Mon bilan d’octobre en images

Encore un mois léger en lectures (bien qu’on ne puisse pas dire que les romans de Philippe Jaenada soient légers…) et malheureusement, aucun coup de cœur !

Les jolies lectures

 

A noter : aucun abandon et aucune déception !

Lectures à venir

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Mémé dans les orties – Aurélie Valognes

valognesFerdinand Brun est un très vieil homme bougon et insupportable à vivre. Il habite dans un immeuble parisien et se plaît à faire de la vie de ses voisins un enfer. Il ne respecte pas les règles de la copropriété, fume des cigares dans le hall et réussit à agacer quotidiennement sa concierge. Son épouse l’a quitté il y a quelques années, sa fille est partie vivre très loin de lui, à Singapour. C’est un homme solitaire qui est devenu inadapté à la vie en société.

Quand son unique compagnon, sa chienne, meurt tragiquement d’un accident, il est totalement bouleversé. Le hasard fait que c’est à cette période qu’il fait la rencontre forcée d’une petite fille qui vient d’emménager dans l’immeuble. Le midi, elle s’invite chez lui et lui redonne petit à petit le goût à la vie et le sourire aux lèvres.

Ce petit roman fut une vraie surprise pour moi, Lire la suite de « Mémé dans les orties – Aurélie Valognes »

Paroles d’honneur – Leïla Slimani & Laetitia Coryn

IMG_20171008_160938_807En 2015, Leïla Slimani est en pleine promotion de son premier roman, Dans le jardin de l’ogre. Dans ce roman, elle raconte l’histoire triste d’une jeune femme qui souffre de nymphomanie. Sa promotion du livre au Maroc suscite des débats et l’amène à faire la connaissance de Nour, qui lui raconte le tabou de la sexualité au Maroc.

Nour parle à la fois de ses propres expériences mais aussi de celles de ses amies. Elle raconte l’impossibilité d’avoir une relation amoureuse équilibrée, où les deux parties puissent être sur un pied d’égalité. L’hypocrisie autour de la sexualité fait que les femmes qui ont des relations sexuelles avant le mariage sont vues comme des prostituées alors même que le fait que beaucoup d’hommes voient des prostituées ne choque personne.

 

De cette très forte tension entre la sexualité rêvée par les individus et la rigidité de la religion naissent des violences tant physiques (souffrance émotionnelle, violences domestiques, viol…) que symboliques (inégalités entre les hommes et les femmes, tabou autour du corps féminin…). Leïla Slimani écrit à la manière d’une enquêtrice, ce récit se situant à la frontière entre l’essai et l’enquête sociologique. Elle se met en retrait pour laisser ses interlocutrices s’exprimer. Lire la suite de « Paroles d’honneur – Leïla Slimani & Laetitia Coryn »

Les fantômes du vieux pays – Nathan Hill

 

hillFaye Andresen-Anderson est dans un parc public lorsqu’elle croise le chemin du gouverneur Packer en 2011. Ce dernier est en peine campagne électorale et est escorté par son entourage politique et des journalistes. Faye lui jette des graviers, ce qui est immédiatement repris par l’ensemble des médias, qui s’empressent de la traîner dans la boue et n’hésitent pas, pour ce faire, à ressasser des épisodes polémiques du passé de la quinquagénaire.

Son fils, Samuel Andresen-Anderson, est professeur d’anglais à l’université de Chicago. Il n’a pas vu sa mère depuis 20 ans, depuis qu’elle a quitté son père et qu’elle l’a laissé avec ce dernier alors qu’il n’avait que 11 ans. Samuel est un écrivain raté, qui n’a toujours pas réussi à écrire de second roman depuis la sortie de son premier livre. Son éditeur, à qui il doit une grosse avance sur son prochain livre depuis plusieurs années, le harcèle et le menace de contentieux. Pour le contenter, Samuel envisage alors d’écrire un récit hautement polémique sur sa mère. Pour cela, il va devoir reprendre contact avec elle et comprendre les épisodes qui constituent un mystère dans la vie de celle-ci et: ses quelques mois de vie étudiante à Chicago durant l’été 1968.

J’ai été immédiatement happée par ce roman, tellement les scènes sont rapidement installées et me sont apparues de manière très visuelles. Les dialogues y sont également pour beaucoup : très bien écrits, percutants et très drôles, ils créent toutes les conditions pour que le lecteur passe un excellent moment de lecture. Certaines scènes sont particulièrement exquises de par l’humour moqueur et cynique qui s’en dégage.

