Transcolorado -Catherine Gucher

telechargement-1Dan vit de chèques de pensions. Sans activité et sans domicile, cette femme solitaire passe son temps à boire des cafés-whisky et prend de temps en temps le Transcolorado, le bus qui traverse son Etat, pour aller récupérer sa pension. Son quotidien est bousculé par sa rencontre avec Tommy, un indien qu’elle croise dans un bar. Mais Dan se laisse facilement porter par les événements. C’est ainsi qu’elle quitte Tommy pour suivre des Amish, chez qui elle apprend à vivre en communauté.

Difficile de se faire un avis tranché sur ce roman !

J’ai eu beaucoup de mal à me faire à Dan, le personnage principal de Transcolorado. La narration se fait de son point de vue, à la première personne de singulier. A mon sens, elle passe trop vite d’une pensée à une autre et ne prend pas suffisamment le temps de se livrer, ce qui est plutôt frustrant pour le lecteur. Par ailleurs, je n’ai pas cru à ce personnage qui parle au lecteur avec beaucoup de naïveté alors qu’elle a 35 ans et qui n’a que peu de culture mais parle très bien… trop de contradictions pour y croire !

J’ai apprécié la partie du roman qui se déroule chez les Amish. Cette parenthèse est intéressante car elle ouvre les portes d’une communauté très mystérieuse. Néanmoins, je me suis globalement beaucoup ennuyée dans ce roman, que j’ai trouvé trop bavard et trop plat. Les réflexions de Dan ne sont pas particulièrement intéressantes, n’apportent pas grand chose hormis un éclairage -très succinct- sur son passé.

Ce n’est pas pour autant une lecture que je ne vous recommande pas. Je n’ai en effet pas de réel reproche à lui faire, si ce n’est qu’il ne m’a pas emballée.

Référence

Catherine Gucher, Transcolorado, éditions Gaïa, 170 pages

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Lu dans le cadre du Prix Orange du Livre 2017

Article 353 du Code Pénal – Tanguy Viel

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« Mais laissez-moi la raconter comme je veux, qu’elle soit comme une rivière sauvage qui sort quelque fois de son lit, parce que je n’ai pas comme vous l’attirail du savoir ni des lois, et parce qu’en la racontant à ma manière, je ne sais pas, ça me fait quelque chose de doux au coeur, comme si je flottais ou quelque chose comme ça, peut-être comme si rien n’était jamais arrivé ou même, surtout, comme si là, tant que je parle, tant que je n’ai pas fini de parler, alors oui, voilà, ici même devant vous il ne peut rien m’arriver » (pages 59-60)

Martial Kermeur tue Antoine Lazenec en le jetant en pleine mer et en partant avec le bateau sur lequel ils étaient en train de pécher. Le lendemain, les gendarmes l’interpellent à son domicile et le mettent en garde à vue pour homicide.

Martial Kermeur raconte au juge sa version des faits et comment il en est arrivé à ce geste meurtrier. Pour cela, il remonte six ans auparavant et dévoile l’escroquerie qui a fait sombrer tout son village. Lazenec a acheté un propriété de la commune pour y construire un complexe balnéaire. Il a vendu des appartements aux habitants de la commune à prix d’or mais n’a jamais rien construit ni remboursé les acquéreurs. Martial fait partie de ceux qui se sont laissés escroquer sans rien dire et a tout perdu : les 400 000 francs touchés lors de son licenciement, son fils et sa femme.

Alors non, il ne regrette pas ce meurtre, qu’il ne nie pas.

J’ai beaucoup de mal à parler de ce roman, alors même qu’il m’a pourtant plu.La narration de Martial Kermeur est prenante, on y accroche immédiatement. Cet homme est un assassin mais il est plein de doutes, de douleurs et d’humanité. A travers ses mots, on lit une histoire banale et sordide qui pourrait faire la une d’un journal local, celle d’une escroquerie contre un village breton.

La réussite de Tanguy Viel est d’arriver à faire un roman à partir de cette fiction qui ressemble à un fait divers « classique ». Malgré mon adhésion à ce roman et la facilité et rapidité de lecture, il m’a manqué quelque chose pour en faire un coup de coeur. En effet, je n’arrive pas à m’enthousiasmer pour ce livre. Je ne saurais identifier ce qu’il m’a manqué mais je vous recommande cette lecture.

