Mon bilan de décembre

Voici un maigre bilan, pour le mois de décembre car je n’ai lu que trois livres seulement ! Cela doit être la première fois que je lis aussi peu depuis de nombreuses années. Parmi ces trois romans, aucun coup de cœur mais des lectures que j’ai appréciées.

Mon année 2017 fut toutefois riche en lectures puisque j’ai lu un total de 129 livres, dont : 14 abandons, 32 coups de cœur, 30 BD, 92 romans ou essais. Je vous ai prévu un article sur l’ensemble de mes coups de cœur 2017 dans les prochains jours.

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Mon bilan séries de ces derniers mois

Je suis abonnée à Netflix depuis presque un an. Cet abonnement est un excellent investissement car pour une dizaine d’euros chaque mois, j’ai découvert un grand nombre d’excellentes séries. Je dois avouer que ces dernières semaines, j’avale de plus en plus de séries, au détriment de mes lectures, malheureusement…

Voici un bilan, en images, de celles que j’ai regardées ces derniers mois.

Mes séries coups de cœur

 

Les autres bonnes séries

 

 

Et celles qui m’ont déçue

 

Mes séries en cours ou à venir

 

Et vous, quelles sont les séries que vous recommandez ?

 

Le grand marin – Catherine Poulain

IMG_20171126_094945_053Du jour au lendemain, Lili a quitté Manosque-les-couteaux dans le sud de la France pour rejoindre l’Alaska. Elle traverse l’Atlantique en avion puis les Etats-Unis en bus jusqu’au port de l’Alaska où elle espère embarquer sur un bateau de pêche. C’est à bord du Rebel qu’elle fait ses premiers pas alors qu’elle ne connaît rien de la mer et de ses dangers. Elle doit constamment faire ses preuves et démontrer qu’elle est autant capable qu’un homme et qu’un marin expérimenté.

Lili tait ses blessures, accepte de dormir sur le sol, de sauter des repas. Elle montre une abnégation incroyable et est petit à petit intégrée au monde très viril et éprouvant des marins. Et parmi tous ces marins, se trouve le grand marin, l’homme dont elle tombe amoureuse. Le grand marin cherche de la stabilité, de la douceur, et représente pour Lili un nouveau risque, celui de perdre sa liberté durement gagnée.

J’ai plongé dans cet univers marin assez rapidement mais avec quelques difficultés. Il m’a bien fallu quelques dizaines de pages pour me faire à tout ce vocabulaire technique et le glossaire en fin de roman me fut d’une grande aide.

Lili est une jeune femme émouvante et pour laquelle on se prend facilement d’empathie. A travers ce personnage d’une grande humilité et humanité, on découvre des vies d’hommes faites de misère et d’alcool. La douce puissance de Catherine Poulain est de raconter tous ces personnages en retirant le filtre du jugement social : ceux qui sont habituellement vus comme des marginaux sont des hommes certes malheureux mais presque ordinaires.

J’ai été particulièrement impressionnée par les scènes de pêche, dont le récit relève presque du récit d’aventure. Le roman est très bien dosé puisqu’à cela s’ajoute une histoire d’amour racontée avec beaucoup de délicatesse.

Référence

Catherine Poulain, Le grand marin, éditions Points, 384 pages

La promesse de l’aube – Romain Gary

GARY« […] plus je regardais le visage vieilli, fatigué, de ma mère, et plus mon sens de l’injustice et ma volonté de redresser le monde et de le rendre honorable grandissaient en moi. J’écrivais tard dans la nuit. » (page 184)

Romain Gary, de son vrai nom Romain Kacew, n’a presque pas vécu avec son père et sa mère dut se débrouiller seule pour l’élever. Cette femme extravagante dotée d’un caractère affirmé a profondément marqué l’homme qu’il est devenu. Ils ont émigré de Russie en passant par la Pologne où il sont restés quelques temps avant de rejoindre le sud de la France.

Sa mère fut particulièrement présente dans la construction de son identité. Elle lui asséna l’idée qu’il allait devenir un grand homme, qu’il ferait de belles études, serait un grand artiste reconnu, officier puis ambassadeur. Elle tourna toute sa vie autour de son fils, afin qu’il réalise les ambitions qu’elle avait pour lui. Elle cumula les petits boulots pour qu’il soit toujours bien vêtu, bien nourri et qu’il étudie dans une bonne école. A la fin des années 1920, quand ils arrivent à Nice, elle en arrive à vendre de l’argenterie, à investir dans une société de taxi et à tenir un hôtel pension. Elle a une vraie âme de commercial et d’entrepreneur et une énergie folle quand il s’agit de mettre toutes les chances de son côté pour la réussite de son fils.

