Ordinary People – Diana Evans

EVANS

« […] utilisant le « nous » au lieu du « je » pour se désigner. Dans la langue de leurs couples, le « je » était le pronom perdu. Ils parlaient d’eux-mêmes avec un nous de majesté, y associant leur partenaire et sous-estimant leur moi, de sorte que chacun se trouvait dilué dans un binôme indéfini. »

Melissa et Michael forment un couple parfait. Trentenaires, ils sont free-lance dans la presse et Responsable RSE. Ils viennent d’emménager dans une maison d’un quartier populaire de Londres, où faire grandir leur famille puisqu’ils attendent leur deuxième enfant.

Leur couple d’amis Stéphanie et Damian ont choisi de quitter Londres pour avoir une meilleure qualité de vie et se sont installés à 35 kilomètres de la capitale, où ils élèvent leur trois enfants.

Diana Evans nous fait entrer dans l’intimité de ces deux couples et décortique leur quotidien. Lire la suite de « Ordinary People – Diana Evans »

Mon bilan d’octobre

Je poursuis tout doucement ma découverte de la rentrée littéraire 2019, avec de belles lectures. Grâce au génialissime podcast Les couilles sur la table et à l’interview de Didier Eribon par Victoire Tuaillon, j’ai découvert Retour à Reims. C’est un très beau mois puisque j’ai également dévoré le magnifique Ordinary people.

Mes coups de coeur

Mes autres belles lectures

Déception et abandon

olyslaegers

Lectures en cours et à venir

Bibliomaniacs – Episode 58

Voici un épisode un peu particulier pour moi car je n’ai malheureusement pas pu participer à son enregistrement. C’était vraiment dur à admettre car ce 58ème épisode marquait les 5 ans des Bibliomaniacs et son affiche était vraiment top ! Les copines ont parlé des livres suivants :

  • « Les heures rouges » de Leni Zumas, traduit par Anne Rabinovitch, publié aux Presses de la Cité, 408 pages.
  • « Tess d’Uberville » de Thomas Hardy, publié au Livre de Poche, traduit par Madeleine Rolland, 474 pages.
  • « Moi ce que j’aime c’est les monstres » d’Emil Ferris, publié chez Monsieur Toussaint Louverture, 416 pages

Il n’y a que le dernier livre que je n’ai pas lu, faute d’ouverture d’esprit : en le feuilletant, j’ai fait un blocage sur les dessins. Lorsque je lis une BD, il est important que je puisse me sentir à l’aise avec le graphisme et ce n’était pas le cas. Je pense que je me serais peut-être forcée avec une BD plus courte mais cette lecture me semblait vraiment trop ambitieuse.

Voici le lien pour aller l’écouter.

Swing Time – Zadie Smith

SMITH2

Deux petites filles deviennent amies et ont un point commun qui scelle cette amitié : leur passion pour la danse. Alors que Tracey est la plus talentueuse, la narratrice excelle en chant. Elles rêvent devant les comédies musicales américaines et s’imaginent devenir un jour de grandes stars elles aussi.

Zadie Smith ponctue sa narration d’aller-retours dans le présent et le passé des deux jeunes filles/femmes. La narratrice devient l’assistante personnelle d’une grande chanteuse américaine et participe au développement d’un projet caritatif de celle-ci en Afrique, lui permettant ainsi de se rapprocher de ses origines. Quant à Tracey, elle semble essayer de vivre de la danse. Mais des événements ont mystérieusement séparés les deux jeunes femmes.

Le début de Swing Time est particulièrement prometteur car ce roman nous plonge dans la construction d’une amitié féminine autour d’une passion artistique qui met les deux enfants en concurrence. Lire la suite de « Swing Time – Zadie Smith »

Ecoute la ville tomber – Kate Tempest

TEMPEST« Tu trimes, tu bouffes, tu dors, tu baises, tu bois, tu danses, tu crèves. »

Comment parler de LA pépite de cette rentrée littéraire, de LA grande découverte littéraire ? Je ne sais comment aborder ce roman époustouflant en utilisant les mots qui lui rendront le mieux justice. Commençons par dire quelques mots de l’intrigue…

Harry est dealeuse et fait ce travail avec son ami Léon. Ils vendent de la drogue directement dans les grands bureaux londoniens et dans les soirées chics. Lors de l’une de ces soirées, elle rencontre Becky et toutes deux ont comme un coup de foudre, qui ne se matérialise pourtant pas de suite. Becky est danseuse mais n’arrive pas à percer. Elle cumule les boulots alimentaires et notamment un travail de masseuse, pour s’offrir le temps de sa passion. Elle est en couple avec Pete, pour qui elle avait eu un coup de foudre.