Référence

Tanguy Viel, Article 353 du Code Pénal, éditions de Minuit, 174 pages

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Lu dans le cadre du Prix Orange du Livre 2017

Calme comme une bombe – Agathe Parmentier

004569228Amandine est attachée de presse. Cette jeune femme peu réfléchie qui aime la télé-réalité est amoureuse de Rahan. Ils sont ensemble pendant quelques temps puis ils ne sont plus que des « sex friends », comme elle dit. Amandine est certaine qu’elle finira par devenir quelqu’un de connu :

« Elle saura se montrer patiente, de grandes choses l’attendent. » (page 68)

Lucie, la collègue de Rahan, est médiathécaire. Elle aime secrètement Etienne, qui écrit des choses moyennement bonnes mais qui sont publiées.

« Souffrir en silence, c’est romantique et j’ai bon espoir que cette douleur m’inspire une oeuvre poignante. » (p.24)

Xenia, la soeur de Rahan, est en couple avec Etienne. Mais leur relation ne marche pas comme elle l’aimerait. Elle décide alors de faire une pause dans son quotidien et part au Japon.

J’ai découvert ce roman tout à fait par hasard, dans le cadre du Prix Orange du Livre 2017. Je crois bien que je ne l’aurais jamais ouvert sans ce prix car je n’en avais absolument pas entendu parler. Bien que mon avis soit assez mitigé, je suis satisfaite d’avoir découvert cette auteure car j’ai énormément aimé ce qu’elle fait de ses personnages.

Agathe Parmentier a créé près d’une dizaine de personnages dans ce court roman, auxquels elle essaie de donner autant d’importance aux uns qu’aux autres. Il s’agit de personnages plutôt banals et peu intéressants. Pourtant, elle arrive à faire d’eux des personnes entières et vraies. Même si je ne retiens rien de bien intéressant de l’intrigue de Calme comme une bombe, j’ai particulièrement apprécié l’humour latent de ce roman. On y trouve une satire de la jeunesse, qui bien que caustique, n’en est pas pour autant malveillante.

Référence

Agathe Parmentier, Calme comme une bombe, éditions Au diable Vauvert, 209 pages

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Lu dans le cadre du Prix Orange du Livre 2017

Bibliomaniacs #36 – Dans la nature

 

Vous aimez le silence, l’odeur des pins et la vie sauvage ? Vous aimez tout cela, chaudement installé au fond de votre canapé ? L’émission de mars des Bibliomaniacs est pour vous ! Dans cette spéciale nature, nous vous parlons de :

  • Dans la forêt de Jean Hegland
  • Sa majesté des mouches de William Golding
  • Promenons-nous dans les bois de Bill Bryson

Bonne écoute !

La vie magnifique de Frank Dragon – Stéphane Arfi

9782246727910-001-x_0« Dragon, FRANK Dragon, vie sans histoire à raconter selon un langage bien à soi dans un livre sans début sans fin qui n’intéressera personne. »

Le petit garçon narrateur de cette histoire vit l’une des choses les plus difficiles qu’il soit : il est séparé de ses parents. Il vit à Paris pendant l’occupation nazie avec ses parents qui ont fui leur pays d’origine (la Pologne, vraisemblablement). Ils sont juifs et ont conscience du danger que représente le fait de vivre dans le marais à cette époque. Ses parents sont raflés mais le petit garçon arrive à s’échapper grâce à l’aide de sa voisine. Il est envoyé à la campagne, où il vit chez une vieille dame qui devient sa grand-mère-de-la-guerre. Puis, à la fin de la guerre, il est recueilli dans un orphelinat géré par des religieux.  Lire la suite de « La vie magnifique de Frank Dragon – Stéphane Arfi »

Principe de suspension – Vanessa Bamberger

ob_589e96_principe-de-suspension« Personne ne parle jamais de la solitude des patrons. » (page 190)

Thomas Masson est le Directeur de Packinter, une PME normande qui conçoit et fabrique des inhalateurs contre l’asthme. Du jour au lendemain, l’unique client de Packinter révise totalement sa stratégie commerciale et annonce qu’il va abandonner son petit fournisseur d’inhalateurs.