Ce gros pavé de 700 pages a l’immense mérite de se focaliser sur un nombre restreint de personnages, que le lecteur suit tour à tour et voit se développer tout au long du roman. On y croise notamment un gamer totalement accro, une étudiante dont le seul talent est la triche, de jeunes étudiants révolutionnaires, des adolescentes confrontées à des maternités non désirées… Alors que Nathan Hill aurait pu se retrouver pris au piège de la caricature, du cliché, il s’en sort merveilleusement bien, en peignant des individus très justes et profonds, plein de réalisme et d’humanité.

Vous l’aurez compris, si j’ai eu un tel coup de cœur pour ce roman, c’est dû à sa richesse et notamment à la richesse des thématiques qu’il aborde. Nathan Hill raconte tout d’abord l’Histoire américaine, celle de 1968 et des courants pacifistes, et celle beaucoup plus récente de la montée d’une tendance politique qui fait de la démagogie et de la polémique sa recette préférée. Pour cela, il place les histoires de ses personnages au sein de la grande Histoire, et manie parfaitement les thématiques de l’enfance, de l’adolescence, des relations maternelles, de la poursuite du bonheur, du retour aux origines…

J’ai refermé Les fantômes du vieux pays en l’ayant savouré jusqu’à la dernière page, avec la sensation d’avoir eu le souffle coupé tout du long. C’est LE grand roman de cette rentrée littéraire, ne passez pas à côté !

Référence

Nathan Hill, Les fantômes du vieux pays, traduction de Mathilde Bach, éditions Gallimard, 707 pages

Un immense merci aux éditions Gallimard pour cette magnifique découverte !

 

Une histoire des loups – Emily Fridlund

fridlundMadeline est une adolescente un peu solitaire, élevée par deux parents qui furent membres d’une communauté hippie. Ils vivent dans une certaine pauvreté mais au bord d’un lac dans les bois aux Etats-Unis. Un jour, Madeline observe l’arrivée de nouveaux voisins : des parents et leur petit garçon de quatre ans. Madeline intègre leur famille en tant que baby-sitter et y prend de plus en plus de place. Mais il y a quelque chose d’étranger dans cette famille, qu’elle ne saisit pas sur l’instant. Pourtant, elle est étrangement attirée par cette famille.

En ouvrant ce roman, je m’attendais à quelque chose de poisseux, qui me mettrait mal à l’aise, effet que les bons romans Gallmeister ont l’habitude de me faire. On sent effectivement par le procédé narratif (Madeline nous raconte cette histoire des années après) que quelque chose de tragique s’est passé. Il y a un léger soupçon de mystère dans cette fiction, pas suffisamment bien dosé pour me tenir en haleine. J’ai attendu, sans jamais être sous tension, un dénouement tragique qui s’est avéré peu appuyé et qui arrive probablement beaucoup trop tôt. Une fois le drame arrivé, le peu de suspense retombe et je suis moi-même tombée dans l’ennui simultanément.

Pour autant, ce n’est pas un roman que je déconseille car j’ai apprécié les belles scènes qui se déroulent dans la nature. Grâce à ces scènes, Emily Fridlund m’a permis de visualiser facilement les personnages au milieu de la nature et installe une atmosphère comme je les aime dans le nature writing : on se prend à entendre la pagaie claquer l’eau du lac et les branches des arbres craquer…

Référence

Emily Fridlund, Une histoire des loups, traduction de Juliane Nivelt, éditions Gallmeister, 297 pages

Merci aux éditions Gallmeister pour cette lecture !

Sciences de la vie – Joy Sorman

SORMANUn matin, Ninon Moise se réveille brusquement, avec une sensation de brûlure intense sur les bras. Elle est immédiatement saisie par la puissance de cette douleur, qu’elle a du mal à définir : brûlure tout d’abord, mais aussi piqûre, coupure, écorchure… Ce que Ninon et sa mère Esther ont en mémoire, c’est l’histoire féminine de leur famille : aussi loin qu’elles puissent remonter dans leur arbre généalogique, il y eut toujours des femmes atteintes de maladies innommables, inconnues de leur époque, impossibles à soigner.

Ninon est une jeune femme de 17 ans, dont les premiers réflexes face à ce qu’il lui arrive est de chercher à le nommer : Google est alors son ami. Et lorsque Google ne peut plus rien pour elle, elle part à l’assaut du monde médical et hospitalier pour trouver une réponse scientifique au mal qui la ronge, puis un traitement. Même si elle laisse s’écrouler tout son monde de lycéenne (cours, amies, sorties…), elle se bat contre cette destinée.

Alors pourquoi, malgré une intrigue qui semble captivante, n’ai-je pas aimé ce roman, au point de l’abandonner 100 pages avant sa fin ?

