The hate U give – Angie Thomas

THOMAS2Star Carter est une jeune noire américaine de 16 ans, qui vit dans une banlieue très défavorisée. Alors qu’elle vient de quitter une soirée avec son ami Khalil, leur voiture est arrêtée par un agent de police. Au cours du contrôle d’identité, celui-ci perd ses moyens et il tue par balle Khalil. Dans les semaines qui suivent, cette tragédie prend une ampleur de plus en plus importante pour Star puisqu’elle lui échappe en étant rendue largement médiatisée. Star est alors contrainte de prendre des décisions qui l’empêcheront de protéger son anonymat, ce qui impliquera de prendre beaucoup de risques pour elle et sa famille.

« […] les gens comme nous dans des situations comme ça deviennent des hashtags mais obtiennent rarement justice. Et pourtant, je crois qu’on attend tous ce jour. Le jour où ça finira bien » (page 69)

J’ai été immédiatement aspirée dans l’histoire triste de Star, qui fait écho à tous les cas de violences policières aux Etats-Unis, symptome du racisme persistant. La force de ce roman est de raconter une tragédie nationale à travers l’histoire individuelle de cette adolescente. Lire la suite de « The hate U give – Angie Thomas »

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Helena – Jérémy Fel

FELHayley est une lycéenne américaine qui se rend chez sa tante en voiture, afin de s’y préparer pour un tournoi de golf. Sur la route, sa voiture tombe en panne et elle trouve refuge dans une famille qui semble des plus banales. Norma, la mère de famille, l’accueille avec chaleur. Hayley, qui a perdu sa mère pendant son enfance, se sent bien au sein de cette famille, entourée d’une petite fille et de deux garçons adolescents. Elle éprouve toutefois une certaine méfiance vis-à-vis de l’un des deux frères. Elle a raison car elle se retrouve prise au piège dans cette famille beaucoup plus dérangée qu’elle n’en donne l’impression. Le reste est une histoire de fuite et de reconstruction.

Les cent premières pages de ce thriller sont très longues, elles sont interminables. Tous les défauts d’écriture de Jérémy Fel y sautent aux yeux et provoquent une répulsion immédiate. Les dialogues sont particulièrement trop nombreux, rendant la narration mal équilibrée. Mais ils sont également très mal écrits, comme si l’auteur considérait que pour être vraisemblables, ses dialogues devaient être plaqués sur ce qu’il pourrait entendre dans la rue. J’ai été choquée par le nombre de banalités contenues dans le récit et notamment à travers ces dialogues. Les personnages ne relèvent aucunement le triste niveau de ce roman. Ils sont creux, n’ont rien de réaliste ou d’intéressant. Lire la suite de « Helena – Jérémy Fel »

Sukkwan Island – David Vann

VANN« Cela semblait impossible. Tout semblait impossible aux yeux de Roy, ils étaient terriblement mal préparés. » (page 18)

Jim est dentiste et n’a pas eu l’occasion de passer beaucoup de temps avec ses deux enfants Roy et Tracy. Leur mère a décidé de se séparer de Jim quand ils étaient enfants, et il n’a pas cherché à maintenir une relation stable avec eux. Suite à sa nouvelle séparation avec sa petite amie, Jim décide, sur ce qui semble être un coup de tête, de renouer avec Roy. Voyant les choses en grand, il achète une terre en Alaska et y emmène son fils de 13 ans. Là-bas, ils passeront une année entière coupés du monde et devront compter sur eux-même pour se nourrir et se chauffer.

Dès le début de Sukkwan Island, la tragédie rôde. David Vann embarque avec génie son lecteur au fin fond du monde, il crée une atmosphère malsaine et angoissante qui le piège dans cette lecture addictive. Cette ambiance ainsi que la relation entre les deux personnages m’ont fait apprécier la lecture de ce qui est mon premier David Vann et ont contre-balancé les reproches que l’on peut lui faire. Lire la suite de « Sukkwan Island – David Vann »

Mon bilan de novembre

Au mois de décembre, je n’ai toujours pas eu de coup de cœur mais j’ai hâte de vous parler d’un très beau roman Young Adult que j’ai lu en décembre.

Je me suis mise à Tintin car contrairement à beaucoup de personnes, je n’avais jamais lu cette BD dans mon enfance. Je suis assez partagée sur les deux albums que j’ai lus et j’ai surtout été très surprise par les messages contenus dans celui au Congo.

Mes jolies lectures

Mes abandons et déceptions

Lectures en cours et à venir

Contes de l’âge du jazz – Francis Scott Fitzgerald

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« Après tout, qu’est-ce que l’intelligence ? Juste la délicatesse de semer quand personne ne regarde et de récolter quand tout le monde le voit. » (page 416)

Quoi de mieux, dans une période de panne de lecture, que de se plonger dans un recueil de nouvelles d’un écrivain que l’on adore ? Cela fait plusieurs années que je suis une grande admiratrice de Francis Scott Fitzgerald, à la fois pour ses nouvelles mais surtout pour ses magnifiques romans. J’y ai toujours trouvé beaucoup de justesse et de délicatesse.

Les Contes de l’âge du jazz rassemblent beaucoup de ses nouvelles, dont certaines sont très connues (je pense par exemple à L’étrange histoire de Benjamin Button, que j’avais déjà lue il y a quelques années et que je n’ai pas relue car elle m’avait déçue). Dans ce recueil, on retrouve l’ambiance des textes de F.S. Fitgerald : des histoires de couple, de déceptions amoureuses, mais aussi des scènes de soirées américaines, avec musique, danse et déguisements. Lire la suite de « Contes de l’âge du jazz – Francis Scott Fitzgerald »

Forêt obscure – Nicole Krauss

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Un vieil homme extrêmement riche du nom d’Epstein disparaît subitement. Cela faisait quelques temps qu’il effectuait des donations en bien ou en valeur à son entourage, comme s’il était devenu accro au don.

