Mon bilan d’octobre

Je poursuis tout doucement ma découverte de la rentrée littéraire 2019, avec de belles lectures. Grâce au génialissime podcast Les couilles sur la table et à l’interview de Didier Eribon par Victoire Tuaillon, j’ai découvert Retour à Reims. C’est un très beau mois puisque j’ai également dévoré le magnifique Ordinary people.

Mes coups de coeur

Mes autres belles lectures

Déception et abandon

olyslaegers

Lectures en cours et à venir

Le bal des folles – Victoria Mas

MAS2« Depuis toujours, elles étaient les premières concernées par des décisions qu’on prenait sans leur accord. » (page 102)

En 1885, Louise est internée à la Salpêtrière. Elle a l’habitude d’être exposée à l’examen d’un amphithéâtre de médecins puisque le Docteur Charcot fait des démonstrations d’hypnose sur ses patientes. Elle vit au milieu de centaines de femmes internées pour des raisons diverses, à la fois pour des maladies psychiques mais aussi par des familles soucieuses de se débarrasser d’elles. C’est notamment le cas d’Eugénie, une jeune femme issue d’une famille bourgeoise. Eugénie voit les âmes des défunts et s’intéresse au spiritisme. Lorsqu’elle confie ce secret à sa grand-mère, son père et son frère l’internent immédiatement, ne pouvant prendre le risque que cela se sache dans leur société.

Tous les ans, l’hôpital organise un grand bal à la mi-carême, où est invitée toute la haute société parisienne, avide d’observer des « folles » se déguiser et danser. Pour les femmes internées, la préparation de cet événement est un événement en soi. C’est dans ce contexte qu’Eugénie arrive à la Salpêtrière, Lire la suite de « Le bal des folles – Victoria Mas »

La vie silencieuse de la guerre – Denis Drummond

DRUMMOND2Enguerrand est reporter photo et a l’habitude des conflits militaires ou civils. Il a couvert le Rwanda en 1994, la Bosnie-Herzégovine en 1995, l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003. Alors qu’il couvrait la uerre en Syrie, il est tué à Alep. A l’annonce de sa disparition, sa mère respecte son souhait et donne à Jeanne, sa compagne, une enveloppe.

Jeanne y découvre une lettre d’Enguerrand lui dévoilant une oeuvre photographique qu’il a constituée depuis des années. Des pellicules sont accompagnées du journal de guerre d’Enguerrand, où il raconte les quatre guerres qu’il a couvertes. Jeanne se fait accompagner par un galeriste dans la découverte de ce qui se révèle être un chef-d’oeuvre photographique.

Le concept de Denis Drummond est original puisque son personnage principal est dévoilé petit à petit par la découverte de ses oeuvres et de ses textes. Lire la suite de « La vie silencieuse de la guerre – Denis Drummond »

Les grands cerfs – Claudie Hunzinger

HUNZINGER2« Une nuit, dans la masse du temps, un long cri effilé, tendre et glaçant comme celui d’une fée, un cri d’effroi. »

La narratrice vit depuis plusieurs années dans la forêt des Vosges. Sa maison se situe très loin de toute vie urbaine. Le chemin qui y mène est d’ailleurs un chemin privé que personne n’emprunte. Depuis peu, elle se prend d’un grand intérêt pour les animaux sauvages qui entourent sa maison, et surtout pour les cerfs. Elle découvre l’art de l’observation animale, avec l’aide d’un de ses amis photographe. Elle se passionne pour leur vie, se questionne sur le sujet de la préservation de la forêt et de la chasse.

« Un matin, dans le Grand Vallon, un renard est venu à quelques mètres de moi. »

Le regard de la narratrice est plein de poésie et Lire la suite de « Les grands cerfs – Claudie Hunzinger »

Mon bilan de septembre

Septembre, mois de la rentrée et notamment de la rentrée littéraire. Je ne me suis absolument pas « jetée » sur les nouveautés et j’ai plutôt choisi de les sélectionner judicieusement. Bien évidemment, je ne pouvais pas passer à côté du nouveau roman de Sorj Chalandon, que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. Je continuerai cette découverte de la rentrée dans les prochains mois.

Mon coup de coeurs

MORRISON3

Mon autre belle lecture

CHALANDON

Déceptions et/ou abandons

Lectures en cours et à venir

Mon bilan de février

Les coups de coeur sont rares par ici et je n’en ai pas eu en février. J’ai toutefois fait plusieurs belles lectures, que je vous partage en images.

En ce qui concerne la rentrée littéraire d’hiver 2019, je n’en ai lu que peu de livres mais pour le moment, je n’ai été emballée par aucun d’entre eux. J’espère vraiment l’être par Une éducation de Tara Westover, que je compte lire en mars !