  • Ninon m’est restée extérieure, insaisissable. Je n’ai pas réussi à me mettre à sa place. Je voulais ressentir ce qu’était cet état de douleur permanent et irradiant et comprendre les émotions que cela engendrait pour une jeune femme tout juste sortie de l’adolescence. Joy Sorman reste à la surface de cette interrogation, elle ne sonde pas les ressentis de Ninon mais ne fait que lister ses réactions.

 

  • Esther, la mère de Ninon, est une enveloppe vide et un personnage dont je ne comprends absolument pas l’absence de réaction. Certes, Esther est probablement sous le choc de voir que la prophétie familiale s’applique sur sa fille. Mais pourquoi rester totalement passive et ne pas tout faire pour rester proche de sa fille ? Et où sont les autres membres de cette famille ? J’ai notamment été intriguée par l’absence de père mais surtout par l’absence d’explication sur sa non présence.

 

  • Sciences de la vie m’a fait l’effet d’une boucle continue, de répétitions sans fin et sans intérêt. Joy Sorman ne fait que raconter perpétuellement les mêmes démarches entreprises par Ninon, ses symptômes et sa douleur. Je me suis particulièrement ennuyée en lisant des pages qui ne m’apprenaient rien de plus que le chapitre précédent, au point de lire en diagonale certains paragraphes.

 

  • Les chapitres consacrés aux aïeules de Ninon et à leur maladie n’apportent rien à l’histoire de Ninon. Certes, ils illustrent la légende familiale mais ils ne permettent pas de comprendre Ninon et Esther. Au contraire, ils mettent en exergue l’incohérence des réactions de l’une et la passivité de l’autre.

 

Toutefois, je ne voudrais décourager personne de se lancer dans ce roman car je sais qu’il a plu à d’autres lectrices dont je donne beaucoup de valeur aux opinions. Allez-y donc et faites-vous votre avis (et revenez ensuite me dire ce que vous en avez pensé).

 

Référence

Joy Sorman, Sciences de la vie, éditions Seuil, 267 pages

Bibliomaniacs #42

Voici enfin arrivée notre émission consacrée à la rentrée littéraire ! Nous avions hâte de commencer à vous parler de nos trouvailles. Vous verrez que nos avis divergent beaucoup, excepté pour un roman qui fait l’unanimité !

Au programme :

  • Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill
  • Sciences de la vie de Joy Sorman
  • Une histoire des loups d’Emily Fridlund

Bonne écoute !

Mon bilan de septembre en images

Voici un mois peu prolixe en lectures. J’ai toutefois découvert un superbe roman américain, le premier roman de Nathan Hill dont je suivrai les prochains livres avec plaisir.

Espérons que le mois d’octobre me laissera plus de temps pour continuer à découvrir cette rentrée littéraire et que je m’enthousiasmerai plus facilement sur les prochaines lectures…

Mon coup de cœur

hill

Mon autre belle et émouvante lecture

maynard

Mes déceptions et abandons

Et en octobre ?

Un jour, tu raconteras cette histoire – Joyce Maynard

MAYNARD« Je n’ai compris tout le sens du mariage que lorsque le mien était sur le point de s’achever. J’ai découvert ce qu’était l’amour quand le mien quittait le monde. Voici notre histoire » (page 12)

Alors qu’elle ne s’y attend plus, Joyce Maynard rencontre le grand amour, l’amour de sa vie à cinquante-cinq ans. Elle vécut une grande partie de sa vie mariée et eut de ce mariage plusieurs enfants. Lorsqu’elle commence le récit de sa dernière histoire d’amour, Joyce Maynard enchaîne les conquêtes masculines depuis quelques années, sans jamais avoir réussi à établir une relation profonde et de longue durée avec l’un de ces hommes.

Ses trois premières années de relation avec Jim sont une renaissance : grâce à l’expérience de leurs échecs amoureux passés, ils apprennent à se découvrir et à vivre leur amour sans contrainte. Malgré le travail prenant de Jim, qui est avocat, et le besoin de Joyce Maynard de se consacrer des jours/semaines à l’écriture, ils savent se retrouver pour savourer ce qu’ils aiment ensemble : la musique, le vin, la cuisine, les escapades dans la nature…

Leur insouciance prend fin en 2014 lorsque Jim apprend qu’il est atteint d’un cancer du pancréas, c’est-à-dire d’un cancer dont il est extrêmement difficile de guérir et qui est connu pour la souffrance qu’il occasionne. Joyce Maynard raconte cet avant et cet après, en les distinguant schématiquement de la sorte. L’avant, c’est le temps de la légèreté, de leur quasi ignorance de leur bonheur. Ce chapitre est évidemment particulièrement lumineux. L’après, c’est le temps de la lutte et de l’espoir. Lire la suite de « Un jour, tu raconteras cette histoire – Joyce Maynard »