Une écrivaine américaine dont le mariage est en train de pérécliter décide de partir quelques temps à Tel-Aviv, où elle espère trouver un je-ne-sais-quoi, peut-être l’inspiration pour écrire. Elle retourne dans le grand hôtel dans lequel elle passait ses vacances estivales quand elle était enfant, ce qui éveille en elle beaucoup de souvenirs.

J’ai eu énormément de mal à lire ce roman que j’ai trouvé très bavard, essentiellement la partie de la narration faite par l’écrivaine. Ce personnage entremêle ses souvenirs d’enfance et son récit présent de discours abstraits et pompeux. Il y a dans sa narration beaucoup de références philosophiques et religieuses que je n’ai pas saisies et dans lesquelles je n’ai trouvé aucun intérêt. Lire la suite de « Forêt obscure – Nicole Krauss »

La grande arche – Laurence Cossé

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Dans les années 1980, un grand concours d’architecture est lancé afin de redonner un nouvel élan à La Défense. Spreckelsen, un architecte danois gagne le concours sur la base des plans qu’ils a dessiné et de son concept de cube légèrement désaxé par rapport à la ligne Louvre-Place de l’étoile. Jusqu’à présent, il n’avait construit que quelques églises dans son pays et est totalement inconnu en France. La mise en oeuvre de son projet fut pour lui d’une vraie difficulté, puisqu’il n’avait pas imaginé la complexité des différences culturelles avec la France ni celle de l’administration française.

Laurence Cossé raconte les stratégies et machinations politiques derrière ce choix de cube, ainsi que la manière dont certains s’y sont pris pour influencer Mitterrand. Spreckelsen n’était pas prêt à cela, de la même manière qu’il n’était pas prêt à devoir affronter toute cette complexité administrative et règlementaire, lui qui ne pensait qu’à mettre en oeuvre ce dont il avait rêvé.

Ce récit est le parfait équilibre entre politique, architecture, administration et Histoire française. Lire la suite de « La grande arche – Laurence Cossé »

Traîne-savane, Vingt jours avec David Livingstone – Guillaume Jan

JAN« Voyager, ça sert aussi à revoir ses préjugés. » (page 20)

Guillaume Jan est journaliste, il a l’habitude des expéditions aux quatre coins de la planète. Un jour, il décide de partir en Afrique et trouve l’amour au Congo. Accompagné de sa conjointe au doux nom de Belange et d’un connaisseur du chemin des murmures, il part en expédition afin de trouver un village pygmée.

Au retour de sa première mission africaine, l’écossais David Livingstone arrive à faire passer l’échec de celle-ci pour un exploit et à faire croire qu’il peut trouver une voie fluviale commerciale sur le Zambèze. Sa deuxième mission est un échec total : beaucoup d’hommes décèdent ou l’abandonnent. Sa troisième mission ne réussira pas non plus : parti sous le prétexte de dénoncer la traite arabe, en bon missionnaire qu’il est censé être, il cherche en réalité la source du Nil.

« […] j’ai trouvé mon jardin secret, mon pays des merveilles. Afrique, me voilà. » (p. 101)

Il m’a fallu beaucoup de temps pour réussir à entrer dans ces deux récits. Lire la suite de « Traîne-savane, Vingt jours avec David Livingstone – Guillaume Jan »

Qui a tué mon père – Edouard Louis

LOUIS3Dans ce petit livre qui pourrait être défini comme un récit autobiographique à caractère d’essai socio-politique (puisque ce n’est pas un roman, contrairement à ce que je pensais en l’ouvrant), Edouard Louis raconte l’histoire de son père comme une illustration du déterminisme social.

Ayant abandonné sa scolarité très tôt, son père travailla à l’usine, la même qui accueillit toute sa famille. Les deux hommes n’ont jamais su se parler et Edouard Louis ne s’est jamais senti aimé de son père, qui lui a régulièrement montré des preuves de dégoût à son égard.

« Est-ce qu’il est normal d’avoir honte d’aimer ? »

Comme dans les livres précédents d’Edouard Louis, son rapport au père et le rapport de celui-ci à la masculinité tient une place importante. Mais contrairement à Lire la suite de « Qui a tué mon père – Edouard Louis »

Un monde à portée de main – Maylis de Kerangal

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« Elle apprend à voir. » (p. 54)

Paula, Kate et Jonas sont tous les trois étudiants au sein d’une école bruxelloise qui leur ouvrira les portes du métier de peintre en décor. Ce qu’ils apprennent à peindre, ce sont des trompe-l’oeil, que ce soit pour la décoration intérieure classique mais aussi pour des décors artistiques. Leur année d’études est intense intellectuellement puisqu’ils apprennent en peu de temps énormément de techniques mais aussi physiquement car leur corps subit les heures passées debout, pinceau à la main.

Maylis de Kérangal m’a replongée dans mes années d’études, celles de la découverte d’une nouvelle ville, de nouveaux amis, de nouvelles matières. Elle raconte avec beaucoup de simplicité et de réalisme la vie étudiante, à la fois faite d’amusement mais surtout d’engagement et d’abnégation pour Paula.

Dans Un monde à portée de main, j’ai retrouvé son talent pour parler du corps, Lire la suite de « Un monde à portée de main – Maylis de Kerangal »