« Elle fit de lui un homme, une femme, un enfant. Il n’avait jamais rien connu d’aussi intense. Lors d’une fête il se retrouva assis sur ses genoux, à minauder, rien que pour elle. Il aimait ce qu’il devenait sous son regard. Un coup d’œil de sa part et il se mettait à rire bêtement, à sautiller, à faire le pitre, pour elle. Au coup d’œil suivant il redevenait sérieux et taciturne, la passion le consumant à la moindre vibration de ses cils. Avec elle il passa par tous les stades. Elle était comme un corps étranger qui l’avait parasité. Un fragment métallique logé dans un organe vital. Un éclat d’obus scélérat qui s’était incrusté la première fois où il avait posé les yeux sur elle, l’instant où il avait senti la déflagration. »

A travers les histoires de Harry, Léon, Becky et Pete, Kate Tempest raconte la vie de ces trentenaires londoniens sans avenir mais aussi celle désabusée de leurs parents. Elle montre la manière dont ils sont à la recherche de sens : par une vocation, une passion, une relation…

« Chacun cherche cette étincelle qui donnera du sens à sa vie. Cette miette de perfection fuyante qui fera peut-être battre leur cœur plus fort. »

« Tout le tue, et pourtant sa vie ne finit pas de n’en plus finir : le matin arrive et il est encore là, les yeux ouverts. Vivant. »

J’ai été immédiatement aspirée par le rythme de ce roman, la résonance des mots utilisés, le style si graphique de Kate Tempest. Je n’en revenais pas de lire les phrases que j’avais sous les yeux, tant leur puissance était aveuglante. Tout n’y est que beauté, justesse et finesse. Elle a un don pour décrire les effets d’une émotion, d’une découverte, d’une rencontre entre deux personnes, les coups de foudre. Il y a quelque chose de radieux, d’extrêmement lumineux dans ces passages.  Lire la suite de « Ecoute la ville tomber – Kate Tempest »

Cartes postales de Grèce – Victoria Hislop

20170708_153718Ellie est une jeune anglaise. Régulièrement, elle trouve une carte postale grecque dans sa boîte aux lettres, adressée à une personne qui devait très probablement être la précédente occupante de son appartement. Un jour, elle ne reçoit pas une simple carte postée de Grèce, mais un carnet contenant des notes très personnelles : un homme y raconte son voyage à travers toute la Grèce mais surtout la façon dont il essaie tant bien que mal de surmonter un abandon amoureux.

« Certaines choses ne peuvent être détruites, comme l’hospitalité et l’art du récit grecs. » (page 407)

Ce mystérieux homme alterne le récit de son propre séjour en Grèce et la narration des histoires qui lui sont racontées par les personnes qu’il croise sur son chemin. C’est un collectionneur d’histoires individuelles, qui font de ce livre un mélange de roman et de recueil de nouvelles. Quel merveilleux concept ! Dans ces nouvelles on y croise toutes sortes de personnages : un maraîcher qui tombe amoureux d’une statue d’Aphrodite, deux touristes français en lune de miel, des frères qui se battent pour la réussite professionnelle… Les tons sont variés, tantôt léger voire romantique, tantôt tragique et cruel.

 

Le narrateur-auteur de ce carnet collectionne les histoires des personnes qu’il croise sur son chemin un peu comme il collectionne les cartes postales. Toutes ces histoires sont indépendantes les unes des autres mais ont pour point commun de tisser le canevas de l’identité grecque : on y découvre sa culture hellénique, son attachement à la religion et aux traditions, l’importance de la superstition mais aussi l’ancrage de la haine pour les turcs et les étrangers plus généralement, le sexisme… Victoria Hislop raconte ce pays sans en faire un portrait idyllique. Elle présente la Grèce sous toutes ses formes, que cela soit favorable ou défavorable à ce magnifique pays, mais sans jamais présenter de jugement.  Lire la suite de « Cartes postales de Grèce – Victoria Hislop »

Chaleur et poussière – Ruth Prawer Jhabvala

IMG_20170521_110319_945Olivia est l’épouse d’un administrateur anglais, Douglas, qui travaille en Inde pour le gouvernement britannique en 1923. Ils viennent récemment de se marier et elle découvre le quotidien d’une femme mariée dans un pays qui n’est pas le sien et où elle n’a absolument aucune activité pour la divertir. Malgré la chaleur de l’été, Olivia refuse de laisser son époux pour se réfugier dans les montagnes indiennes, plus fraîches. De toute façon, elle n’apprécie pas particulièrement la compagnie des autres épouses d’administrateurs et préfère passer ses journées seules, à attendre le retour de son époux après sa journée de travaille. Olivia est de plus en plus intriguée par un Prince indien, qu’elle appelle le Nawab, et dont elle reçoit de plus en plus fréquemment la visite en journée.