Vanessa Bamberger raconte l’histoire assez classique de l’industrie française contemporaine : la confrontation à la concurrence des pays à bas coût, la difficulté de la compétition commerciale, l’inquiétude des salariés qui ne voient pas d’avenir dans leur filière, etc.

En parallèle, elle raconte l’histoire de Thomas Masson, cet ancien banquier qui a investi toutes ses économies personnelles pour racheter Packinter et développer cette PME. Il s’est tellement investi dans ce projet qu’il en a oublié sa propre santé, trop préoccupé par la santé de Packinter. Lire la suite de « Principe de suspension – Vanessa Bamberger »

Mon bilan de février en images

Voici un mois de février placé sous le signe de la rentrée littéraire. J’ai en effet appris que je ferai partie du jury du Prix Orange du Livre 2017. Cela implique donc que je lise beaucoup de romans francophones publiés entre janvier et mars 2017. Après en avoir reçu un énorme carton de la part des organisateurs du Prix (le site Lecteurs.com), j’ai commencé ma découverte avec quelques titres. Pour l’instant, pas encore de coup de cœur, mais j’ai bon espoir !

Mes coups de coeur

Mes jolies lectures

Mes abandons et déceptions

Et pour mars, quel est le programme ?

Deux cigarettes dans le noir – Julien Dufresne-Lamy

9782714475732Clémentine s’apprête à accoucher. Elle est en train de conduire pour se rendre à l’hôpital, assaillie par de douloureuses contractions, lorsqu’elle fauche un piéton et le laisse pour mort. Dans son rétroviseur, elle aperçoit la chevelure argentée d’une femme allongée au bord de la route. Plus tard, elle apprend que la grande danseuse Pina Bausch est décédée au même moment. Elle se persuade de sa culpabilité et développe une obsession pour Pina. Lire la suite de « Deux cigarettes dans le noir – Julien Dufresne-Lamy »

L’abandon des prétentions – Blandine Rinkel

9782213701905-001-x_0Jeanine est une femme dans la soixantaine. C’est une femme surprenante, qui a une très grande empathie et un profond intérêt pour autrui. Elle s’intéresse énormément à l’histoire personnelle de chaque homme et chaque femme qu’elle rencontre, avec un intérêt encore plus développé pour ceux qui ont souffert et notamment pour les migrants syriens. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle apprend l’arabe.

« C’est que Jeanine possède cette sorte de pouvoir magique vous permettant, en dépit d’un réel ou d’un virtuel décevant, de régénérer votre innocence à l’infini. Certains appellent cela la naïveté mais peut-on ainsi réduire le phénomène ? »

La fille de Jeanine décrit la personnalité de sa mère, raconte des anecdotes sur ses « amis » et sa vie de femme à la retraite. A travers de très courts chapitres indépendants les uns des autres, elle la peint de la manière la plus complète qu’il soit, sans porter de jugement ses défauts et qualités. Lire la suite de « L’abandon des prétentions – Blandine Rinkel »

La porte du ciel – Dominique Fortier

cvt_la-porte-du-ciel_8814Etats-Unis, moitié du XIXème siècle.

Le docteur McCoy assiste à une scène de maltraitance d’une enfant noire alors qu’il rend visite à un grand propriétaire de champs de coton. Il ne supporte pas de voir cette petite fille ainsi traitée et l’achète. Une fois rentrée chez lui, celle dont le nouveau bienfaiteur vient de donner le prénom d’Eve, découvre une nouvelle vie, bien plus douce.

Eve fait la connaissance de la fille du docteur, qui a vraisemblablement le même âge qu’elle. Eleanor est très gentille avec elle, mais ne la traite finalement que comme l’une de ses nombreuses poupées. Bien qu’elle soit traitée comme n’importe quelle autre fillette, Eve n’a pas une place très claire dans cette famille : sans être esclave, elle n’est pas non plus considérée comme un membre à part entière. Lire la suite de « La porte du ciel – Dominique Fortier »