Je viens d’Alep – Joude Jassouma

IMG_20170525_175845_256« On disait d’Alep qu’elle était la plus belle ville du Moyen-Orient… »

Joude Jassouma raconte son long périple depuis Alep jusqu’en Bretagne où lui et sa femme ont trouvé un refuge pour élever leurs enfants en paix.

Il était un petit garçon passionné par l’école mais surtout par la lecture. Il se sentait en sécurité au milieu des livres, protégé par Le Petit Prince de Saint-Exupéry et Le Silence de la mer de Vercors. Pour pouvoir continuer sa scolarité, il devait travailler et gagner de l’argent pour aider sa famille. Sa pugnacité a porté ses fruits puisqu’il réussit à entrer à l’Université, où il apprit le français et où il rencontra sa femme.

« […] je savais par cœur « Liberté » de Paul Eluard. Ce poème était fait pour moi, tant je me sentais prisonnier de mon père, de ma famille. Je me percevais tellement différent. Je voulais être indépendant, décider par moi-même de ma vie. Je voulais être libre. Paul Eluard était mon maître. »

Dans ce récit, Joude Jassouma raconte à la fois ses années d’enfance et d’adolescence mais aussi tous les obstacles qu’il dut affronter pour assurer sa survie Lire la suite de « Je viens d’Alep – Joude Jassouma »

Ecoute-moi bien – Nathalie Rykiel

ecoute moi bienSonia Rykiel est décédée à 86 ans en août 2016 de la maladie de Parkinson, dont elle était atteinte depuis une vingtaine d’années. Cette grande couturière française est connue pour la nouveauté qu’elle apporta à la mode française, et notamment pour ses tricots. Sa fille Nathalie décide de raconter sa mère à travers leur relation si particulière : d’abord enfant de Sonia Rykiel, Nathalie est peu à peu devenue sa mère lorsque la maladie a progressé.

Nathalie Rykiel raconte sa mère : une femme libre, qui réussit à s’imposer dans un milieu où les créateurs étaient plutôt des hommes, mais aussi une femme libre de ses amours, qui collectionna les conquêtes masculines et aimait plaire. Lire la suite de « Ecoute-moi bien – Nathalie Rykiel »

Sur les chemins noirs – Sylvain Tesson

IMG_20170520_090041_402Il y a quelques années, Sylvain Tesson est victime d’un grave accident qui faillit lui coûter la vie. Bien éméché, il tenta d’escalader un bâtiment et fit une chute qui lui fit passer plusieurs mois à l’hôpital et en convalescence. En guise de rééducation, son médecin lui prescrit d’essayer de marcher un petit peu, mais il ne sait pas à qui il a à faire…

Sylvain Tesson saisit la recommandation médicale pour se lancer dans une grande randonnée à travers la France : il parcourra le territoire du sud-est au nord-ouest, en n’empruntant que des petits chemins de campagne. Equipé d’une carte IGN et du minimum vital, il remonte ainsi la France en quelques mois, à un nouveau rythme, celui d’un convalescent. Sa petite vitesse lui permet de mieux communier avec la nature et d’observer le monde rural, en péréclitement. Il partage son aventure pédestre à la manière d’un journal de bord et raconte ses journées de marche : observation de la faune et de la flore, échanges avec les français croisés sur son chemin, analyse et prise de position sur la situation économique de la France profonde, leçon de géographie (« une géographie de traverse », comme il l’appelle), etc. Lire la suite de « Sur les chemins noirs – Sylvain Tesson »

L’origine de nos amours – Erik Orsenna

IMG_20170527_182023_583Voici un billet un peu atypique car j’ai l’habitude de vous parler de mes lectures de manière assez classique : après vous en avoir expliqué la trame principale, j’essaie de vous partager mon humble critique. Je fais une exception à cet usage avec ce très beau roman d’Erik Orsenna. Dans L’origine de nos amours, il parle de sa relation avec son père et de ce qu’ils ont en commun : des échecs sentimentaux et une incapacité à faire durer leurs relations amoureuses.

Comme habituellement, j’ai adoré lire Erik Orsenna, qui a un talent de conteur dont je ne me lasse jamais. Et pour vous en convaincre, j’ai choisi un extrait particulièrement poétique :

« Plus tard, allongé dans mon lit, ma lampe éteinte, je me souviens de m’être dit : quand tu mens, des ailes te poussent. Plus rien ne t’emprisonne. Et je me suis endormi oiseau. Ainsi naissent les vocations d’écrivains. » (page 42)

Référence

Erik Orsenna, L’origine de nos amours, éditions Stock, 275 pages

Chaleur et poussière – Ruth Prawer Jhabvala

IMG_20170521_110319_945Olivia est l’épouse d’un administrateur anglais, Douglas, qui travaille en Inde pour le gouvernement britannique en 1923. Ils viennent récemment de se marier et elle découvre le quotidien d’une femme mariée dans un pays qui n’est pas le sien et où elle n’a absolument aucune activité pour la divertir. Malgré la chaleur de l’été, Olivia refuse de laisser son époux pour se réfugier dans les montagnes indiennes, plus fraîches. De toute façon, elle n’apprécie pas particulièrement la compagnie des autres épouses d’administrateurs et préfère passer ses journées seules, à attendre le retour de son époux après sa journée de travaille. Olivia est de plus en plus intriguée par un Prince indien, qu’elle appelle le Nawab, et dont elle reçoit de plus en plus fréquemment la visite en journée.