« Avec, au cœur, un tel besoin d’élévation, tout devenait abîme et chute. » (p. 366)

Il finit par intégrer une école militaire, puis l’armée de l’air pendant la Seconde Guerre mondiale et rejoignit les partisans de De Gaulle en Angleterre puis en Afrique du Nord.

Quel chef-d’oeuvre incroyable !

Du début à la fin du récit, j’ai été époustouflée par chaque choix de mot, par la justesse des phrases, par la finesse de la pensée de Romain Gary. La narration de chacune de chacun de ses souvenirs est à la fois pleine de beauté et source d’émerveillement. Je suis sortie de cette lecture avec la sensation d’avoir découvert ce qu’était la lumière et le regret de ne pas l’avoir découvert plus tôt. Lire la suite de « La promesse de l’aube – Romain Gary »

Je te dois tout le bonheur de ma vie – Carole D’Yvoire

Yvoire1Virginia Stephen et Leonard Woolf ont formé un couple mythique dans l’histoire de la littérature. Virginia est née à Londres en 1882 d’une famille d’intellectuels. Leonard est quant à lui né deux ans plus tôt dans la capitale anglaise et est issu d’une famille d’immigrés juifs. Ils se rencontrent dans leur jeunesse, alors qu’ils font partie du fameux groupe de Bloomsbury. Virginia et Stephen se marient en 1912, à 30 et 32 ans.

La biographie écrite par Carole D’Yvoire s’attache à raconter leur histoire jusqu’à leur mariage. Pour Virginia, cela revient à raconter les différents chocs qu’elle dut encaisser et qui contribuèrent nécessairement à installer sa maladie mentale : décès de sa mère, de sa sœur, son frère, son père. Toutes les vies qu’elle vit passer sous ses yeux l’amenèrent également à développer son talent d’écrivain. Pendant ce temps, Leonard profita d’une éducation à Cambridge et d’un premier poste à Ceylan. A son retour, il intégra le Groupe de Bloomsbury et y noua des relations avec Virginia, petit à petit.

Ce petit livre a le mérite de raconter de manière très synthétique et claire l’enfance et la jeunesse de ces deux écrivains anglais, jusqu’à leur première année de mariage et la création de leur maison d’édition, la Hogarth Press. Lire la suite de « Je te dois tout le bonheur de ma vie – Carole D’Yvoire »

Epépé – Ferenc Karinthy

IMG_20171117_221249_335Dubaï est un linguiste hongrois qui s’envole en avion afin de participer à une conférence à Helsinki. Mais ce n’est qu’une fois arrivé à l’hôtel qu’il se rend compte que son avion n’est pas arrivé à bon port : sous le coup de la fatigue, de la foule et de l’empressement, il ne s’est pas rendu compte qu’il était dans une ville inconnue, qu’il était monté dans un bus par mécanisme et qu’on lui avait pris son passeport et gardé ses valises.

A l’hôtel, il se rend compte qu’il est incapable de comprendre un seul mot de la langue parlée dans cette ville. Il n’est pas plus capable de déchiffrer l’écriture de cette langue alors même qu’il est linguiste et qu’il en parle deux douzaines ! Dubaï erre dans la ville, impuissant et en colère : non seulement il n’arrive pas à obtenir de l’aide des habitants de cette mystérieuse cité mais il ne sait pas non plus se débrouiller pour arriver à commander un repas au restaurant. Comment se sortir de ce cauchemar linguistique ?

Il est rare d’être touché par un livre au point de savoir au bout de cinq pages ce que nous en penserons tout du long. Ce fut le cas avec celui-ci, qui m’a profondément ennuyée dès le début.

L’idée d’un linguiste perdu parmi des personnes dont il ne comprend pas la langue est une idée brillante mais l’histoire est racontée de manière bien trop plate pour que j’y trouve un quelconque intérêt. La tâche est bien évidemment difficile puisque les dialogues sont pratiquement absents, du fait de la nature de l’intrigue. Or, les dialogues ont toujours constitué pour moi un outil de dynamisme et de vie dans un livre. Dubaï n’arrivant pas à communiquer, il est l’unique personnage de ce roman, les autres personnes constituant un groupe incompréhensible dont peu se détachent et dont on ne sait absolument rien. Dès lors, l’identification est impossible. Lire la suite de « Epépé – Ferenc Karinthy »