en plus nombreux à sortir de chez eux pour danser sur la place publique pendant des heures, des jours et des nuits sans s’arrêter. Les pouvoirs politique comme religieux n’y comprennent rien et cherchent des solutions pour éviter la propagation de cette lubie. On parque les danseurs et on les nourrit mais cela ne fait qu’inciter les affamés non malades à les rejoindre. Rien ne marche alors ils sont exclus de la ville, au-delà des remparts.

Jean Teulé a choisi un sujet historique très original, dont je n’avais pas connaissance. Pour autant, il n’a pas réussi à développer ma curiosité, Lire la suite de « Entrez dans la danse – Jean Teulé »

Un autre Brooklyn – Jacqueline Woodson

WOODSON2August est arrivée du Tennessee avec son père et son frère dans les années 1970. Ils se sont installés à Brooklyn après la mort de sa mère. Ce quartier de New-York fascina d’abord le frère et la sœur, qui le découvrirent à travers la fenêtre de la cuisine de leur appartement. Petit à petit, les deux enfants en firent la découverte rue après rue, bloc après bloc, au fur et à mesure qu’ils gagnèrent en liberté. C’est ainsi qu’August se lia d’amitié avec Gigi, Sylvia et Angela.

August raconte leur amitié, ainsi que leurs amours et leur adolescence. L’amitié de ces quatre fillettes constitua leur force mais la question au cœur du roman de Jacqueline Woodson est celle de la capacité de résistance de cette amitié face aux liens familiaux, à la jalousie et à l’ambition de chacune.

Comme j’ai aimé ce court roman sur la soif de liberté d’August ! La jeune fille a rapidement compris qu’elle ne gagnerait sa liberté qu’en restant indépendante vis-à-vis des hommes, qu’en réussissant ses études et en sortant de Brooklyn. Cela pourrait ressembler à un cliché mais cela a très bien fonctionné sur moi. Lire la suite de « Un autre Brooklyn – Jacqueline Woodson »

Il n’en revint que trois – Gudbergur Bergsson

bergsson« Il affirmait que l’issue de cette histoire précise n’avait pas plus d’importance que celle de n’importe quel autre récit, ce qui comptait, c’étaient les péripéties entre le début et la fin. »

Trois sœurs ont quitté la ferme familiale perdue dans la campagne islandaise dans leur jeunesse, ne supportant plus cette vie. Un jour, leurs parents voient débarquer deux bébés, les filles de leurs propres filles et les élèvent comme leurs propres enfants. Dans les années 1940, elles font la connaissance d’un allemand qui semble vivre caché dans une grotte non loin de chez elles.

Gudbergur Bergsson raconte la vie de cette famille étrangement composée mais surtout le chamboulement de la Seconde Guerre mondiale pour les islandais.

« Si Hitler n’existait pas, les Amerloques ne seraient pas venus ici et nous serions encore des Esquimaux à la périphérie de la planète. »

Il m’est difficile de parler de ce roman, dont le début m’a pourtant beaucoup plu. Gudbergur Bergsson raconte d’abord l’Islande comme un pays fait d’une certaine superstition et d’une culture féerique. Les passages qui marquent cette culture au début du livre sont particulièrement magiques. Lire la suite de « Il n’en revint que trois – Gudbergur Bergsson »