De nos jours, une jeune anglaise se rend en Inde, sur les traces de la première femme de son grand-père, Olivia. Cette dernière a quitté Douglas pour s’enfuir avec un Prince indien, et est ainsi devenue une sorte de légende familiale. Lire la suite de « Chaleur et poussière – Ruth Prawer Jhabvala »

Etonnants Voyageurs 2017

Le festival littéraire et cinéma malouin connu sous le nom d’Etonnants Voyageurs s’est tenu du 2 au 5 juin 2017. Bien que je me sois baladée plusieurs fois à Saint-Malo, une ville que j’apprécie énormément, c’était la première fois que je me rendais à cet événement littéraire.

Le programme de ce week-end était très chargé et il fut très difficile de faire un choix parmi tous les rendez-vous proposés par les organisateurs : rencontres, cafés littéraires, conférences, projections, expositions, etc.

J’ai commencé le week-end par une conférence intitulée « Creative non-fiction » Lire la suite de « Etonnants Voyageurs 2017 »

Le dernier amour d’Attila Kiss – Julia Kerninon

IMG_20170517_075335_199 (1)Attila Kiss a 40 ans quand il quitte tout. Il était marié avec la fille d’un grand mafieux et a fait l’erreur d’accepter de travailler pour lui. Il est tombé dans un cercle vicieux dont il était très difficile de sortir. La seule chose qui lui maintenait la tête hors de l’eau était sa double vie : il avait une maîtresse, dont il eut trois enfants. Le jour où sa femme le découvrit, il abandonna absolument tout de sa vie pour partir travailler à la campagne comme peintre dans le bâtiment.

« l’amour est la forme la plus haute de curiosité. » (page 60)

Attila rencontre Theodora, qui n’a que 25 ans et ils tombent amoureux. Très rapidement, ils vivent ensemble malgré leurs différences d’âge et de culture. Alors qu’il hait par-dessus tout les étrangers, elle est autrichienne. L’Histoire nationale de la Hongrie et les relations de ce pays avec l’Autriche ont une résonance bien particulière pour lui, et il ne peut s’empêcher d’en vouloir à Theodora.

« Tu étais sur la Riviera, petite fille, et tu avais le soleil dans les yeux. » (p.78)

Julia Kerninon raconte une histoire d’amour et celle d’un sabotage amoureux. Attila apprend à connaître Theodora petit à petit et tente malgré lui de retourner le passé de Theodora contre elle, comme s’il voulait faire capoter leur amour.

« Comme il l’avait réduite auparavant à la musique, il la réduisit cette fois à la densité de sa sécheresse, et oublia que la vérité ne se répartit pas exclusivement entre la parole et le silence, entre ce qui est dit et ce qui est tu, mais qu’elle occupe d’abord et surtout les territoires immenses et sans nom qui les séparent. » (p.80)

Julia Kerninon dissèque la relation amoureuse avec beaucoup de finesse. Lire la suite de « Le dernier amour d’Attila Kiss – Julia Kerninon »

Gouverneurs de la rosée – Jacques Roumain

IMG_20170514_085231_831Manuel retourne à Haïti après avoir passé 15 ans à Cuba, où il s’est exilé pour trouver du travail. Lorsqu’il retourne dans son village natal, Fonds-rouge, il découvre une campagne complètement dévastée par la sécheresse. L’eau ne tombe plus du ciel et ne draine plus les sols ; plus rien ne pousse. Plutôt que de chercher une solution à leur problème, les habitants attendent l’arrivée de la pluie en priant.

« quand la volonté de l’homme se fait haute et dure comme les montagnes il n’y a pas de force sur terre ou en enfer pour l’ébranler et la détruire. » (page 88)

Manuel ne supporte pas ce fatalisme haïtien et décide de prendre les choses en mains : il redoublera d’efforts et trouvera une source d’eau pour irriguer les champs. Bien que le village soit divisé en deux clans et qu’il fasse partie de la famille à l’origine de la division, il met au point un schéma qui assurera la fédération du village en même temps que son nouvel essor agricole.

« – Tu vois, c’est la plus grande chose au monde que tous les hommes sont frères, qu’ils ont le même poids dans la balance de la misère et de l’injustice. » (p.88)

Je crois n’avoir encore jamais lu de roman politique aussi bien réussi et émouvant. Lire la suite de « Gouverneurs de la rosée – Jacques Roumain »

Mon bilan de mai en images

Le Prix Orange du Livre 2017 fut clôturé le 30 mai par une très belle soirée, dont j’espère pouvoir vous parler ici dans les prochains jours. La fin du prix signifiait également moins de lectures pour le jury en mai. Je suis donc revenue à un rythme de lectures un peu plus normal…

Mes coups de cœur

 

Les autres jolies lectures

 

Les déceptions

 

Et pour juin, quel est le programme ?

 

Festival Etonnants Voyageurs 2017

Me voici partie pour le week-end pour Saint-Malo, où a lieu le Festival Etonnants Voyageurs. Deux thèmes principaux vont constituer le fil rouge du festival cette année : la démocratie (en Amérique) et l’immigration.

Difficile de faire un choix parmi toute l’affiche du festival. On compte des centaines d’événements en tous genres : conférences, cafés littéraires, rencontres plus intimes, projections, expositions, etc. Pour ma part, j’ai épluché le programme et ai d’ores et déjà défini ce que je ne souhaitais pas manquer : des conférences sur la creative non fiction, sur la crise de la démocratie, sur les Etats-Unis, des rencontres sous forme de cafés littéraires avec Emmanuel Dongala, Louis-Philippe Dalembert, James McBride, Jean Hegland, Erik Orsenna, Maryam Madjidi, Michel Serres.

Si vous voulez me suivre en direct de ce festival, vous pouvez me suivre sur mon compte Instagram !