Mes jolies lectures

 

Mes abandons

 

Lectures en cours et à venir

Les petits garçons – Théodore Bourdeau

BOURDEAU2Quatrième de couverture : « C’est l’histoire de deux amis qui traversent ensemble l’enfance, puis l’adolescence, et qui atterrissent à l’âge adulte le coeur entaillé.
C’est l’histoire d’un jeune homme maladroit, le narrateur, un peu trop tendre pour la brutalité du monde, mais prêt pour ses plaisirs.
C’est l’histoire d’un parcours fulgurant, celui de son ami Grégoire, et des obstacles qui l’attendent.
C’est aussi l’histoire d’une société affolée par les nouveaux visages de la violence.
C’est enfin une histoire de pouvoir, de déboires et d’amour.
Mais avant tout, c’est l’histoire de deux petits garçons.
Théodore Bourdeau signe un premier roman enlevé, à l’humour réjouissant, qui entremêle la douceur de l’enfance, les erreurs de jeunesse et le nécessaire apprentissage de la vie.

Ce roman m’a paru froid et insipide, tant sur le contenu que sur le style. Théodore Bourdeau ne sait pas partager les sentiments de ses personnages à son lecteur et se contente d’aligner des événements de l’enfance-adolescence-âge adulte. Il les espace parfois d’ellipses inattendues et inutiles. La narration superficielle de l’enfance est particulièrement décevante parce que survolée. Il est clair que la maîtrise de la temporalité n’est pas simple pour lui. Quand au style, je le cherche toujours. Lire la suite de « Les petits garçons – Théodore Bourdeau »

Le sillon – Valérie Manteau

MANTEAU2Valérie Manteau part retrouver son petit ami turc à Istanbul, et emménage chez lui. Elle cherche un sujet d’écriture qui lui permette de parler à la fois de cette ville, de ses habitants, de l’Histoire turque et de la situation sociale et politique du pays. Elle s’étonne de la disproportion entre les actions de soutien des turcs après les attentats de Charlie Hebdo et l’absence totale d’intérêt des français suite au meurtre du journaliste Hrant Dink en 2007. Ce grand journaliste turc d’origine arménienne devient donc la raison d’être de ses déambulations dans Istanbul. Elle ne se déplace presque plus sans sa biographie et ses rencontres deviennent l’occasion d’en apprendre plus sur lui et sur la situation du journalisme et des droits de l’Homme en Turquie.

Valérie Manteau m’a fait voyager, je me suis sentie dans une bulle le temps d’une après-midi de lecture. Son récit de son année dans cette ville très jeune et vivante m’a émerveillée. Et petit à petit, en même temps qu’elle prenait conscience de la dangerosité de la situation pour les penseurs libres, cet émerveillement s’est transformé en une tristesse pour ce pays. Là où je m’attendais à lire une histoire d’amour, l’Histoire a pris le pas sur l’individu et je n’en ai pas été déçue. Lire la suite de « Le sillon – Valérie Manteau »

Biblimaniacs – L’émission de janvier 2019 est en ligne !

Pour ce début d’année 2019, nous avons enregistré une émission que j’ai beaucoup aimé préparer. Non seulement cela m’a permis de découvrir Henry James, que je n’avais jamais lu, mais mon envie de voyager en Ecosse a été ravivée par le gros coups de coeur eu en lisant Peter May.

L’émission de janvier est disponible ici mais aussi sur iTunes, Deezer et Spotify.

Bonne écoute !

Le train d’Erlingen, ou la métamorphose de Dieu – Boualem Sansal

SANSAL3Ute Von Ebert est l’héritière d’une grande famille industrielle allemande. Elle attend désespérément l’arrivée d’un train qui viendrait sauver la population d’Erlingen. Une guerre ou une pandémie s’est abattue sur la ville, que les dirigeants ont déserté. Sans savoir quelle est la cause de ce mal, ni sa nature, tous les habitants vivent dans la même peur et dans une attente passive. Ute Von Ebert raconte, dans des courriers adressés à sa fille vivant à Londre, son quotidien.

J’ai été immédiatement saisie par le ton si particulier de ce roman. C’est au lecteur de faire un grand effort pour essayer de le comprendre (en vain pour moi). Boualem Sansal ne le met volontairement pas à la portée de son lecteur. Il m’a été difficile d’éprouver de l’empathie pour les quelques personnages du roman, voire un quelconque intérêt. Ma curiosité a été toutefois piquée par cette mystérieuse histoire de mal qui rôde, mais la complexité philosophique du récit m’a empêchée d’en voir le bout.

Référence

Boualem Sansal, Le train d’Erlingen, ou la métamorphose de Dieu, éditions Gallimard, 248 pages

Merci toutefois aux éditions Gallimard.