De nos jours, une jeune anglaise se rend en Inde, sur les traces de la première femme de son grand-père, Olivia. Cette dernière a quitté Douglas pour s’enfuir avec un Prince indien, et est ainsi devenue une sorte de légende familiale. Lire la suite de « Chaleur et poussière – Ruth Prawer Jhabvala »

Le dimanche des mères – Graham Swift

product_9782070178711_195x3201924. Jane est domestique dans une famille anglaise aristocratique. Le dimanche des mères est un jour qui a une tradition particulière en Angleterre : il s’agit d’un jour chômé par les domestiques, afin qu’ils rendent visite à leur mère. Pendant un jour, les aristocrates vivent sans domestique et toute vie semble s’être mise sur pause.

Jane est orpheline, et n’a donc aucun parent à qui rendre visite. Elle part passer la journée avec Paul Sheringham, le fils d’une grande famille aristocratique voisine. Tous les deux sont amants.

La demeure des parents de Paul est vide et il ne lui reste plus que quelques heures avant de retrouver la femme avec laquelle il s’apprête à se fiancer. Le dimanche des mères est donc l’histoire de ces quelques heures marquant la fin de leur relation amoureuse.

Ce très court roman se lit avec facilité et douceur. J’ai apprécié l’idée de suivre pendant quelques heures une jeune femme qui sait pertinemment que sa relation amoureuse est en train de prendre fin, mais qui en profite jusqu’au bout. Jane ne s’apitoie pas sur son sort, c’est une femme réaliste qui connaissait l’issue de ce genre de relation dès son commencement. Je garde en mémoire un joli passage où cette simple femme de chambre déambule en petite tenue dans cette magnifique demeure où elle n’a pas sa place. Lire la suite de « Le dimanche des mères – Graham Swift »

Promenons-nous dans les bois – Bill Bryson

promenons nous dans les bois.indd« Marcher, tel était notre lot. » (page 71)

Dans ce récit, Bill Bryson raconte son aventure pédestre à travers plusieurs Etats américains, sur l’Appalachian Trail (AT pour les intimes). Ce chemin de randonnée très connu de la côte Est américaine fait plus de 3 500 kilomètres et passe par 14 Etats. Bill Bryson eut l’idée de cette randonnée géante lorsqu’il emménagea dans le Maine, près d’une portion de l’AT.

Pour ce long périple de plusieurs mois, un seul de ses anciens amis accepta de lui tenir compagnie : son ami d’enfance, Katz. Pourtant, Katz n’a absolument rien d’un randonneur… L’aventure s’annonce donc prometteuse !

Je me suis plongée dans ce récit avec une facilité et un plaisir déconcertants. Bryson est un narrateur hors pair. Il alterne des phases de narration de son quotidien de randonneur (presque à la manière d’un journal de bord), des descriptions de la nature, des dialogues toujours bien écrits et bien dosés et des parenthèses sur la géographie, l’Histoire ou la culture, qui sont toujours pleines de pédagogie.

Bryson manie l’humour à la perfection, avec beaucoup de justesse et parfois peu de pitié pour son entourage. Lire la suite de « Promenons-nous dans les bois – Bill Bryson »

Harry Potter et l’enfant maudit – J.K. Rowling

617id3dtkkl-_sx342_bo1204203200_« Albus Potter. Une aberration. Même les portraits lui tournent le dos quand il monte l’escalier. » (page 34)

Albus Potter est le fils du célèbre Harry Potter. Il vit d’autant plus mal la notoriété de son père qu’il ne lui ressemble absolument pas : il n’est pas particulièrement doué pour l’école ni pour la magie, ne sait pas se faire d’amis et n’arrive pas à s’intégrer à Poudlard, où il se sent particulièrement mal à l’aise. Dès son premier jour d’école tout va de travers excepté qu’il se fait un ami, Scorpius. C’est grâce à cette amitié qu’il arrive à supporter les regards pesants et qu’il surmonte son mal-être.

Albus : « Je n’ai pas choisi, vous savez ça ? Je n’ai pas choisi d’être son fils. » (p.37)

Lire la suite de « Harry Potter et l’enfant maudit – J.K. Rowling »