Les jours de mon abandon – Elena Ferrante

cvt_les-jours-de-mon-abandon_7907Olga approche de la quarantaine. C’est une mère de famille turinoise dont le quotidien est rythmé par la tenue de son foyer et l’écriture. Elle a épousé Mario dans sa jeunesse et ils ont deux jeunes enfants, Gianni et Ilaria. A la fin d’un repas, alors que rien le le laissait présager à Olga, Mario lui annonce qu’il la quitte. Peu de temps après, elle comprit qu’il la quittait pour une autre femme, bien plus jeune qu’elle.

Elena Ferrante laisse à son personnage principal le soin de raconter son quotidien, de l’annonce du départ de Mario aux semaines qui s’en suivirent. Olga raconte avec force de détails les gestes du quotidien qu’elle s’est attachée à reproduire, afin de ne jamais changer ses habitudes malgré son sentiment d’abandon. Alors qu’elle essaie au mieux de survivre à son désespoir, elle ne fait que reproduire les actes de folie qu’elle observa dans son enfance chez la « pauvrette », une femme abandonée par son mari. Olga devient vulgaire et ne peut s’empêcher de hausser le ton sur ses enfants, elle qui a pourtant tout fait pour ne rien garder du parler populaire napolitain de sa famille. Elle devient une femme acariâtre que tout le monde fuit.

La narration de son quotidien l’emmène jusqu’à une journée fatidique où tout aurait pu basculer dans la folie.

Mon sentiment vis-à-vis des Jours de mon abandon est particulièrement mitigé. Etant d’ordinaire une très grande admiratrice d’Elena Ferrante, je m’attendais à savourer ce roman, que je considérais comme un coup de coeur en puissance avant même de l’avoir ouvert. J’ai reconnu le d’Elena Ferrante dans la narration du quotidien et dans celle des sentiments qui composent son personnage principal. Cette narration très minitieuse des moindres gestes et émotions est juste et je ne peux que lui reconnaître de grandes qualités, mais elle m’a laissée de marbre.

Je n’ai absolument pas réussi à me passionner pour ce roman, excepté pour quelques chapitres sur la fameuse journée où Olga sombre dans un gouffre. Je pense qu’il m’a manqué de la tension dans les deux premiers tiers du roman. Le choix narratif y est également pour quelque chose puisqu’il n’y a que très peu de dialogues, ce qui m’a souvent ennuyée. Enfin, j’ai régulièrement été perturbée par le choix de certains mots ou de certaines expressions que j’ai trouvés particulièrement désuets et qui ne me semblaient absolument pas correspondre à l’époque de ce roman (qui se déroule à la fin des années 1990). Bien que je ne puisse pas savoir s’il s’agit d’un choix de l’écrivain ou d’une mauvaise traduction, la régularité avec laquelle ce vocabulaire inadéquat faisait son apparition dans le roman m’a donné une impression de « faux » assez forte.

Référence

Elena Ferrante, Les jours de mon abandon, éditions Folio, 275 pages

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